N. de la Bastide, 17 avril
12. iV. Dallard, pourvu de la cure de Saint-Pierre- Duchamp vers 1686, ne voulut pas ratifier les arrangements intervenus entre ses prédécesseurs et ses paroissiens relalivement aux abonnements des dîmes. Il obtint le 9 septembre 1686 de la Cour de Toulouse un arrêt qui lui adjugea provisoirement la dîme à la gerbe et qui en porta l'abonnement de dix-neuf setiers quatre cartons seigle à quatrevingt-quatorze seliers. Pour amener les habitants de Saint-
(1) Arch. dép. de la Haute-Loire, f. de l'Evéclié, G. 392 (liasse). C2) Archives dép. de la Haute- Loire, G. 403, fol. 45. (3) Ibid., G. 410, fol. 40.
(A^Ibid., G. 718.
(5) Terrier de la cure de Saint-Pierre-Duchatnp.
(6) Archives dép. de la Haute-Loire, B, 14.
Plerre-Duchamp à exécuter cet arrêt, M. de Lamoignon, intendant du Languedoc, et le marquis de La Trousse, lieutenant général des armées de Sa Majesté dans cetle province, chargent Messire Ballhazar de Aillette, seigneur de Naves, inspecteur et brigadier en Vivarais et Velay, de se transporter avec des dragons de la Compagnie de M. du Meynis au lieu de Saint-Pierre-Duchamp. Frappés de crainte et pour n'avoir pas à pourvoir à l'entretien onéreux des dragons, les bons paroissiens de Saint-Pierre se décident à payer les quatrevingt-quatorze setiers de dîme d'abord en 1687, puis chaque année, non seulement à N. Dallard, mais aussi à Claude Bayle, son successeur (l). Le curé d'Alïard, vivait encore le 10 mars 1700. Il était originaire de la paroisse.
i3. Claude Bayle était déjà curé de Saint-Pierre-Duchamp le 20 février 1696. Le 28 avril 17241 il résigne sa cure avec l'approbaiion de Mgr de Gonflans, évêque du Puy, en faveur du suivant.
i4. Laurent-Joseph Bayle, du 28 avril 1724 à 1734. « M. Baile, homme d'un grand zèle, avait agrandi Féglise et fait de belles réparations que la Révolution a détruites en partie ; il avait doté la cure de la moitié du jardin et les pauvres d'un pré qui donne 60 francs de revenu (2). »
i5. Pierre Grand. Mgr de Béringhen lui confère, le 4 mars 1734, la cure de Saint-Pierre-Duchamp, vacante par suite du décès du précèdent. Il ne jouit pas longtemps de ce bénéfice.
16. Sébastien Longeon. — Un de ses successeurs (3), le qualifie de « bon prêtre ». La cure de Saint-Pierre,^u!il avait obtenue de Rome, lui fut conférée, le 21 juillet 1735, par Marcellin de Béget, vicaire général du Puy, agissant au nom de l'évêque. Il mourut le 24 septembre 1754.
Il avait eu pour vicaire : Etienne Duchamp (19 octobre 1750),
(1) Archives de la famille Cathaud, des Terrasses.
(2) Lettre de M. Ciiabanne, curé de Saint-Pierre, à M. Péala 13 mai 1843.
(3) M . Chabanne, lettre citée.
qui devînt, croyons-nous, curé de Saint-Maurice-de-Roche.
17. Joseph-IIilaire Faiirc, bachelier en droit canonique, cidevant curé de Saint-Martin-de-Rosières, est nommé à la cure de Saint-Pierre-Ducliamp par le prieur de Lamée. Sa nomination est visée par Mgr Lefranc de Pompignan, évêque du Puy, le 26 septembre 1754. H prend possession le lendemain, suivant le cérémonial accoutumé, assisté de Jean-André Lagarde, curé d'Yssingeaux, en présence entre autres de Joseph Soulier, curé de Ghomelix, d'Etienne Duchamp, curé de Saint-Maurice-de-Roche et de Jean-Baptiste Liogier-Laval, vicaire de Saint-Plerre-Duchamp (1).
