XIV. -- Pour un saiuf p4'nitent ou une !9aint«' pénilonte
-'• ■" : I. ses égarements; 11, son retour à Dieu.
I '."•, \^ leurs causes : 1) la faiblesse de l'ûgc ou du sexe;
le manque («) de direction, (h) de prière, (r) de fréquenats. ±> Leur ijrarité : quand on s'éloigne de Dieu, on 1 duos loiis les abîmes : perte de la verlu, de la réputation, etc., irs qui en furent la suite.
II. Sun retour, 1" ses causes : i) la réflexion : (aj sur les malheurs mt'Mu.'s ih) sur la bonté <\o Dipu, p\r : t) les bons conseils. 2" Ses qualités, I : fut : 1> ^i^ -it : (a) par les larmes, [h) par la fuite
'•t de SOS ii^s o'uvres lie péniteni-o; II) prrsfvii-
iiir. '.(.Limiis il (!.• 1 III i,t '., iiir'i) plus, saint N. ni'" |nMilii. ''Il aiiM iiii lii'M .i\." |.!'i> I iili'iir. en onlreprcnan
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Kl un jour nous partagerons la gloire <lu saint dont nous n'avons que l,-,.i, lul.iv;' iiiiiir- les «'i^arcincnls.
W. — Pour un*' %-ier^e.
i'.JiS. Ilortus conclusus soror mea spoiisa, horfus conclt/sus. (Gant., iv,
Dieu parlant de Tilme, (pii est devenue son épouse par la -foi et la charité, la l'ouiparc à un jardin fornié ; à tm jardin, parce que dans celte Ame on voit {,'criner à l'onvi toutes les semences du bien, s'épanouir les lleurs des vertus chrétiennes et mûrir les fruits des mérites pour le ciel ! Jardin fermé, parce que ces Ames sont impénétrables aux traits de l'ennemi, inaccessibles aux séductions du monde et aux atTcctions des créatures. Ces paroles du Saint-Ksprit peuvent avec vérité s'appliquer à sainte N., dont nous célébrons la ft'te ence jour. Nous pourrions, en pénétrant aujourd'hui avec vous dans le jardin fermé de son Ame, y respirer le parfum, y admirer l'éclat de toutes les" vertus : une patience qui lui a fait supporter toutes les épreuves, une douceur qui lui a attiré tous les cu'urs, un zèle qui la fait se dévouer pour toutes les œuvres saintes, etc. Mais il est dit, clans l'Ecrilnre, que l'Kpoux céleste, en descen<lanl dans son jardin, regarde, avec complaisance sans doute, si les autres lleurs s'épanouissent, venit ut aspiceret si /loruerint ; mais il un est ime quil aime A cueilir entre toutes : uf lilia coliif/af; non seulement il en contemple l'éclat; mais il veut la porter avec lui (-omme un lis eujbaumé.
Cette vertu, c'est la pureté. A son exemple, entre les vertus qui ornèrent l'Ame de sainte N. choisissons sa pureté virginale, admirons-en l'éclat ; respirons-en le parfum, et voyons comment elle a réussi à la pratiquer.
l.e premier point nous fera aimer la vertu des anges, le second nous apprendra ce que nous avons A faire pour être purs.
