‹ Le prêtre intimeChapitre 84 sur 191 · AIME LE PÈRE · texte numérisé non relu

AIME LE PÈRE

t Ce qui lui plaît, je le fais toujours. »

« Je quitte le monde et je vais à mon Père. »

« Je monte vers mon Père et le vôtre. »

(Joan. vin, 29 ; — xvi, 28 ; — xx, 17.

Le prêtre, en union avec son Ami adoré, Jésus, aime le Père.

Trois Amis adonis.

Les fidèles connaissent trop peu, le prêtre connaît mieux, mais pas assez cependant, d'ordinaire, trois Amis adorables, éternels, infiniment parfaits, souverainement aimables et aimants, amis entre eux et qui veulent l'être avec nous. Ce sont les Trois du ciel : Très sunt in cœlo*, ce sont les trois Personnes, en un seul * ' ep- *<*■

Dieu, de l'adorable Trinité.

Un de nos plus grands malheurs est d'avoir trop peur des abstractions, et surtout de les imaginer où elles ne sont pas.

Presque tout le monde imagine Dieu le Père, Dieu le Verbe, Dieu l'Esprit-Saint, un peu comme des formes ou des formules éthérées, lointaines, reléguées là-haut, bien loin, au sommet des cieux. Ils sont cependant tout ce qu'il y a de plus proche, de plus réel, de plus personnel; ils sont infiniment réels, et, j'ose dire, infiniment personnels, ils nous sont inefïablement intimes.

Les personnalités les plus accusées et les plus riches du monde angélique et du monde humain sont extrêmement pâles devant ces trois Personnalités éternelles que nous devons adorer, dans

leur unique nature, comme FÊtre même, la Vie

même, la Bonté et la Puissance même, l'Amour

immense, la Béatitude infinie...

Dieu ie Fils Xous allons plus facilement à la seconde

aine.-, et qui Personne, au Fils incarné et rédempteur, aussi

habite ' .

en nous, ypaj homme que nous, aussi vraiment Dieu, aussi vraiment Personne divine que le Père et l'Esprit-Saint.

Mais un malheur encore pour nous, c'est de songer bien peu que comme Verbe il habite en nous, par la grâce, à l'égal de l'Esprit-Saint ou du Père.

Que le Tabernacle de nos églises nous est cher ! Là réside en Corps et en Ame, aussi bien que dans sa Divinité, notre Ami adoré.

Mais il faut songer aussi à un tabernacle intime qui ne fait pas tort à l'autre: le tabernacle de notre âme où Jésus Dieu, Jésus Verbe, réside sans cesse, dans sa réalité infiniment vivante.

on insiste sur Nous avons bien souvent entendu répéter

celle v f r 1 1 1* si

intéressante cette vérité de foi : que l'Esprit-Saint descend

pour notre

amitié : le et demeure dans notre âme, que nous sommes

^ erbe habite 7 *■

eD "<Sar la ses temples. Et cette vérité nous saisirait, nous embraserait, si nous y songions mieux.

L'on dit beaucoup moins que le Verbe habite en nous. C'est aussi certain pourtant de lui que de l'Esprit-Saint et du Père : nous l'avons noté plus d'une fois. Et c'est infiniment touchant à

penser quand nous savons l'amitié de Jésus pour nous !

Je le crois, ô Jésus, aussi vrai que vous êtes le Fils unique du Père, consubstantiel à lui, aussi vrai vous habitez en nous par la grâce et la charité. Votre filiation éternelle est de foi, et votre habitation en nous n'est pas moins de foi : dogme de gloire immense pour vous, — dogme de douceur ineffable et de vie pour nous.

Même en dehors des heures de la Communion, où nous possédons votre Humanité, nous vous possédons par la grâce dans votre Personnalité infiniment réelle, subtantielle, de Fils, de Verbe éternel, d'Image du Père*... Quelle Société, ;*uml*«£?

7 ° ^- 7 I., qq. 34-3o.

quel Confident si je voulais ! Quel Illuminateur Cf- gjjj,1 lnquel Consolateur, quel Sanctificateur ! -c '

Vous venez remplir en nous des rôles qui Et dabord

1 pour nous ini-

intéressent extrêmement notre vie, notre amour. «« *»'«»ftM

7 du rere.

Mais il n'est pas douteux que, avant tout, vous ne soyez là pour nous initier à l'amitié des deux autres Personnes : elles veulent, ainsi que la vôtre, nous donner tout ce qu'elle sont : toute vie, toute beauté, tout amour, tout bonheur, sans réserve, tant elles nous aiment et veulent être aimées de nous.

\ -«us nous initiez d'abord à ['amitié du Pèi .

