‹ Le prêtre de NémiChapitre 18 sur 104 · PUIS GENS DU PEUPLE · texte numérisé non relu

PUIS GENS DU PEUPLE

METIUS

Le peuple qui supporte plus de dix ans l'injure de son vainqueur est un peuple fini. L'injure est plus sanglante, quand elle vient d'une nation jeune, sans long passé, qui vous doit tout. Quoi ! un ramas de bandits, de réfugiés, d'expulsés de toute sorte a pu salir la vieille gloire d'Albe

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la Longue, et il y a des cœurs albaîns pour hésiter encore. Chaque jour nous enfonce dans le fossé de boue. On se divise en classes, parce qu'on ne combat pas l'ennemi' conomun. La haine de Rome est le critérium du bon Albain. Au fond, cette maudite bourgade est la révolution ; je la hais. Je hais les parvenus, les tard venus, les ingrats. Ce temple qu'ils élèvent à Jupiter Capitolin, ils devraient l'élever à la Fortune des bandits.

LIB£RALIS.

Voulez-vous faire revenir la destinée sur ses arrêts? Il faudrait alors rappeler de chez les Berniques ce simple et honnête Priscus, le dernier descendant de nos vieux rois.

MRTIUS.

Ce serait le mieux. Priscus est seul en possession incontestée du titre légitime des anciens souverains d'Albe. 11 a peut-être le dépôt de notre future résurrection.

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