2:529. I. Pureté de sainte ;V. I>ieu est admirable dans ses saints, non seulement A cause des dons dont il les enrichit, des f:randes œuvres et des proiliî/es qu'il opère par eux, mais encore dans la providence avec laquelle il sait proporlicjnner les vertus de ces saints aux besoins des temps et des lieux où il les fait naître dans le champ de son Eglise. Au moment où nacjuil .<:iinte N, et dans le lieu même de son berceau, l'hérésie ou l'incrédulité, cetio tille naturelle de la corruption du cœiu', voulant couvrir d'un voile la honte de sa coupable mère, cherchait à légitimer le vice et à présenter la chasteté comme impossible. Sans doute l'Eglise, gardienne tidèle de toutes les vérités, surtout de celles qui nous élèvent plus haut et nous rapprochent de Dieu <le plus près, enseignait par tous ses docteurs que Dieu ne nous conseille que ce qui est au pouvoir de l'homme avec la grAce rie Dieu, que si le mariage est un état saint, la virginité est un étal plus parfait et plus heureux, puisqu'il nous détache des soucis de la terre et de la famille, et nous rend plus aptes A l'amour de Dieu seul. .Mais si les paroles émeuvent, les exemples entraînent ; et Dieu, pour venger la doctrine de l'Eglise et la faire briller d'un nouvel éclat, choisit la vierge N. Voyez ce berceau où l'on a déposé, A sa naissance, celte admirable enfant, regardez un instant ce doux visage, le retlet d'une Ame innocente : c'est là l'instrument de Dieu |)0ur faire connaître et aimer la vertu des anges. Suivons-la dans sa noble larrière; il fait si bon regarder la blancheur des lis et en respirer le parfum dans un siècle corrupteur et corrompu, qui a besoin du souvenir de N. comme celui où elle vécut avait besoin de ses vivants exemples.
Innocente et pure dans le berceau sans le savoir, dès qu'elle connut le prix de la pureté, elle s'y attacha de tout son cœur, et elle mil tout en (iL'uvre pour la conserver, avant même de pouvoir se rendre compte des écueils dont le monde l'environne. L'amour de Dieu lui faisait sentir la vanité de toute créature, et la soulevait au-dessus de tout ce qui passe. C'est en vain que le démon mil tout en œuvre pour égarer son esprit par la fascination de la bagatelle. En vain ses parents, ses amis, le monde lirent-ils miroiter à ses yeux les avantages que lui offrait une union terrestre. N. ne voul:<it .oie T.'.;im • .1 n'aspirait qu'après le jour où elle pour-
t>ANlîGYRIQrTE n*UNE VIERGE 1123
I lit se consacrer à lui à jamais. Elle resta inébranlable, comme un rocher au milieu des tempt^lcs. Ce JDur tant attendu arriva et N. prononça ce vœu de virginilô <]ui consacre l'Ame à son créateur, et la fait l'épouse du Christ. "- )n bonheur est à son comble. Inreiti (/item dilitjit anima mea, dit-elle,
■ nuieum nec dimittam. lieifimm mundi, et omnetn ornât um sœculi contempsi propter amorem Domini mei Jésus Christi i/item vidi. Elle a connu sa beauté inelTable, sa tendresse, ses richesses, sa noblesse : c'est pour cela qu'elle l'a aimé. //Mf/» «//jarj. Et en l'aimant elle a pu dire avec une noble fierté : </uem cum umurerOj cas fa su m ; cum accepero. virgo sum. Cet amour lui a procuré plus de paix que tous les biens d'ici-bas et un appui plus solide que tous ceux de la terre, i/i (fuem credidi. .Aussi avec (juel soin lui at-elle js'ardé sa loi durant toute sa vie. jusiju'à l'heure dernière, ne soupirant qu'après lo bonheur de s'unir à lui éternellement, //eu mi/ii </uiu incolatus
' 'tus est. Et après une glorieuse carrière, l'heure des noces
enfin. Kcre sponsus venit : aptate cestrus lampudes. Ah !