Le 3i août 1755, il abonne la dîme à la gerbe à lui due par Marianne Roche pour son domaine à la quantité chaque année de quatre cartons et demi de seigle.
Le 18 juin 1766, Charles de Flachat, seigneur d'Apinac, consent en faveur des curés de Saint-Pierre, recevant pour eux Hilaire Faure, curé actuel, une rente annuelle de trentecinq livres au capital de sept cents livres pour faire partie de la pension du second vicaire de la paroisse.
Le 2^ mai 1767, Hilaire Faure reconnaît devoir, en qualité de curé de Saint-Pierre-Duchamp, au prieur de Ghamalières, la somme de trois livres cinq sols payables chaque année à la Saint-Michel. Le prieur lui passe quittance de tout ce qu'il peut devoir jusqu'à ce jour (2).
Il resta à la tête de la paroisse jusqu'en 1778. Un de ses successeurs (3) a écrit de lui :
« M. Faure, oncle de M. Pipet, auquel il résigna sa cure, était un homme loyal et généreux, bon pour les pauvres et pour tout le monde, mais particulièrement pour ses vicaires qu'il faisait monter en croupe sur son bon cheval, quand ils allaient voir leurs amis. Il jouissait d'un grand ascendant dans la paroisse et surtout d'une grande estime. Il a doté l'hôpital d'Yssingeaux où il a stipulé qu'un pauvre de Saint-Pierre-
(\) Acte reçu Saby, notaire de Roche.
(2) Minutes de Plagnieu, notaire de Ghamalières.
(3) M. Chabaone, kttre citéç.
Duchamp serait nourri et entretenu à perpétuité, bienfait dont nous avons toujours joui, w
Il avait eu pour vicaires : i° Jean- Antoine ^//ro/, originaire d'Avouac, paroisse de Saint-Jean-du-Monastier. Par testament en date du i3 juillet 1769, il demande à être enterré au tombeau des prêtres dans l'église paroissiale de Saint-Pierre- Duchamp: il donne cinquante livres pour messes aux prêtres de la paroisse, cinquante livres aux pauvres et le reste de son patrimoine à sa famille. Fait en présence entre autres de Pierre Chevalier, prêtre sociétaire d'Yssingeaux, originaire sans doute de Saint-Pierre-Duchamp (^).
2° N. Gallien et A^. Bayle. — Celui-ci, qui,, croyons-nous, avait reçu au baptême le prénom de Jean, était déjà sous-diacre le Ti juillet 1768.
18. Laurent Pipet, natif d'Yssingeaux, fut d'abord vicaire de Laussonne. Il remplaça à la cure de Grazac M. Faure dont il était le neveu par sa mère. Il fut inslallé au mois de décembre 1774. Une garda la cure de Grazac qu'environ quatre ans, car au mois d'août 1778, il fut appelé à remplacer M. Faure, son oncle, comme curé de Saint-Pierre-Duchamp, et ce en vertu d'une résignation agréée en cour de Rome.
En 1779, il rend hommage et prête serment de fidélité à noble Marc-Antoine-Claude Pradier d'Agrain, seigneur de Mons, Arzon, etc., à raison de l'église et du cimetière de Saint- Pierre et des fonda qu'il en tient en directe. Les droits et frais de cette reconnaissance s'élèvent à la somme de cinq livres douze sols six deniers (2\
En novembre 1782, il a des démêlés avec ^harles-Borromée de Laval, prieur de Çhamalières; il adresse à cette occasion au sénéchal du Puy contre le prieur une requête où il déclare qu'il perçoit la dîme des fruits de toute la paroisse, sauf dans le village deLeyssac, où elle est perçue par le prieur. Il prie le sénéchal. de l'obliger à payer la pension des vicaires de la paroisse au pro rata des dîmes de Leyssac.
(i) Minutes dé Saby, notaire de Roche.
