Suzanne, Rein», Bienvenu ; N^".-!, Valentin père
1î LE PRESSOIR.
lence, comme un mauvais sujet, un mauvais cœur! Je ne veux pas qu'elle danse ce soir. Voyez comme elle est faite! Au lieu d'avoir mis son habit de tôffetas pour me faire honneur, la voilà en sarreau de vendangeuse, pour me faire honte. On dira que je la laisse en guenilles! Mais ce n'est rien, ça! Savez-vous ce qu'elle avait imaginé, pendant que vous étiez là à vous donner de la peine? Elle s'en allait!
[ Suzanne fait asseoir Reine à gauche et tire de son panier un tablier blanc, un fichu, quelques rubans, dont elle lui fait à la hâte et maternellement un peu de toilette.
PÈRE V A L E N T I N , faisant l'ëtonné.
Ah ? oui dà ! Et où donc allait-elle comme ça ?
BIENVENU
Est-ce que je sais, moi? Elle s'en allait, je vous dis ! Elle nous quittait, comme une sotte, une ingrate qu'elle est ! Mais moi, je vous l'ai rattrapée, comme mademoiselle sortait du village et se sauvait à travers champs! Je vous l'ai prise par une palte, et ramenée plus vite que ça ! Pour un peu... c'est une chose qui ne m'est jamais arrivée !... mais je l'aurais battue!
PÈRE VALENTIN
Dam ! c'est que vous l'aviez fièrement humiliée, aussi !
BIENVENU
Humiliée ! Q^i est-ce qui dit que je l'ai humiliée? Voilà encore vos calomnies! A-t-on jamais gâté un enfant comme j'ai gâté celle-là ? Quelle le dise, si j'ai jamais fait de différence entre elle et ma propre fille ?
Oh! c'est bien la vérité, ce que vous dites là, mon parrain !
BIENVENU
Eh bien, alors, pourquoi m' abandonniez-vous, filleule dénaturée?
REINE
Je croyais que vous ne m'aimiez plus... Je voulais me tuer!
BIENVENU
Te tuer ! Eh bien , il ne manquerait plus que ça ! Ose donc me