‹ Le prince d'un jour vaudeville en un acteChapitre 17 sur 26 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

cognocoli , tremblant. ^ le Prince lui-même qui s’est travesti... permettez-

Je vous Jure , général , que je n'étais la que par curiosité... simple curiosité...

MASTR1LI.O.

Ah î a-t-y peur !

COGNOCOLLI , il Mastrillo.

Dites donc, vous! je voudrais bien vous y voir!

MASTRILLO.

Vous m’v verrez aussi, nous serons pendus tous deux de compagnie.

cog.nocolï.

Vraiment! c'est ce qui vous trompe, jeune marmouset ; car , je vais tout dire : sachez donc, mon général...

PAZZI

Plus bas! (Cognocol! parle très bas.) Plus haut. cog.nocolï, a demi-voix.

D’abord , tout ça , voyez-vous , c'est des bêtises: vous savez déjà sans doute, illustre guerrier, que depuis quelques jours , le bruit s’était répandu que le (ils du grand-duc , Pierre de Médias, était vaguant à travers les monts et les vaux de ce pays.

MASTRILLO, désignant Cognocoli.

Oui , caponne ! caponnc !

cog.nocolï , sc tournant vers Mastrillo.

Plein!

pazzi , à Cognocoii.

Eh bien ! faites-le taire ! (A Mastrillo.) Espion!

MASTRILLO.

Poltron !

Mangeur de fromage!

PAZZI

Fn finiras-tu . à la fin?

COGNOCOLI.

Voilà ! voilà ! Donc... je ne sais plus où j’en étais, donc...

MASTRILLO.

Nous serons pendus.

COGNOCOLI.

Je vous en prie, faites-lc taire 11 dit des choses qui troublent. (Reprenant.) Donc... on vient de trouver dans une grotte, ici prés, la grotte de Saint-Joseph , sous un amas de feuillages , de riches vètemeiLS , tout dorés , à l'usage de notre sexe, dont un baudrier portant le chiffre du prince Lorcnzo.

PAZZI , réfléchissant.

Diable !

moi de rire de nouveau.

M ASTRILLO , tandis que le major l’cxamiuc avec attention.

Quand 11 m'aura assez regardé, monsieur Moustache.

PAZZI , à part.

Eh mais!., ce serait un moyen! (nas a Cogno* coli.) nc ris pas tant, car c’est effectivement le prince Lorenzo que je tiens en ma puissance.

COGNOCOLI , Stupéfait.

Bah!

LK MAJOR, h l'axzi.

Serait-il vrai ?

pazzi , bas au major.

Nullement , et c’est dommage ; mais à la guerre aucune ruse n’està dédaigner ; à défaut de forces suffisantes , le seul mo> en d’imposer à l’esprit de révolte qui règne ici , c’est de laisser croire aux rebelles que la vie de leur prince dépend de leur soumission; vous comprenez bien, que dans notrejposition difficile. (Ilss’éloigncntcnparlantbas.)

COGNOCOLI , il part.

Comment, c’est là le Prince? c’est le prince Lorenzo en personne , qui m’a fait l'honneur de manger mou fromage ! ça en fait un de plus à mettre sur mon mémoire !

MASTRILLO.

Ah! ça, à quelle heure est-ce qu’on pend ici?

COGNOCOLI , à part.

Est-U pressé ! je t’en fiche ! plus souvent qu’on te pendra , toi !

pazzi , au major.

Vous m’avez entendu, il n’est plus nécessaire de garder le secret au sujet de son Altesse, j’autorise même quelques habitans à venir lui présenter leur hommage, (a Cognocoii.) Tu peux te retirer.

Comment , est-ce qu’il nc sera pas. . . avec moi ?

COGNOCOLI, a Mastrillo.

Monseigneur, ce serait certainement avec beaucoup de plaisir...

MASTRILLO.

Va donc ! va donc ! Monseigneur , et dis à Juanitta que je l’aime toujours.

COGNOCOLI.

Son Altesse nous fait trop d’honneur.

(Il salue profondément Mastrillo etsort avec le major.)

COGNOCOLI.

Vous comprenez bien que je n’affirme pas ; je dis ce qu’ils disent parmi la populace, moi je n’en crois rien, et cependant j’ai vu...

PAZZI

Tu as vu?

COGNOCOLI.

Le baudrier , avec un L couronué et brodé en or... Mais c'est peut-être l’effet du hasard; un jeu bizarre de la nature.

PAZZI

Est-ce tout ?

COGNOCOLI.

Non: le plus drôle, c’est que... permettezmoi de rire, le plus drôle , c’est que les habitans du pays, disent tous maintenant, que ce jeune malotru , ce gardeur de liesliaux que vous venez d’arrêter comme espion , or qui sera pendu , est

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