‹ Le prieuré conventuel de Chamalières-sur-Loire [microform] ordre de Saint-Benoit, observance de Cluny, dépendant de l'Abbaye du Monastier-Saint-ChaffreChapitre 92 sur 132 · Origines du chef-lieu et des principaux villages · texte numérisé non relu

Origines du chef-lieu et des principaux villages

L'église dé Saint-André-de-Chalencon était devenue, comme beaucoup d'autres, nous ne savons à quelle époque précise,

la proie des seigneurs laïques. Le Cartiilaire de Chamalibres (202) nous donne le nom de celui qui s'en était emparé. Il nous le montre aussi touché de repentir s'en dessaisissant, entre io3r et 10/47, ®^ faveur du couvent de Ghamalières. Nos lecteurs ne Feront "pas fâchés de lire en son entier l'acte de cession que nous traduisons littéralement.

(( Nous désirons livrer à la mémoire des âges futurs qu'au temps du roi Henri P'", notre sire, Guillaume étant par la grâce de Dieu abbé de Saint-ChalTre, Gérald chanoine (laïque) de Chalencon et son épouse Aialmodis, entendant lire dans la Sainte Ecriture que personne ne doit posséder le sanctuaire du Seigneur par droit d'hérédité, examinèrent comment ils pourraient disposer d'une manière méritoire, pour la rémission de leurs péchés et le repos de leur âme, de ce qu'ils avaient possédé injustement. Après mûr examen, ils donnèrent à Dieu, à saint Théofrède et à saint Gilles l'église de Saint-André de Feschalesi^), avec tous ses droits, ses revenus et ses appartenances, une af)penderie au lieu de Boisset, un mas à Chiseneuve (paroisse de Beauzac), le moulin de Pisturia au château de Chalencon, une mansion avec jardin. En retour d'une si grande libéralité, le prieur de Ghamalières donna aux bienfaiteurs du couvent une somme de deux cent dix sous et racheta le moulin de Ponce de Doia au prix de soixantedix sous. Quant à l'épouse de Gérald, elle se fit religieuse bénédictine au couvent de Ghamalières et donna au prieur un autre mas au lieu de Saillent, aujourd'hui détruit, (paroisse de Beauzac), tenu par Aubert Ferrand. Gérald promit encore de donner au monastère la chapelle de Ghalencon, ce qu'il fit plus tard, grâce à Dieu. Les témoins de cette donation furent Bertrand Besson, Ponce, Airaud, Francon et Dalmace. Gomme l'alleu de l'église de Saint- André et de la chapelle de Ghalencon appartenait aux seigneurs de Beaumont, Etienne de Beaumont et son fils Abbon le cédèrent au couvent et reçurent en retour cent sous du prieur, qui leur donna l'absolution des nombreux méfaits dont ils s'étaient rendus coupables envers

(1) Nous n'avons pas pu jusqu'ici trouver le sens de ce mot,

le prieuré. Les témoins de ce dernier acte furent Cuiîlaumô abbé, son frère Ebraud, prêtre, Ponce et Bertrand Besson, Aimaric, Hugues le Long et Adhémar de Roche. »

Vers 1082, Adhémar de Monteil, évêque du Puy, donne au monastère de Gliamalières toutes les églises comprises dans un rayon de cinq lieues autour de ce monastère, par conséquent sans doute celle de Saint- André; il les donne en ce sens que les possesseurs laïques de ces églises seront obligés de les rétrocéder au couvent de Saint-Gilles quand ils voudront ou les restituer ou les vendre (200). Ghamalières posséda dès lors sinon plus tôt, le droit de collation de cette cure.

Lors de la constitution de la réfectorerie du couvent, le i""" septembre ii63, le prieur Pierre III de Beaumont lui donna quinze setiers de blé à prendre «, sur les églises de Ghalencon » (77).

A la fin du xii" siècle, Ponce Botlers, du château de Ghalencon, donna par testament à Dieu, au couvent de Saint-Gilles et aux moines y demeurant, pour le repos de son âme et de celles de ses parents, un repas annuel payable sur les biens dont il avait hérité au lieu de Saint-André. Gaucerande, sa mère, et Humbert, son frère, approuvent cette libéralité, le jour des funérailles du donateur, en présence de Nicolas, Guigon, B. Malez et Ponce de Chazelles, moine de Ghamalières (204).

Aux xii" et xiii" siècles, le couvent perçoit sur le bourg de Saint- André-de-Ghalencon un setier de blé (325).

Le Cartulaire ne nous fournit pas d'autres renseignements sur le chef-lieu de la paroisse de Saint-André, mais il nous révèle l'existence de ses principaux villages aux xi* et xn" siècles.

I. Le Perrier, Pirarlus. — Au temps des prieurs Pierre P'" ou Pierre II, entre 102 1 et 1028 ou 1037 et io38, un nommé Girbert, comptant sur la miséricorde divine, donna à Dieu, au bienheureux Gilles et au monastère de Ghamalières pour le salut de son âme un demi-mas au lieu du Perrier ; autre Girbert, son neveu, donna le fief de ce mas pour l'amour de Dieu et de son oncle ; il reçut en retour six sous du prieur (276).

3. Chalencon, castram Chalanconil. — Cette localité, sut laquelle nous reviendrons, apparaît en même temps que le chef-lieu delà paroisse, entre io3i et 1047, avec sa chapelle et son moulin (202). Sous le règne de Philippe P"", roi de France, et l'abbatial de Guillaume au Monastier, entre 1074 et 1108, Ebraud, du château de Chalencon, donne au couvent de Saint-Gilles un moulin, une mansion avec jardin au lieu de Chalencon (208).

3. Le Meynis, ad mansiim del Mainil. — Sous le règne de Philippe P"', roi de France, et l'abbatiat de Guillaume à Saint-Chaffre, entre 1074 et 1108, Ebraud, du château de Chalencon, espérant la miséricorde divine et la récompense éternelle, donne à Dieu et au bienheureux Gilles le mas du Meynis, qui est autour de l'église de Saint-André (2o3).

4. La. Gazelle, in villa de Gazela. — Au xi" siècle, un nommé Trafalgar, donna à Dieu et au bienheureux Gilles un champ au lieu de la Gazelle (214). Au xii° siècle, Chamalières perçoit en ce lieu trois cartons de seigle, un carton d'avoine, dix sous, huit deniers, trois pogeoises (337).

5. Chazelles, ad Chazelas, ad Casaletum. — Nous désirons livrer à la mémoire des siècles futurs, dit le Cartalaire, que, entre 1082 et 1097, Ponce Aimaric donna à notre maison, d'abord son fils P... comme moine, puis deux setiers de seigle à prendre au lieu de Chazelles (207 et 3 18).

6. AspRALoiTA, lieu disparu. — Sous le priorat de Raymond de Mercœur, en i2i3, Guillaume d'Andrable, chevalier de Chalencon, donne à Chamalières pour le salut de son âme, une hémine de seigle à prendre sur le moulin Rosier au lieu à! Aspraloita (i55).

7. Le Grest-Haut, ad Crestos superlores, lieu disparu. — > Aux xii" et xiii° siècles, il y avait en ce lieu une métairie qui donnait au monastère un setier de blé et trois pogeoises (327).

8. Le Crest-Bas, ad Crestos suhteriores, lieu disparu. Aux xn° et xm« siècles, il y avait en ce lieu une métairie sur laquelle le couvent de Chamalières percevait en mai trois setiers de blé, un setier d'avoine et deux sous (327).

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