‹ Le prince d'Aurec; comédie en trois actesChapitre 6 sur 85 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LOUIS

Oui. Le prince doit à tout le monde.

JOSEPH

La princesse aussi. Elle a, de ce moment, des couturières qui la tracassent. Je le sais.

LOUIS

Bah 1 Ils n'ont pas besoin d'économiser, ils n'ont pas d'enfants.

JOSEPH

Ça ne fait rien : des petites fêtes comme celle de ce soir ça doit coûter chaud?

LOUIS

Tant qu'on ne les paye pas.

JOSEPH

Et puis il y a autre chose : le prince joue, toutes les nuits, plus gros jeu que jamais.

LOUIS

Et il a la guigne?

JOSEPH

Noire.

LOUIS

Comment peut-il s'en tirer, avec le train qu'il mène ?

JOSEPH, avec intention.

On a des amis...

LOUIS

M. Paul Montade ?

JOSEPH

Mais non, c'est un écrivain, un homme de lettres comme ils disent. Ces gens-là n'ont jamais le sou. Je te parle de l'autre, du juif millionnaire.

LOUIS

Le baron de Horn ?... qui tourne autour de madame?

JOSEPH

Oui. Pour moi, il doit casquer.

LOUIS

Un juif? Tu m'étonnes.

BERTIN, entrant, des papiers à la main.

Stulbach est parti ?

JOSEPH

A la minute, en disant qu'il enverrait du papier timbré.

BERTIN

A son aise ! J'en ai déjà plein les mains : le bottier, le tailleur, le bijoutier, le fleuriste... avec ce bal. (aux valets.) Est-on passé chez Beiloir ?

LOUIS

Oui.

BERTIN

C'est bon. Le prince va rentrer d'une minute à l'autre. Allez- vous-en, ça n'est pas ici votre place. Et puis ne recevez

plus personne, aucun Créancier. (Les valets sortent. Il feuillette les

papiers qu'il a à la main.) Un duc de Talais, prince d'Aurec ! Je ne sais plus où donner de la tête, moi. Tant pis, je vais être

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