‹ Le prêtre de NémiChapitre 83 sur 104 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

HOMME DU PEUPLE

Garmenta a chanté les destinées de Rome. A mort Garmenta !

AUTRE

Les amis de Rome aujourd'hui sont dus à la mort.

ANTISTIUS

Vous invoquez la justice des dieux contre vos ennemis, et vous débutez parle crime. Quelle idée, 6 ciel ! vous faites-vous de la Divinité, pour croire qu'elle se plaît à des abominations que repousse un homme de médiocre vertu ?

DOLABELLA

Nous n'avons pas à nous expliquer cela. Nous pratiquons les rites des ancêtres. De quel droit te permets-tu de les changer?

ANTISTIOS.

Du droit même que les ancêtres ont eu de

les établir. Ce que je retranche, ce sont les souillures que la barbarie a introduites dans les vieux mystères. Je change les changements qu'on a fait subir aux rites sacrés; j'efface les altérations. La maladie de la religion, c'est de se charger sans cesse d'additions nouvelles, de scories qui la dévorent. En fait de rite, ce qui a cent ans est immémorial. Celui qui essaye ensuite de retrancher ces surcharges impures est traité de novateur.

HETIUS) i LiberaliB

Et voilà justement pourquoi il ne faut jamais s'occuper de la religion. Elle va, elle marche, elle devient ce qu'elle peut. On la pratique comme on la trouve de son temps.

A?JTISTIUS, embarrassé

Oh ! qu'on ment gauchement, quand on n'est pas menteur!

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