‹ Le pressoirChapitre 78 sur 91 · REINE, PIERRE · texte numérisé non relu

REINE, PIERRE

REINE

Est-ce que nous n'y allons pas? Mon parrain est capable de nous attendre !

PIERRE

Non, non! Il est heureux maintenant! Toutes choses vont à son gré. — Mais pourquoi êtes-vous inquiète, Reifie? Ne sauriez-vous, sans frayeur et sans ennui, rester un moment avec moi?

Oh! ce n'est pas cela, certainement...

PIERRE

Si fait , ma chère Reine ; vous êtes bien singulière avec moi , et j'ai beau chercher pourquoi vous manquez de confiance, je ne trouve rien , sinon que vous êtes portée vers quelque autre. Je

ne sais pas en quoi mon amour peut vous blesser ; vrai , je ne le sais pas. On dirait que vous me faites un tort d'être plus riche que vous, comme si, moi, je m'en faisais un mérite ! Ai-je donc quelquefois lair d'en tirer vanité? Est-ce là mon défaut?

REINE

Oh ! certainement non !

PIERRE

Est-ce que je manque de charité, déducation, de conduite?

REINE

Bien au contraire !

PIERRE

Pourtant, si j'ai quelques travers dont je doive me corriger...

REINE

Je ne crois pas.

PIERRE

Dam! on ne se connaît pas soi-même... Peut-être que mes manières, ma personne vous déplaisent?

REINE

Vous me déplaire!... Oh! je serais bien coupable de penser comme ça, monsieur Pierre !

PIERRE , iressaUlant

Monsieur!... Ah! tenez, quelqu'un ici veut me rendre haïssable vis-à-vis de moi-même ou de vous... Ce serait là un bien méchant ser\ice !

REINE , cfEravée.

Mon Dieu ! on dirait que vous avez besoin de haïr et de soupçonner qui vous aime !

PIERRE

Qui donc m'aime?... Est-ce vous?... Ah! si c'était toi!... Reine, ma chère Reine, naie pas peur de mon amonr! Je serai

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