‹ Le prêtre de NémiChapitre 85 sur 104 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Dans la maison de Metius.

METIUS, VOLTINIUS, LIBERALIS.

MËTIUS.

Ne croyez pas qu'une aveugle passion de caste me fasse agir. J'aime le peuple autant que vous ; mais je sais mieux que vous ce dont il est incapa-

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ble. Votre erreur est de ne pas voir que les choses humaines sont choses bornées, sottes même, n'ayant que très peu à faire avec l'idéal. Chacun n'est obligé que dans la mesure de lumière qui lui a été octroyée. Le noble seul est tenu à l'iiiteUigence et à la vertu. Le peuple a le droit d'être immoral. Je dis plus : la garantie de notre liberté, c'est l'immoralité joyeuse du peuple. Il faut que le peuple s'amuse, chante, boive, danse; pendant ce temps-là, nous sommes libres.

Je pense sur la religion comme vous-même; mais, plus sage que vous, je n'en parle jamais, je n'y touche pas. La religion est un besoin du peuple ; la république doit offrir au peuple la satisfaction de ce besoin. Nous devons des prêtres au peuple, des prêtres comme le peuple les veut. Antistius est au-dessus de son état. Cet homme n'a jamais compris ce que c'est que l'esprit d'un prêtre. En cet ordre de choses, le paraître est presque tout. Ce qui importe, c*est ce que la

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