ACTE II, SCÈNE XII
VALENTIN
Votre parrain est irrité, mais...
REINE
Oh ! lui , il est si bon 1 II me pardonnerait ; mais je ne veux pas être la cause qu'il perdra la société de son fils 1 11 faut que je m'en aille tout de suite pour que Pierre ne parte pas. Et votre père qui me repousse, qui me menace... parce qu'il suppose... Ah 1 voilà pour moi la. dernière des afflictions, et j'aimerais mieux mourir que d'endurer une telle honte 1
VALENTIN
Et... celui que vous aimez , Reine '. Il ne peut donc, il ne veut donc rien pour vous?
REINE
Lui ?... Je n ai rien à lui reprocher ! Il fait son devoir !
En étes-vous bien sûre ?
REINE
Oui 1 J'ai réfléchi depuis ce matin , allez '. J'ai compris !
VALENTIN
Et... qu'est-ce que vous avez compris à sa conduite? Dites-le, Reine ! 11 attend peut-être de vous la vérité là-dessus !
REINE
J'ai compris qu'il se devait à l'amitié, qu'il avait fait une promesse...
VALENTIN
Ne l'a-t-il donc pas assez tenue? Vous avait-il jamais dit... jamais laissé soupçonner...
REINE
Non , rien , jamais 1 J'étais folle !
VALENTIN
Mais à présent? à présent, Reine! sil comprend que. forcée
de céder la place d'un fils au foyer paternel , vous partez désespérée, humiliée injustement, seule au monde, et n'ayant plus d'autre protecteur que celui pour qui vous souffrez tout cela ?
REINE
Qu'il n'en sache rien , Valentin , ou qu'il l'oublie ! Il le faut ! Dieu prendra soin de moi. ( Baisant la porte de Biemenu.) Adieu, chère maison!... Adieu, brave famille ! Moi partie, vous serez tous heureux!... Soyez bénis! Je prierai i)Our vous tous... Je vous chérirai toujours... Adieu !
( Elle sort par la porte du fond avec un désespoir exalté. ) VALENTIN, la suivant, avec un cri de douleur. Reine! Reine! ( U s'appuie, accablé, contre le mur du fond.)