.,.. . -. ...iijours ardente des llaumies delà charité. Elle répond : reni,
'e Jesu ; et, plus d'amour nue de douleiu*, elle s'endort du sommeil des
I <'>n Ame s'envoie au cioi. 0 Vierge, ange donné quel<pies jours à la
I était pas digne de vous, et qui avez passé sans laisser se flétrir
'lieur, maintenant rpie vous avez embaumé le n)onde de vos par-
qui charment encore après des siècles, il est temps de prendre place
li les esprits célestes dont vous fûtes l'émule ici-bas. Vierge sainte,
iiiguste Mère de Dieu, recevez dans votre suite celle enfant (pii a marché
ir vos traces. El vous qui accompagnez au ciel l'.Vgneau partout où il va,
/ vos rangs. N. est digne de chanter avec vous ce cantique dont les
-■■s seules «■onuaisscnt les accords. 0 sainte .\. vierge du Christ, votre pu-
■ U; rendue plus resplendissante par la gloire dont elle est couronnée ravit
nos Ames. O ifuam pulr/ira est cnsta f/eneratio cum clnritate, quoniam et
iipud /)eum nota est et apud homines. Dieu la connaît, et l'estime ; aussi
loi rcserve-t-il des récompenses à part ; c'est la vertu de sa Mère, c'est celle
■ !r ^iiti divin Eils, c'est relie qui nous rend semblables a la sainteté éternelle. I. 1 -lise aussi la connaît el dans sa liturgie elle l'exalte. (Jue de vierges elle invoque et loue par toute la terre ! C'est ipie vivre dans un corps de boue sans en ressentir la pesanteur, traverser les souillures du monde sans laisser ' "^rson inn' irder la chasteté virginale el renoncer à toutes les
ions mèi! .s, nour donner à Dieu seul ses alTections. ce n'est
'! la terre, . . . ■..; ciel; ee n'est pas être homme mais ange. 0 pureté luile, au front radieux comme un refiet du ciel, au regard tourné vers la
I . ■. au sourire angéliipie, toute revêtue de simplieité el «le mode.stio. je \niis ;i hiiire; el certes le momlain dédaigneux lui-même ne peut se défendre li' ■iu> estimer. Tout en jetant oarfois sa ba\e railleuse sur la vieille fille
il n'est pas digne, il sent qu elle est le |>aralonnerre <pu arrête la foudre
à le frapper A cause de ses désordres. Plus d'ime fois la femme ilu
m ikIo, lasse des déceptions et des amertumes de la vie, se siu'prend A |>or-
' iivie A la vierge. Heureux ceux et celles qui embra.sseronl la pratique de
II . 1] 1 -^'r |, i; ;'.■. de la virginité ! El vous qui, engagés dans un autre état II.- jMi,,. , j ,ii^ ,1 ir'ndre aux gloires des vierges, du moins sovez chastes .se- IdU ce que itiiu|)orle votre con<lition ; suuNcnez-vous de In pande du .Maître qui esl vraie pour tous : /teuti itiundo rorde tfunninm ipsi Ih'um videhunt ;
s (pie si vous I' on animal fangeux )|ui
: dans votre ni son ciel les Ames souil-
itum ineiiiii innir/ir. >i.iis s.iiiiie ,\. on nous apprenant
nous enseigne :
z.,.\u II / ' - iiiinjens à prendre pour la pratii/uer. C'esl peu d'aduiirer
l'éclat du lis, il faut savoir le cidliver. Le lis a besoin d'une lerr<' prujii' c où
il puisse prendre racine, de I i ■ '■ .i. m .in v,,l, ;i ,.i ,iç |a |-,,ji,.(. |i.>iir !■' Ircon-
dcr, d'ime barrière qui pri ■ . 1" /.'Uuuiilid-. I, t'.rilorc
l'appelle le lis des v:ill,'rs • iii>nt.i"iw^ n,' r..-^riii: .ii IMS
.issc/. de suc nourri
ment pour fournir 'j
sinon que la pureté ne grandit et ne > épanouit que dans 1rs rœurs liuuiblc;(<
1124 l'fiTKS DES SAINl'â
Les luonlagncs «lans rKcriturc désignent les orgueilleux ; el les vallées, les liutiitilcs ; cl (le luOiine que Dieu frappe de la foudre les hauts soiuuiets et les vallées par les torrents qui les fertilisent, ainsi il résiste aux su- > et donne sa gn\r.e auxiniuildes. Il faut que les racines du lis [ténètrent l.iei; avant dans la terre, c'est-à-dire que l'Aine qui veut s'élever bien haut par la pratiijue de la pureté, doit d'altord descendre dans l'abime de son néant. (Test ce qu'avait compris sainte N.
