SCENE III
GASPARD , DAUBIGNAC, sortant des cabinets.
Daubignac Eh ! donc, mou cher Gaspard, déjà dévout ?
Gaspard.
Gui ; la joie ne me permet pas de m'abandonner au sommeil.
Daubignac.
Pour moi , c'est l'inquiétude qui m'arrache dé ses bras.
L'inquiétude ! quand la fortune nous comble d« faveurs.
Daubignac [ Eh! sandis! nous né tenons rien encore. Gaspard.
Pouvons-nous manquer de réussir?
Air :„ Trouverez- Oous un parlement ?
Calme tes esprits inquiets , Pourquoi donc craindre une disgrâce , Ignore-tu que le succès A toujours couronné l'audace !
Daubignac.
Je crains dé recevoir pourtant , Malgré l'espoir que tu mé donnés , Autrement q.u'en argent comptant ; La plus belle dé nos couronnes. (bis-,)
Gaspard.
Terreur panique^
Daubignac.
^ Je rends justice à ton adressé , et je mé prosterné aux pieds dé ton génie créatur ; mais je né puism'empécher dé redouter la fin dé l'avanturé.
Gaspard.
L'avanturé est toute naturelle, et ne peut que nous faire honneur. Nous sauvons la vie a un homme attaqué par deux brigands, à peu de distance de cette .ville.... Daubignac.
Cet homme que nous venons dé boir pour la première fois, se met, dans l'excès dé sa reconnaissance, à nous confier tous ses secrets, à nous faire part dé tous ses
projets: bref, nous apprénous qu'il attend un mari pour sa fille, et quécé mari lui est encore totalement inconnu. . Gaspard.
A l'aide de mille histoires que je fabrique , je me fais passer pour le prétendu , et je te crée mon valet : mon roman est trop bien établi pour qu'il ne soit pa3 couronné du succès.
Daubignac.
•lé lé désire ardemment; mais on a bu plus d'un huvile marin faire naufrage au port.
Quelle pusillanimité !
Daubignac.
Que beux-tu ? je n'ai pa» encore appris à vraber lé danger ; nous né sommes fripons que par hasard... Gaspard.
Il est certain que jamais motif plus noble ne produisit un effet plus contraire.
Air du partage de la richesse*
Un intérêt vil et sordide
N'a pas dirige' nos projets ;
L'honneur d'abord fut notre guide ,
Nous le négligeâmes après.
Le cher papa s'est fait connaître ,
Cela nous servit de leçon ;
Puis, nous faisons uncoupde maître.... ►
L'occasion fait le larron.
Belle matière à raisonner sur la cause et les effets !
Daubignac.
As-tu rémarqué que la petite né té régardé pas d'un ccil indifférent ?
Gaspard.
J'ai remarqué qu'elle est charmante. Te l'avourai-je? elle a fait sur moi la plus vive impression ; et l'espoir de la posséder me rendrait , je crois , assez téméraire pour soutenir la fourberie jusqu'à l'épouser. Daubignac Doucement ! point dé passion dans les grandes entréprises. La prudence nous ordonné dé nous ébader au plutôt ; et si l'extrême vésoin nous excusé dé nous approprier la dot, la provité bous défend d'enléber à l"nonnète homme, 'dont bous abez pris lé nom , la femme qui lui est promise.
Je lui abandonnerais volontiers la dot, pour obtenir la femme.
S LE PRETENDU PAR HASARD ; Daubignac.
Oh ça , mais , tu perds donc la tête ? je n'ai point dé prétentions sur la demoiselle , moi , et je doi* a hoir ma part <Jé la dot 5 il faut la loucher ce soir, promettre d'épouser démain, disparaîtréceyé nuit, sans faire d'adieux. Gaspard.
M'et "°"r toujours!... sais-tu , Paubignac,
que la pente soubrette parait t'airaer beaucoup? Daubignac.
Eh vien! qu'elle gardé son amour; je lui enberrai portmtpoor la consoler, quand l'original s lieu dé surété; mais décampons, décampons sans tarder, encore une fois, ouvliesMu que je dois aboir ma part dé la prisé ? ^ '
G- a s p a r d Non.... et.... je.... je tiendrai ma parole ; et toi, n'oublie pas qu- -iU m'es soumis jusqu'à nouvel ordre , et sois exact à bien remplir ton rôle.
I> A U.BIGH.A C.
C*estavec foie, que je me déclare ton inférieur: je saurais jaixiass conçu une plan aussi hardi que le tien.
J'entends le père Roussel lot : c'est le Cerbère de la maison, passons dans Je jardin , prenons bien garde que notre ïamilianié ne donne sujet aux soupçons.