‹ Le prêtre de NémiChapitre 10 sur 104 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

Un jour, à un point donné du temps et de l'espace, ce qu'il a voulu se réalisera.

A travers toutes ses déconvenues, le pauvre Liberalis s'obstinera également dans sa simplicité. Metius, l'aristocrate méchant et habile, qui se moque de l'humanité,. sera confondu. Ganeo sera pardonné avant lui. Je crois, avec la sibylle, que la justice régnera, sinon sur cette planète, au moins dans l'univers, et que l'homme vertueux se trouvera finalement avoir été le bien inspiré.

Dans cette grande crise que l'avènement de l'esprit positif fait subir de nos jours aux croyances morales, j'ai défendu plutôt qu'amoindri la part de l'idéal. Je n'ai pas été de ces esprits timides qui croient que la vérité a besoin de pénombre et que l'infini craini le grand air. J'ai tout critiqué, et, quoi qu'on en dise, j'ai tout maintenu. J'ai rendu plus de services au bien en ne dissimulant rien de la réalité qu'en enveloppant ma pensée de

PUÉFACE. XIII

ces voiles hypocrites qui ne trompent personne. Notre critique a plus fait pour la conservation de la religion que toutes les apologies. Nous avons trouvé à Dieu un riche écrin «le synonymes. Si nos raisons de croire aux réparations d'outre-tombe peuvent sembler frêles, celles d'autrefois étaient-elles beaucoup plus fortes? Teste David cum Sibylla!

Des siècles ont cru à la résurrection sur le témoignage de David et de la sibylle. Vraiment, nos raisons valent bien celles-là.

Dans Tordre social, comme dans l'ordre théologique, nous nous sommes posé la question : Qui sait si la vériié n'est pas triste? L'édifice de la société humaine porte sur un grand vide. Nous avons osé le dire. Rien de plus dangereux que de patiner sur une couche de glace sans songer combien cette couche est mince. Je n'ai jamais pu croire que, dans aucun ordre de choses, il fût mauvais d'y voir trop clair. Toute vérité est bonne à savoir. Car toute vérité clairement

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