l'cndant que tous l'admirent, elle seule s'ignore. Aussi elle aimait à se i-arher, à voiler dans sa jeimesse cette beauté vaine dont tant d'autres sont idoliUres. Klle aimait mieux obéir (pie de commander, et les occupations les plus humbles étaient celles qu'elle préférait. Klle fut humble et c'est pour «:ela qu'elle fut pure. Qui sa himii/iaf e.rulfahifur. Voulez-vous, comme elle, triom|)her des assauts du vice, triomphez d'abord de l'orgueil. U'iiind l'esprit de l'homme par orfiucil se révolte contre Dieu, les sens se révoltent contre l'espi-it. l'ounjuoi vovons-nous déborder dans la société, une corruption digne du pagani.sme ? Parce que la société est orgueilleuse et insoumise, et le Seigneur pour pimir les orgueilleux permet qu'ils deviennent esclaves du vice <pii les met au niveau des brutes. Donc, humilia te in omnibus.
2'^ La prière. Le lis a besoin de In chaleur du soleil et de la rosée. Le soleil des âmes, c'est Dieu; la rosée, c'est sa grAce. C'est dans l'oraison, dans la prière que les Ames s'exposent A ses divins ravons et reçoivent la céleste rosée. Scivi quouiam aliter non possem esse continens nisi Deus det, pouvait dire notre sainte. Klle ne résonnait pas comme les libertins (pii disent la chasteté impossible; mais elle n'était pas assez présomptueuse pour esjtérer pouvoir la garder par ses propres forces. Propter quod adii Dominum et deprecatus sum. Dés son enfance, s'éloignant des amusements innocents de son Age, elle mettait son plaisir à prier, etc. C'est par la prière (pi'elle trionqiha «les tentations. C'est par celte arme redoutable qu'elle porta au démon, au monde et à la chair, de si grands coups.. Nous n'avons pas fait comme elle, et c'est [lour cela (]ue nous sommes tou)bés. A l'avenir soyons plus sages el cherchons en Dieu notre force.
'.\<> La vi{filanre. 0 lis arrosé par les eaux du ciel. réchaulTé par les ravons de l'astre du jour, planté dans les terres des vallées, que deviendraistu, si un souille bridant venait dessécher ta (leur, et si l'orage battait ta tige si 'Vêle. Il te faut une barrière qui te mette à l'abri de tant de souilles ennemis, .'ureté virginale, la plus délicate des (lem's, qui comme un miroir le ternis au nKundre souille, il te faut une haie, un rempart (jui te protège. Tant d'ennemis, de nos jours surtout, veulent s'abattre sur toi pour te profaner. La t>arrière qui te garantit, c'est la fuite du inonde, c'est la vigilance et la garde des sens. Aussi ne vit-on notre sainte quitter sa retraite que quand la piété l'appelait h l'église, la charité, au chevet des malades, et partout où il y avait un allligé à consoler, un pécheur à convertir ; mais on l'eiit l'heivhée en vain dans les fêtes du monde, dans les places ou les promenades puitliques. Kl qiuind elle quittait la solitude qui lui était si chère, non contente de donner sa chasteté en garde à sa chanté, elle veillait constamment sur elle-même, sur ses veux, et lousses sens, tenant toutes ses facultés sous le tVeinde la mortilicallon et fermées aux créatures. Nous portons le trésor «le la [Hiretè dans des vases fragiles, Videte (/uomodo caute ambuletis. 11 y les lilets tendus, regardons bien où nous mettons le pied; ne nous pas dans les sentiers du siècle, aimons la retraite, et gardons par ' 1 (jui nous remlra dignes de voir Dieu. (Si la sainte martyre, on ajouterait ce qui suit : une victime si pure, ...^ • -i ..Ml gardée, ne pouvait (}u"ètre offerte en holocauste à la de Dieu. Lue vie si sainte méritait d'être couronnée par le mar^'e. Il • que pour former la couronne de celte glorieuse vierge, la rose se au lis. .Nétail-il pas juste, que Jésus n'ayant pas hésité à donner à son , ise la plus grauile marque d'amour qui est de sai-rifier son sang pour elle, son épouse lui rendit sang pour sang, .\ussi quelle joie pour cette sainte, (juand elle entemlit prononcer la sentence de mort ! Elle alla au martyre comme à une fête....) Décrire son martyre.
C'en est assez, nous avons a<lmiré la virginité de notre sainte et appris à