SCÈNE XVII
JUANITTA.
C'est mou nom.
T l’inconnu.
Alors, je puis 'me fier à vous, car je sais de bonne part que vous êtes aussi compatissante que jolie.
JUAN ITT A.
Vous êtes bien bon... mais qui vous a dit ?
l’inconnu.
Un jeune garçon qui vous aime.
JUANITTA.
Comment ! le prince.
l’inconnu.
Quel prince ? non , Mastrillo.
JUANITTA.
Mais ce prétendu Mastrillo , c’est le fils du grand-duc, monsieur! une vraie altesse ! et les Napolitains l'ont même fait prisonnier à cause de son état, et ils l'emmènent bien loin!.. Ce que c’est que de se laisser aimer sans prendre de renseignemens!... ça ne m’arrivera plus à l'avenir !
l’inconnu.
Quoi! cette rumeur dans le village ?
JUANITTA.
Tout ça, à cause de l'arrestation du prince ! l’inconnu.
Je vous réponds, moi, que le prince Lorenzo n’est point arrêté.
JUANITTA.
Et moi , je vous dis que si ! Je le sais bien peut-être, puisque je l’ai vu prendre! là, dans le buffet, où je l'avais mis sans façon parce que je le croyais tout bonnement un amoureux !
l’inconnu.
Croyez-moi, Juanitta, Mastrillo n’est tout simplement qu’un brave et honnête garçon qui ne sait que vous aimer et rendre service à de pauvres voyageurs en danger.
JUANITTA.
Mais puisqu’il n’a pas démenti les Napolitains et qu'il m’a donné sa main à baiser, quand nous l'avons appelé monseigneur, l’inconnu.
Peut-être par un dévouement que je crois comprendre, aura t-il voulu prendre la place d’un fugitif, qui vient encore de courir grand risque d’être arrêté.
JUANITTA.
Comment ! ça ne serait pas le prince ! mais qu’est-ce donc, à la fin, que ce M. Mastrillo ! il dit lui , qu’il est pitre, et on l’aime malgré ça ; les autres disent que c’est un espion, et on veut le pendre ; puis on l'appelle tout-à-coup : Mon Prince! et il faut lui baiser la main...
l’inconnu.
On accourt de ce côté ! dites-moi quel chemin faut-il prendre pour trouver la grotte de Saint-Joseph.
JUANITTA.
Par là !... en tournant à gauche. Mais c’est donc vous qui étiez, hier soir, avec Mastrillo... l’inconnu.
On vient ! Adieu ! (il sorL)