‹ Le pressoirChapitre 53 sur 91 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

NOËL

Tu me défends? Il n\- a que les femmes pour me parler comme ça. Voyons, entendons-nous 1 Tu es un bon camarade, bien gentil , et jusqu'à présent , je t'ai aimé de tout mon cœur ; mais quand je fais la cour à une fillette, que ça soit sérieux ou non, je ne soulTre pas qu'on me critique. Fais-y attention, et parlons d'autre chose.

VALE-VTIN.

Noël Planlier, vous êtes aussi un bon camarade, et jusquà ce moment, j'ai eu beaucoup d'amitié pour vous; mais quand il me plaît de critiquer un fat , personne ne peut m'en empêcher. Qu'avez-vous à dire?

N 0 E L ) en colère .

Un fat 1... moi un fat! Si on peut!... Ça, c'est trop fort. Tu soutiendras que je suis un fat?

VALE.NTIN.

Oui, si jespérais te le persuader assez pour... mais il n'y aura pas moyen!...

De me fâcher? si fait! prends-y garde! ça pourrait bien finir par làl...

VALE.NTIN.

Allons donc ! (n fait un geste de menace.) Faudra-t-il... \0 E L , faisant un geste analogue.

Minute ! ça nest pas nécessaire, nous ne sommes point des manants !

VALE.NTIN.

Non, sans doute: reçus compagnons tous les deux, cela nous fait assez gentilhommes pour que nous puissions nous expliquer clairement... ailleurs qu'ici !

NOËL

C'est çaîj'ame mieux ça! Nous aurons à nous dire deux

mots : au compas ou à la canne... comme tu voudras, pourvu que ce soit sérieux.

VALENTIN

Et quand tu voudras, pourvu que ce soit tout de suite: allons !

REINE, effrayée et se j étant entre eux.

Oh! Valentin... Mais c'est abominable, celai Se blesser, se tuer peut-être... Entre compagnons, entre amis!... Et vos parents ! et votre état !... Ah ! les malheureux ! ils ne m'écoutent pas!... Suzanne ! (courant au fond.) Oui, venez vite!

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