‹ Le Prêtre dans le ministère de la prédicationChapitre 126 sur 416 · PREPARATION A L\ COMMUNION · texte numérisé non relu

PREPARATION A L\ COMMUNION

La préparation la plus csseniielleàla communion, c'est i'état de grâce (1). Si on a le malheur d'avoir l'ouimis un pcché mortel, il y a obligation grave de s'en confesser, avec les dispDsilions voulues, avant de communier ; ei\t-on mémo la conlrllion parfaite, on ne pourrait, sans faire un sacrilège, s'ap-

f»roclier de la table sainte, en négligeant de se confesser auparavant. Touteois il n'est pas nccossuire rie confesser, avant la communion, un péché mortel oublié involi)nlairement dans sa précédente c(»nfession ; il suffit d'ôtre dans l'inicfilion do le dire à la première confessitm cpie Ton fera. Il n'est pas non plus nécessaire de se confesser avant la comuninion,loi*sipron n'a que des péchés véniels sur la conscience. Ainsi donc, bien <pj"il soit utile de recevoir l'absolution dans ce cas, on peut communier sans crainte ; il esl bon toutefois de purifier auparavant son i"<eur par un acte de contrition. I^'élat de grî\ce qui est nécessaire pour faire une bonne communion étant supposé, elTorronsnous d'entrer, dès la veille de lacommtmion, dans des sentiments de ferveur qui nous assureront les fruits du sacrement ; et parons nos Ames dune triple guirlande de foi, d'humilité et d'amour. Kt il esl à remanpier que plus ces dispositions seront parfaites, plus sera abondant le fruit de nos communions. Oui, si on lui permettait île remplir d'or le sac quil apporterait, n'aurait pas soin de le choisir aussi grand (|ue possible?...

HM. — I. La foi. Se jugez pas du pain eucharistique d'après le goût, mais d'après la foi. .Nos sens peuvent nous tromper, et il nous trompent souvent. C'est ainsi ipie nosyeu.x nous disent rpjele soleil tourne; il n'en est rien. La parole de Dieu, l'enseignement de l'Kglise ne trompent pas. (Voir n. 770.)

Il est rapporté dans la vie de saint Louis qu'un prêtre, célébrant la messe dans la cha[ielle du palais, entra en extase après la consécration; et tous les as.sistants virent entre ses miiins, pendant un quart d'heure, un bel enfant. Les uns admiraient, les autres sortaient de la chapelle pour inviter leurs amis à venir contempler ce prodige. On vint dire au roi, abimé dans le recueillement, de s'approcher de l'autel pourvoir. Il refusa en disant : « Je crois aus.<ii formoment que Notre-Seigneur est dans l'Kucharislie ipie si je le voyais ; \\ pas perdre le mérite de ma foi, en regardant ce miracle. » ■ r, votre parfde quia pu faire tout de rien, peut assurément faire If 111 iiii:. nient, si hein-eux pour moi, du pain en votre corps et du vin en votre sani,' ! C'est votre gloire de faire, par amour pour moi, des prodiges que ma raison ne peut compremlre. (l'est aussi ma considation. Les joies des communions bien faites m'oni assez averti «le votre présence, aussi bien «pie mes craintes et mes remords, quand je vousairc<,u sans dis[iositions. Ce n'est qu'à vos pie«l8, «') mon |»ieu. «pie je puis trouver celte paix dont m«m Ame est avi'l" '•! -ino le monile ne «lonne point ! Que mon exil serait long, si vous ne le" pi ce moi! Sous la loi de crainte, vous rendiez vos oracles au milieu

de .- , i[ile : et Mojse disait qu'aucime natiim n'avait un Dieu si prés d'elle que la nation ibnisie ; sous la loi d'am«)iu', vous ne |)ouviez nous priver de votre préseme ; nous languiri«)ns trop en atlemlant le«'iel,si vousnenousen donniez im avant-;.'fHit. Je «-njis. aidez-moi A croire davantage. Vous êtes là, mon Dieu, m«m <;rc ileur, ujon l'ère, mon meilleur ami. la somv.e de toutes M-es ! je vais recev«)ir votre e.orps, votre sang, voire Ame, votre divinité ! . ; II. L'humilitr découle «le la foi. comme le ruisseau de sa source.

lui qui veut boire à ime f«»nlaine esl obligé «le se baisser, «lit saint Hilaire

\rles : ainsi celui qui veut puiser à la source de l'amour «l«»it s'humilier. Dans le ciel, «levant l'Airueau imuiidé. se |U'i»sternenl les anges, les martyrs, les vi«'rKCs. la iMidlilude des saints. r«)us lléchissent le gen«iu devant bu. se voilent la fi ' Saint. Saint est le Seigneur. Autour «le l'autel,

saint Jean « us montre les an^es prosternés; et nous, vers de

terre. pournMll•^ i s . mm. lier la b«»ue «l«int nous sommes faits, et les fautes

par losqiu'lles nous nous siunmes rendus indignes de le recevoir?

