SCÈNE X
cognocoli , tremblant. ^ le Prince lui-même qui s’est travesti... permettez-
Je vous Jure , général , que je n'étais la que par curiosité... simple curiosité...
MASTR1LI.O.
Ah î a-t-y peur !
COGNOCOLLI , il Mastrillo.
Dites donc, vous! je voudrais bien vous y voir!
MASTRILLO.
Vous m’v verrez aussi, nous serons pendus tous deux de compagnie.
cog.nocolï.
Vraiment! c'est ce qui vous trompe, jeune marmouset ; car , je vais tout dire : sachez donc, mon général...
PAZZI
Plus bas! (Cognocol! parle très bas.) Plus haut. cog.nocolï, a demi-voix.
D’abord , tout ça , voyez-vous , c'est des bêtises: vous savez déjà sans doute, illustre guerrier, que depuis quelques jours , le bruit s’était répandu que le (ils du grand-duc , Pierre de Médias, était vaguant à travers les monts et les vaux de ce pays.
MASTRILLO, désignant Cognocoli.
Oui , caponne ! caponnc !
cog.nocolï , sc tournant vers Mastrillo.
Plein!
pazzi , à Cognocoii.
Eh bien ! faites-le taire ! (A Mastrillo.) Espion!
MASTRILLO.
Poltron !
Mangeur de fromage!
PAZZI
Fn finiras-tu . à la fin?
COGNOCOLI.
Voilà ! voilà ! Donc... je ne sais plus où j’en étais, donc...
MASTRILLO.
Nous serons pendus.
COGNOCOLI.
Je vous en prie, faites-lc taire 11 dit des choses qui troublent. (Reprenant.) Donc... on vient de trouver dans une grotte, ici prés, la grotte de Saint-Joseph , sous un amas de feuillages , de riches vètemeiLS , tout dorés , à l'usage de notre sexe, dont un baudrier portant le chiffre du prince Lorcnzo.
PAZZI , réfléchissant.
Diable !
moi de rire de nouveau.
M ASTRILLO , tandis que le major l’cxamiuc avec attention.
Quand 11 m'aura assez regardé, monsieur Moustache.
PAZZI , à part.
Eh mais!., ce serait un moyen! (nas a Cogno* coli.) nc ris pas tant, car c’est effectivement le prince Lorenzo que je tiens en ma puissance.
COGNOCOLI , Stupéfait.
Bah!
LK MAJOR, h l'axzi.
Serait-il vrai ?
pazzi , bas au major.
Nullement , et c’est dommage ; mais à la guerre aucune ruse n’està dédaigner ; à défaut de forces suffisantes , le seul mo> en d’imposer à l’esprit de révolte qui règne ici , c’est de laisser croire aux rebelles que la vie de leur prince dépend de leur soumission; vous comprenez bien, que dans notrejposition difficile. (Ilss’éloigncntcnparlantbas.)
COGNOCOLI , il part.
Comment, c’est là le Prince? c’est le prince Lorenzo en personne , qui m’a fait l'honneur de manger mou fromage ! ça en fait un de plus à mettre sur mon mémoire !
MASTRILLO.
Ah! ça, à quelle heure est-ce qu’on pend ici?
COGNOCOLI , à part.
Est-U pressé ! je t’en fiche ! plus souvent qu’on te pendra , toi !
pazzi , au major.
Vous m’avez entendu, il n’est plus nécessaire de garder le secret au sujet de son Altesse, j’autorise même quelques habitans à venir lui présenter leur hommage, (a Cognocoii.) Tu peux te retirer.
Comment , est-ce qu’il nc sera pas. . . avec moi ?
COGNOCOLI, a Mastrillo.
Monseigneur, ce serait certainement avec beaucoup de plaisir...
MASTRILLO.
Va donc ! va donc ! Monseigneur , et dis à Juanitta que je l’aime toujours.
COGNOCOLI.
Son Altesse nous fait trop d’honneur.
(Il salue profondément Mastrillo etsort avec le major.)
COGNOCOLI.
Vous comprenez bien que je n’affirme pas ; je dis ce qu’ils disent parmi la populace, moi je n’en crois rien, et cependant j’ai vu...
PAZZI
Tu as vu?
COGNOCOLI.
Le baudrier , avec un L couronué et brodé en or... Mais c'est peut-être l’effet du hasard; un jeu bizarre de la nature.
PAZZI
Est-ce tout ?
COGNOCOLI.
Non: le plus drôle, c’est que... permettezmoi de rire, le plus drôle , c’est que les habitans du pays, disent tous maintenant, que ce jeune malotru , ce gardeur de liesliaux que vous venez d’arrêter comme espion , or qui sera pendu , est