ACTE PREMIER
dédain d'un étranger que le dédain d'un concitoywi.
LIBERÂLIS.
Ne vois-tu pas, Cethegus, que tes principes détruisent en ce peuple tout sentiment de la patrie? Tu as pourtant un cœur albain ^tremble! Sers avec nous la cause de la liberté, du progrès. N'es-tu pas touché du beau caractère d'Antistius ?
CETUEGUS.
Non, Antistius est un aristocrate comme un autre. De quoi s'occupe-t-il ? Quelle bonne pensée pour le peuple inspire-t-il à sa Carmenta? Voyezmoi sa dernière billevesée ; « La langue du Latîum s'étendra jusqu'au bout du monde! » Encore une doctrine, celle-là, qui fera tuer des milliers d'hommes ! A quoi sert-il, quand nos os seront couchés sous terre, que notre langue soit parlée dans le monde entier? Civiliser le monde; allons donc! Fonder le droit, beau plaisir! Si le droit nouveau
doit rapporter au monde autant de bénéfice qu'5. nous, c'est-à-dire la joie de crever de faim et d'être vilipendés par les patriciens, nous lui en faisons bien notre compliment.
LIBERÂLIS.
Mais Antîstius est en train de créer une religion plus pure que celle que Thumanilé a connue jusqu'ici.
GETHE6US.
Oh ! que nous importe ! Tous les prêtres se valent. Chenilles ou papillons, c'est toujours la même bête.
LIBERALIS
Le peuple tient à la religion. Comment, toi qui veux le bien du peuple, repousses-tu le prêtre libéral, qui veut améliorer la religion ?
CETHEGCS.
Fi donc! Le peuple ne tient à la religion que •