‹ Le prêtre de NémiChapitre 1 sur 104 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

J'ai voulu, dans cet ouvrage, développer une pensée analogue à celle du messianisme hébreu, c'est-à-dire la foi au triomphe définitif du progrès religieux et moral, nonobstant les victoires répétées de la sottise et du mal. J'ai essayé de montrer la bonne cause gagnant du terrain malgré les amertumes, les disgrâces, les défaillances même et les iautes ^ de ses apôtres et de ses martyrs. J'ai voulu enfin rendre sensibles, en les injectant, comme on fait pour une pièce d'anatomie, un réseau de vérités aboutissant toutes à la loi de fer qui veut qu'en politique le crime

Il PRÉFACE.

soit souvent récompensé et la vertu d'ordinaire punie. Il résulte de là un tableau triste, puisque le premier plan est occupé par régoïsme des grands, la sottise du peuple, rimpuissance des gens d'esprit, Tinfamie du sacerdoce mensonger, la faiblesse du sacerdoce libéral, les faciles déceptions du patriotisme, les illusions du libéralisme, la bassesse incurable des vilaines gens. Je crois l'œuvre saine cependant; car on y apprend à ne pas trop s'émouvoir de ce qu'a d'instable l'équilibre de l'humanité, en voyant le bien et le vrai émerger, malgré tout, de l'affreux marécage où glapissent et croupissent pêle-mêle toutes les inepties, toutes les grossièretés, toutes les impuretés.

Dans ma pensée, cet opuscule, comme Caliban et l'Eau de Jouvence^ fait suite à mes Dialogues philosophiques. La forme du dialogue est, dans l'état actuel de l'esprit humain , la seule qui, selon moi, puisse convenir à l'exposition des idées philosophiques. Les vérités

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