‹ Le pressoirChapitre 3 sur 91 · REINE, SUZANNE · texte numérisé non relu

REINE, SUZANNE

Suzanne, près de la cheminée , découvre et recouvre des pots qui chauffent. Reine arrange des bardes.

REINE

Voilà le soleil levé, pas moins, et il n'y a encore personne de rentré. Ont-ils fait un train toute la nuit, ces pauvres jeunes gens! Ont-ils raboté , scié , cogné, crié, chanté!... J'ai peur que mon parrain n'ait pas pu fermer l'œil !

SUZANNE

Pourvu que tout marche bien , et que nous dansions, ce soir !

REINE

Oh que oui 1 Valentin me l'a promis , d'abord !

SUZANNE, entre le dressoir et la table.

El tu aimes beaucoup à danser avec lui, conviens-en !

REINE

Avec qui danserais-je? Ton frère ne danse jamais, lui! Ton prétendu... il \'y en a que pour toi '

SUZANNE , tout ea parlant, met une nappe , une bouteille et deux verres sur la table.

Oh ! celui-là , je te l'interdis.

REINE

Parce que vous êtes un tantinet jalouse? Fi, madame, que c'est laid !

SUZANNE

Que veux-tu, mon enfant? Je fais la folie de me remarier avec le plus beau garçon du pays , et je sais qu'il est un peu...

REINE

Un peu content de lui? Bah! Ça n'empêche pas le cœur, ça; nous le savons bien , ici !

SUZANNE

Sans doute , et si c'est un défaut , j'y suis habituée. Mais dis- (ionc, Reine, est-ce que toutes les hardes sont prêtes?

REINE, debout au fond.

L'habit de mon parrain, la chemise brodée de ton frère... Il n'y manque pas un point , pas un bouton : j'ai fini !

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