(2) Terrier d'Arjjon, reçu Digoaaet, notaire au Puy, 1779.
Le 2 mai 1788, Pierre Bourgin, curé d'Api nac, rembourse à Laurent Pipet, curé de Saint-Pierre-Duchamp, une somme de sept cents livres, au revenu annuel de 35 livres, donnée par Charles de Flachat, seigneur d' Apinac, , pour faire la pension du second vicaire et la prête à Joseph Gathaud des Terrasses, à condition qu'il payera ladite rente et remboursera le capital à volonté, à condition de prévenir trois mois à l'avance (1).
Au début de la Révolution, M. Laurent Pipet, curé de Saint- Pierre-Duchamp devient président du Conseil général d'administration du district du Puy ; mais, comme il n'assiste plus aux séances à partir du 2 septembre 1791, il ne tarde pas à être déchu de sa charge pour cette raison et aussi pour avoir refusé de prêter le serment exigé par les lois de tous les ecclésiastiques fonctionnaires publics.
M. Laurent Pipet fonda, nous ne savons à quelle date, à l'hôpital d'Yssingeaux six lits pour chacune des deux paroisses de Grazac et de Saint-Pierre-Duchamp.
En 1791, il avait pour vicaires Claude Limozin et Pierre Diard. En 1793, il est porté comme absent sur la liste des Emigrés et comme étant propriétaire d'immeubles à Sàint- Pierre-Duchamp. Jean Bayle, prêtre, son paroissien, figure sur la même liste ; nous le trouvons exerçant le saint ministère, en pleine révolution, le 4 septembre 1797.
M. Pipet lui-même administre la paroisse et fait un baptême le 2 juin 1796 ; M. Jarousse, un autre de ses vicaires, baptise un enfant le 3i août 1797.
M. Ghabanne (2), un de ses successeurs, a écrit de lui ces quelques lignes :
« M. Pipet qui a vécu avant et après 1793, étant dans l'aisance par rapport à ses biens patrimoniaux et aux revenus de son prioré, était le père de ses paroissiens. Il avait fait son cours de droit, ce qui le mettait à même de bien juger les affaires temporelles ; aussi avant 1798, il n'y avait presque pas de procès dans sa paroisse. Toutes les difficultés qui s'éle-
(i) Minutes de plagnieu, notaire de Gbamalières. (2) Lettre citée, adressée à M, Péala,
Vaieiit étaient portées devant 'lui et il arrangeait tout. Il est inutile de vous dire qu'il emporta l'estime et les regrets de Saint-Pierre-Duchamp quand il lut nominé curé à Graponne. Pendant la Révolution, M. Pipet fut obligé de se cacher. Après la Révolution, il resta encore deux ou trois ans dans la paroisse. Comme il était riche, il ne demandait rien ou presque rien à personne ; il ,a ramené presque tous les révolutionnaires, leur a fait réparer les dommages qu'ils avaient commis pendant la Révolution, et l'on peut dire que la paroisse a été heureuse de le revoir et c'était par sa douceur qu'il opérait tant de bien. »
Après la Révolution qu'il traversa sans forfaire à sa conscience, M. Pipet succéda dans l'importante cure de Graponne au vénérable abbé Privât.
Le 3i octobre i8o5, il rachète de Flopimond Dubois de la ville de Roche, au prix de S.ooo fr. payés comptant la chapelle des Pénitents et ses dépendances. Les 8 janvier et 9 novembre 1808, il verse entre les mains du receveur des Domaines le solde du prix de vente dû par Dubois. Ges diverses sommes avaient été fournies soit par l'abbé Pipet, soit par quelques particuliers. Au décès de l'abbé Pipet, Jean-Antoine Pipet, son neveu et héritier, rétrocéda aux Pénitents la propriété restée jusqu'alors au nom de son oncle : l'acte est daté d'Yssingeaux le i" mars 1828.
En 1808, M. Pipet dotait la petite chapelle d'Aubissoux d'une cloche qui porte son nom.