ENSEMBLE
PAZZt ci LES NAPOLITAINS, à Dailioli.
Aib : De rage cl d« .eue.- an ce.
Que votre obéissance , mon
Désarme couroux r son
Ou craignez vengeance!
Le coupable est chez vous !
BATTIOLI.
J’ prouie mon obéissance.
En marchant devant vous;
Je n’ fais pas résistance,
Modérez vol’ courroux.
coexocoLi et jiianitta.
Je tremble en leur présence ,
Quel terrible courroux !
Ah ! bientôt leur vengeance Va nous atteindre tous !
PAZZI
Maître Baltioü, un jeune montagnard a osé tirer sur une sentinelle ; il s’est, dit-on, réfugié dans cette maison.
JUANITTA, à part.
Dieu !
COGNOCOLI.
C’ n’est pas moi !
PAZZI
Qu’est-ce qui parle ?
COGNOCOLI.
C’est moi.
PAZZI
C’est vous qui avez tiré sur la sentinelle ?
COGNOCOLI.
Non ! ce n’est pas moi.
PAZZI
Que dites-vous donc , alors ? Approchez ; m'avez- vous entendu?
COGNOCOLI.
C’est que je suis retenu par...
PAZZI
Par le respect ?
COGNOCOLI.
Non, Général ; par mon collet (Il fait un effort et dégage le collet de son habit, puis s’avançant vers Pazzi.) Voilà !
PAZZI
Ton nom ?
COGNOCOLI.
Vingt-quatre ans.
PAZZI
Ton nom?
( Il court
COGNOCOLI.
Marchand de fromages.
BATTIOLI. -
11 se nomme Cognocoli... C’est qu'il est f’wi ému.
LE PRINCE D’UN JOUR
PAZZI
Avant tout, il a Pair fort bétc.
COCNOCOLI.
C’est tout ce que vous avez à me dire , Général? pazzi.
Encore une fois, un jeune homme a tiré sur une sentinelle. Il est ici ; personne n’en sortira que le coupable ne soit livré ; car, non-seulement c'est un rebelle, mais encore un espion !
JUANITTA , vivement.
lin espion ! Ab! monsieur, c’est impossible.
PAZZI
Ah! vous le connaissez donc, ma belle enfant?..
JUAN ITT A , toute troublée.
Je croyais que... vous parliez de... mon fiancé.
COCNOCOLI*
Eh bien , merci !
PAZZI
Ah ! c’est là votre fiancé ; je ne vous en fais pas mon compliment. Voyons, mon enfant, calmez-vous. (U lui baise le front.)
COCNOCOLI , bas h Ballioll.
Comment, vous le laissez faire? ah ! vous n’étes pas un patriote ! (Élevant la voix.) Général , c’est...
PAZZI
Silence !
cognocoli.
Oui, général.
pazzi, à Juanitta.
Maintenant, ma jolie fille, causons ensemble.
(Il lui prend le bras.
JUANITTA, à part.
Que me veut-il donc ?
PAZZI
Ainsi, selon vous, le coupable n'est pas un espion ; mais je vous déclare qu’espion ou non, il faut qu’il me soit livré sans retard, sinon, avant dix minutes, les oreilles de votre père, et même celles de votre fiancé , seront clouées à cette porte !
COGNOCOLI.
Les miennes ! à moi ! (A part.) Ah ! quelle petitesse ! despote ! va ! (Haut.) Tas de bétisc, Juanitta, dites où il est.
BATTtoi.l , à Cognocoli, en lui saisissant le bras,
Malheureux ! vendre un frère !
COCNOCOLI.
Comment, un frère! ce n’est pas mon frère du tout, je suis fils unique. Il s'agit de mes oreilles, et je les aime mieux où elles sont qu a votre porte !
PAZZI, découvrant la carabine de Mastrillo.
A qui appartient cette arme , qui porte encore l'empreinte de la poudre ? nierez-vous maintenant ? Qu'on fasse les recherches les plus sévères dans cette maison !
COCNOCOLI.
Voyons, mam'zellc Juanitta... il vaut mieux tout dire franchement , si vous savez... Ah!
comme elle regarde de ce côté-là!..
PAZZI
De ce côté-là! (Désignant le buffet.) Ouvrez ce meuble !
JUANITTA, se jetant au-devant des soldats. |
Ah! messieurs, ne lui faites pas de mal! (a<^>
part.) Pauvre Mastrillo ! il doit être mort de frayeur là-dedans !
(Elle ouvre le buffet, et l'on volt Mastrillo couché et mangeant le fromage de Cognocoli.)