La terre lreud)la ;i ! ' lu Sauveur ^ ■■••' M'i -• • ■«-••■»■« .-..ii.. va,.

(1) Si un roi Vfius offr.» t t " '"»

COUTfîrle» (te boin\ vdus tu • '"'^

dans vulre maifton, si rat'uio v.,- ...... .....-, ...^ .i - u^ . '«t

disparaître de l'appartement où vous le logeriei tout ce qui pourrait iai déplâtre.

56G SRRMONS DE MISSIONS

son : elle pressentait qu'on déposerait dans son sein le corps do son Dieu, ot elle en était oiTravéo; la t(M-ro n'a pas péclié ; ot nous, rpic de fois nous l'avons lait ! Honr V anéanlissonient exlôiioiir par la nindoslio, la tenue resperliHMiKC ; rancanlissomonl ind'rioiir par l'adoration, l'cloigneinent de toute pensée de vanité ou d'alTaircs temporelles. Frappons-nous la poitrine et disons avec le (lonturion : Seù/nmr, Je ne suis pris diijne ife vous voir entrer dans ma maison ; aven saint Pierre : Fietirec-rous île moi. ftarce i/in je suis un pfcheur : aver Ip i'uhlirain : Seif/neur, soi/et-moi propire!

W'M. III. L'amour de Diou est la vie des Ames. Le ciel, c'est la vie élornelle. parce qu'on y ainio Dieu toujoin-s. I/Kiicharistie. c'est le pain de vie, parre tprdle nourrit en nous l'ainotir divin. Dieu a tout lait poiu* se faire aimer : le ciel, la terre, l'incarnation, la passion de son Fils, tout tend là. Dieu a résumé daqs l'Kucharislie toutes ses œuvres, pour nous contrain<lre à l'aimer. Il a comme répandu sur les hommes, dans ce sacrement, toutes les richesses de son amour. Kn parlant du Fils de Dieu fait homme et mort pour notre salut, saint Augustin a dit: Dans sa sagesse inlinle. Dieu n'a rien su nous donner de plus. .Nous pouvons, avec plus de vérité encore, dire la même parole de IFucharistie. Que de saints ont distrihué leurs richesses aux pauvres ! Si dederit homo omnem substantiam suatn pro dihctione </uasi nihil despiciet eum. Dieu nous a donné, par la création, tous les êtres qui sont sur fa terre. Ce n'est rien à ses yeux; il s'est donné par l'incarnation ; il a versé son sang pour noti-e rédemption. Ce n'est pas encore assez, à ses yeux ; il veut enclore se donner à chacun d'entre nous, par rKucharislie.

Oui n'aimerait relui «lui nous a tant aimés? Les anges au ciel chantent Amour, bénédiction, gloire, actions de grAces, honneur, puissance! Chantons ce même cantique au Dieu du tabernacle. Les disciples d'Kmmaus. en se trouvant A coté de Jésus, se sentaient le ca.'ur embrasé d'amour. ('.nn\nienl néprouverions-nous pas les mêmes ardeurs? Comment, l'aimant et nous sentant aimés de lui, n'aurions-nous pas le désir de nous approcher de ce bon .Sauveur? La femme malade, dont parle l'Kvangile, fendait la foule pour arriver jusfju'à Jésus, et elle disait : « Si je touche le bord de sa robe, je serai guérie. » L'Kpouse du Cantique sacré courait A la recherche de son liien-Aimé. Le cerf altéré soupire après les eaux des fontaines. Ainsi, à mon Dieu, mon Ame soupire après vous ! Venez, 6 divin Jésus ! Kt Jésus, l'KpoM divin, dit : Venez.

Nous irons, ô mon Dieu, avec foi, avec humilité, avec amour ! .\ ces conditions, nous puiserons avec joie aux sources du Sauveur toutes les grAces dont nous avons besoin. Û Marie, nous vous devons Jésus, nous vous devons l'Eucharistie par conséquent. C'est par vous que nous voulons aller A lui, puisque p^r vous il est venu à no«js. Préparez nos Ames, comme vous lui préparAtes le berceau de Itethléem, comme vous préparûtes votre cœur, quan*l il doscen<lil du ciel dans votre sein virginal 1 Anges saints, accompagnez-nous à la table sainte!

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