LE PRÊTRE TS
Les collèges classiques sont très nombreux, ont beaucoup d'élèves, et, disentils, tous ne sont pas appelés à faire des prêtres : un jeune homme a étudié quatre ou cinq ans dans un collège classique, il sort de ce collège avec son bagage de grec, de latin et de littérature; le voilà lancé au milieu du monde frafique où l'égoïsme règne en maître ; où l’on crie :
chacun pour soi, au plus fin la bourse !-— et il ne sait pas même faire un billet promissoire au cordonnier qui vient de lui avancer une paire de bottines. D'un autre côté, il a maintenant les mains trop délicates pour les manchons de la charrue,— c'est un déclassé. Voilà ce que l'on dit en parlant de nos collèges classiques.
Puis ils ajoutent :—Si nous avions des collèges commerciaux où nos jeunes gens apprendraient le commerce, /es affaires, nous pourrions lutter avec les Anglais; mais il faut le dire: nous n'avons pas
pa noi pat cras cha les com étud Allé Frèr Et moiti comr merc aussi Caissi seule:
mémc
m- 1 de collèges pratiques; le clergé est sta- Ü nt tionnaire. il les —Mes chers amis, sachez que c’estune À tre bouche canadienne qui prononçait ces k il paroles ; j'aurais pardonné cel4 à un €hi- sl de A nois, je ne puis le pardonner à un comilà J patriote : il y a mauvaise foi ou ignorance
où crasse comme dans le cas de ce riche marie: % chand de Québec qui ne savait pas que H— 4 les frères du Glacis av: un cours pro- | commercial dans le programme de leurs , Jui études; il restait pourtant sur la Grande
tre Allée, à cinq minutes de marche des bons
déli- | Frères.
nu j Etablissons les faits : Dans plus de la
dit moitié de nos collèges classiques, on
commence les études par un cours commercial complet, d'où nos jeunes gens, aussitôt abrès leur sortie, peuvent être caissiers de banques. Je mentionnerai seulement ceux qui me viennent à la mémoire—les autres voudront bien m'ex-
ne
cuser : les collèges de Ste-Anne de Ia Pocatière, de Lévis, de Trois-Rivières, de Sherbrooke, de Joliette,de St-Laurent,de Ste-Marie Monnoir, de Rigaud et d’Ottawa, ont d'abcrd, des cours cemmerciaux; puis ce cours fini, ceux qui se destinent aux professions libérales, passent au cours classique : s'ils sortent avant d’avoir fini, ce n’est pas la faute du prêtre, s'ils sont déclassés : qu'ils s’en prennent à leur manque d'énergie et un peu à leurs parents, comme on le verra plus tard.
De plus, dans nos villes, nous avons des collèges commerciaux, où l’on fait un cours, je ne dis pas égal, mais supérieur à celui de n'importe quei Owsiness college. Les jeunes gens qui en sortent, sont de taille à remplir l'office de comptable dans un bureau du gouvernement.
Dans nos campagnes, il n'y a presque pas un comté où, dans les grandes paroisses, on ne trouve une académie mo-
Sé —
dèle ; le calcul et la tenue des livres s’y enseignent à un haut degré; les jeunes gens qui en sortent possèdent une science commerciale égale à la plupart de nos marchands. J'ai été étonné un jour de la science commerciale de deux jeunes gens, l'un sorti du lycée de Varennes, l’autre de l'académie de l'Islet. Il y a environ un quart d'heure, j'étais à écrire la page qui précède, je suis mandé au parloir :
—Que puis-je faire pour vous, jeune homme ?
—Je voudrais avoir une place dans un bureau, pourriez-vous m'aider ?
—Savez-vous les deux langues ?
—Je parle et j'écris les deux langues avec la même facilité.
— La comptabilité ?
— J'ai sur ce point mes diplômes de première classe; de plus, je connais la télégraphie, la sténographie, la clavigrà- Aphie, la correspondance commerciale.
— Avez-vous été au ‘“ Business Collége ” ?
— Non, mon père, je ne sais pas où il se trouve.
C'était un petit canadien du Lac Saint- Jean. Et l’on s'en vient nous dire après cela avec la fatuité d’un pic de bois sur le bout d’une brimbale : Si ‘nous avions des collèges commerciaux !
Maintenant nos collèges classiques méritent-ils le reproche qu’on leur adresse ?
Mes chers habitants, je ne vous cacherai pas que je suis l’ardent avocat, le chaud partisan des collèges classiques.
Dans une réunion de quelques bambocheurs où l’on mangeait du prêtre et buvait du champagne, il a été décidé à l'unanimité qu'en Canada, il y aurait assez de deux collèges classiques où Pon parquerait (jolie expression) tous ceux qui voudraient apprendre à chanter le ôenedicamus Domino (éclats de rire fréné:
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ET NOS COLLÈGES tiques) et d'où tous les autres seraient exclus; c'est une idée qui moussera, messieurs, vous verrez, dit en terminant un des réformateurs.
Je ne partage pas l'opinion de cet homme qui à le tort de penser qu'avec deux cent mille piastres, on peut se passer de tout le reste.
Prenez l’histoire, mes chers amis, et vous verrez que ce n'est pas le commerce qui sauve les nations, loin de là. Un général habile, un orateur véhément qui remue les masses, font plus de bien à la patrie en danger que mille commerçants.
Tous les grands généraux ont été des
| génies en mathématiques, tous les grands
: Rorateurs ont fait de fortes études ciassiques. Chacun de vous sait le rôle qu'a joué la France dans le monde entier, pourquoi? parce que la France a toujjours tenu le premier rang dans les études classiques. Voyez-la avec sa légion de
grands hommes d'état, d'orateurs, de généraux, d'artistes de toute sorte; pas un d’entreux ne s’est contenté d’un cours commercial. Que voulez-vous ? la science est une puissance, plus on a l'intelligence développée, plus on a d'influence sur ses compatriotes; or les facultés de l’inteliigence ne sont bien développées que par de fortes études classiques. Au parlement d'Ottawa, qui remporte la palme ?
sont-ce ceux qui ont fait des études pure-
ment commerciales ?
Je m'étonne que nos réformateurs, au lieu de suggérer l’abolissement de nos colièges classiques, ne proposent pas de changer le programme de nos cours commerciaux et d'y ajouter deux années de littérature ? Ne trouve-t-on pas étrange qu'il y en ait si peu dans notre monde commercial—pourtant si intelligent—qui
puissent figurer en public ?—Ce n’est pas}
leur faute, leur éducation n’est pas termi:
ne m veux fait d qu'ils sont :
nos gt études disait | à prés.
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le géas un cours cience igence sur ses inteliique par parlepalme ?
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née, ils n’ont pas mis de comble à leur édifice scientifique. Ces hommes, devenus conseillers d’une ville, auraient de grandes mesures à proposer ; ils en sont incapables ; ils doivent passer leurs idées à leurs voisins ; ils se font élire députés au parlement, ce n’est ni plus, nimoins,que des machines à voter, incapables de faire prévaloir leurs idées ; ne pouvant préparer un bill, ils ne peuvent avoir aucune initiative et sont inutiles à leur pays.
Remarquez bien, mes chers amis, que je
ne méprise pas les marchands, mais je veux démontrer que ceux qui n’ont pas fait de cours classique ne sont pas ce qu'ils pourraient être. Voyez ceux qui sont à la tête de nos banques ? voyez nos grands comptables : tous ont fait des études classiques. Un marchand me disait un jour : Dans un banquet, j'avais à présenter une santé, j'en fus incapable,
h je me fis remplacer par mon fils de dix