SCÈNE IX
PAZZI, deux Officiers Napolitains, MASTRILLO.
MASTIULLO.
Ah ça ! est-ce que je ne peux pas m’en aller aussi à présent?
PAZZI
Tu ne sortiras d’ici que pour être pendu!
MASTRILLO.
Pendu ! voulez-vous bien ne pas faire des plaisanteries comme ça.
PAZZI
Je ne plaisante jamais.
MASTRILLO.
Comment , ma pauvre grand’mère que je n’ai pas vue depuis huit jours ! et Juanitla , et Médor, je ne les reverrai plus... Allons donc!., pendu ! je n’ai pas luge !
PAZZI
Ta franchise seule peut te sauver.
MASTRILLO.
Vrai?
PAZZI
Sais-tu ce que conteuait la lettre que tu viens de faire disparaître ? \
MASTRILLO.
Mais oui... à peu près.
PAZZi.
Elle était , sans doute , de l'amiral français ?
MASTRILLO.
De l’amiral ? Joliment !
PAZZI
De la franchise ! sinon...
MASTRILLO.
Écoutez, je ne demande pas mieux que de tout vous dire , mais , vous n’en parlerez pas ! car c’est un secret , uu grand secret !
PAZZI
Je m’en doute. Voyous , de qui était cette lattre , ne me trompe pas !
MASTRILLO.
Elle était d’une personne... qui désire rester inconnue.
PAZZI
Et que disait cette lettre ?
MASTRILLO.
D’abord , il y avait : monsieur Mastrillo , à ce que prétend la personne ; mais moi , je crois qu’il y avait: «< Mon cher petit Mastrillo. •>
PAZZI
Qu’csl-cc à dire ?
Oui , parce que la personne en question me défendait de la revoir à cause de son fromagiste.
PAZZI
Tu deviens plaisant, je crois! ah! tu ne veux pas parler !
MASTRILLO.
Je ne fais que ça !
PAZZI
Je saurai bien t’y coutraindre, ou justice sera faite , et tu seras pendu !
MASTRILLO.
Pendu ! pendu ! à la lin , ça m’ennuie ! parce que vous ne savez que faire , vous vous amusez à effrayer les vieilles femmes et les enfaus; c’est gentil pour des hommes d’àge , et qui ont des chapeauxà plumes! Eh bien ! au bout «lu compte, pendez-moi , puisque ça vous fait plaisir ! qu'estce que ça me fait à moi ! ça m’est égal à présent ! (Il se croise les bras, et prend un air déterminé. — Rumeur en dehors.)