LE PRETRE DOIT AIMER A\EC JESUS iN'OTRE PÈRE CÉLESTE

Dieu notre Souvent dans la sainte Écriture et dans la

Père : e*est la

Divinité. Tradition, lorsque nous disons : Dieu notre Père, notre Père céleste, nous entendons la Divinité : c'est-à-dire la Me, la Bonté, l'Amour immense, dont nous venons par la création, dont nous naissons par la grâce. L'Écriture nomme Dieu notre Père à plusieurs titres : elle l'appelle le a Père de la pluie, le générateur de la rosée 9... ; parce que les créatures même inférieures portent les vestiges de Dieu. Elle l'appelle le Père des hommes et des anges, parce que les créatures intelligentes sont son

•cf.D ïh.m.: image. — Elle l'appelle notre Père par la grâce.

i.l!q.dô.'aJ.d. — Elle l'appelle notre Père par la gloire*.

Jésus Dieu 0 Jésus, comme Dieu, vous êtes cette Divi-

objet ne notre ' '

Va' Divinité5 nn^ même, et par conséquent vous avez tous les droits à nos hommages d'adoration et d'amou^, bien loin d'avoir à lui rendre vousmême hommage.

léso» Homme Mais comme homme, vous êtes le modèle, la

modèle de

noire cuite source du culte que les créatures rendront à

envers T-

ia Divinité, jamais à la Divinité

Dans votre très sainte Humanité, quelle direction, quels élans continuels de tout elle-même, de tout son cœur, de toutes ses forces, vers cette immensité de grandeur et de bonté dont elle se voit enveloppée et pénétrée, où elle est entrée pour toujours : FIncarnation l'ayant, du premier coup et à jamais, placée sous votre Personnalité de Verbe ! Quelle réponse de votre Cœur humain à l'amour de Dieu tout-puissant créant le ciel et la terre, s'occupant des astres, des passereaux, des lys des champs, d'un cheveu de notre tête, et bien plus amoureusement de notre cœur, de notre âme, de notre sainteté, de notre éternité !

Le prêtre voudra partager cet amour, cette combien

1 10 1 Ie [Jl(-,lre d0it

religion profonde envers la Divinité. Il tâchera tenir «à Parta-

0 L ger cet amour

de ne faire de son cœur avec le vôtre qu'un SaeJca^m seul cœur pour l'adorer, la louer, l'exalter, l'implorer dans un ardent amour.

Et pendant qu'il le pratiquera le premier, vous combien le chargez de conserver ce culte, essentielle- tenir

*-> a ronserv

a conserver,

ment supérieur . à tout culte, de le répandre cXTnL1dans toutes les âmes, d'en embraser un bon "'" nombre.

De là le beau titre que saint Paul, en votre rmin. lui donne : Homo Dei*, l'homme de Dieu, "iri«.,Tifn l'homme qui ne veut qu'aimer Dieu et le faire aimer el servir, qui dans les vues providentielles a été créé homme pour cela, qui esl prêtre

pour cela, qui vit, qui parle, qui agit, qui souffre, qui meurt pour cela : Homme de Dieu ! combien ce Savons-nous assez que c'est bien grand, que

rôle d homme -1 o / ±

de Dieu, c'est très beau, très noble, d'être Y homme de

choisi par 7 '

p^icuiière -^^«» Thomme qui est chargé par son Ami etig^e. Jésus de faire connaître aux hommes le Dieu inconnu, le Dieu qu'ils tendent, du moins, toujours à méconnaître ? Prenons garde de nous familiariser avec la gravité, la sublimité de notre rôle. D'autres s'éprennent pour des causes élevées ou utiles : gloire du pouvoir, belle littérature, hi'stoire, recherches scientifiques, inventions merveilleuses... Mais de grâce, que sont toutes ces causes, si elles ne servent pas en définitive la cause de Dieu ?

Progrès des sciences, progrès de la puissance, de la richesse... si vous ne regardiez pas, — comme cela doit être, dans un esprit bien fait, dans un cœur bien placé, — si vous ne regardiez pas, en définitive, le progrès de la Cause de Dieu, que vous seriez pauvres et misérables, indignes d'enthousiasmer des âmes nées pour l'Infini !

Je crois bien que si nous nous disions avec réflexion et autrement que par une impression fugitive : Je suis chargé, par l'amitié de Jésus, de la Cause de Dieu dans le monde, cette idée pourrait avoir une forte influence sur notre vie, surtout dans un siècle ou la grande question,

d'après des esprits supérieurs, doit être la question de Dieu.

Mais qu'étudions-nous, que lisons-nous sur Dieu ? C'est chose presque inexplicable que, croyant en Dieu et nous sachant chargés de ses affaires sur la terre, nous ne puissions pas trouver plus souvent une étincelle de lumière, une flamme à jeter dans les âmes dont toute la raison suprême, éternelle, de vivre, est Dieu !

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