TOI S
Qu'cst-ce donc?
COGNOCOLI.
Ce n’est rien... c'est mon futur beau père.
BATTIOLI.
L’imbécUle !
COGNOCOLI.
Je n'ai pas dit ça.
BATTIOLI, aux autres.
Ne craignez rien... nous sommes en sûreté ici, plus même que chez moi ; car ma fille Juanitta vient de s’éveiller, et elle pourrait nous entendre.
COGNOCOLI.
Elle vient de s'éveiller! elle est bienheureuse! ça prouve qu’elle a dormi, au beu de passer la nuit à conspirer... comme nous.
(11 sc laisse aller au sommeil.)
PERALDI , aux autres.
Vous m’avez bien entendu, n’est-ce pas? L'insurrection est déjà organisée secrètement dans tous nos villages; des armes sont déposées en lieu sûr. Ponte-Calvo ne peut rester en arrière de ce grand mouvement. La cause de notre ancien duc, Pierre de Médicis, dont depuis cinq ans, nous pleurons l’absence, est toujours la nôtre.
TOUS, excepté Cognocoli.
Oui, oui.
PERALDI
Le moment est favorable pour frapper un grand coup ; car la flotte Française qui a paru à l’em- ! bouchure de l’Arno pour combattre avec nous, vient d’obliger le général Pazzi à réunir toutes ; ses forces sur nos côtes... les Napolitains ne sont plus qu’en petit nombre chez nous, et le redoublement sévérité de leur général nous prouve combien il est embarrassé pour maintenir ceux qu’il appelle les rebelles de l’intérieur... Vous le voyez, mes amis, il suffira d’un généreux élan en i faveur de la lionne cause, pour triompher de nos oppresseurs.
cognocoli, réveillé en sursaut.
Plaît-il?
PEnALDI, à Cognocoli.
Mais éteignez donc celte lumière ! elle peut nous compromettre.
cognocoli.
Mais éteignez donc cette... Ah! c’est à moi qu’il parle ! (A part,) 11 paraît qu’il ne faut pas conspirer 5 la chandelle, c’est dangereux, (il souffle sa lumière.) Dieu ! quel métier, que celui de conspirateur!., j’en dors debout !
tous.
Qu’est-cc donc?
PERALDI
Le fils de Pierre de Médicis, le jeune prince Lorenzo qui était à bord de la flotte, emporté par la fougue de son tige, a voulu toucher terre pour revoir cette patrie dont il est exilé depuis si longtemps; mais lorsqu'il voulut regagner la flotte, il paraît que ce maudit Pazzi et scs Napolitains lui coupèrcut la retraite.
TOUS
Grand dieu !
COGNOCOLI, d’un ton très calme.
Grand dieu !
PERALDI
El l’on assure qu’en ce moment le prince est dans nos Appenins.
BATTIOLI.
Si les Napolitains s’emparent de son auguste personne, adieu notre espoir ! nos projets !
COGNOCOLI.
Il a raison, le beau-père; nous n’avons plus qu’à rester chez nous, nous n’avons plus qu'à aller... nous coucher.
PERALDL
C’est un Florentin qui ose parler ainsi ?..
Vous nous aviez répondu de lui, Battioli.
Un instant! un instant! entendons-nous...
Certainement, je suis Florentin ! oh ! dieu ! la preuve, c'est que je suis né à Florence, quartier du Saint-Esprit : mais je suis aussi un homme établi, fabricant de fromage de père en fils... et puis je vais me marier avec Juanitta, la fille de mon futur beau-père... et puis, j’ai mal dormi...
BATTIOLI.
Mais Cognocoli...
COGNOCOLI.
N 'interrompez pas. Oui, je suis pour le grandduc. Pierre de Médicis... je l’aime, cet homme ; car il me doit de l’argent, cet excellent prince!.. En six mois qu'il a régné sur la Toscane, il a fait des dettes chez tous ses sujets, et ça attache, on a beau dire. Je lui suis donc attaché pour cent dix-sept fromages ours de quatre livres chacun, ce qui fait quatre cent soixante-huit livres, à quinze sols la livre, trois cent cinquante et une livres avec les intérêts de cinq ans, quatre cent trente-neuf livres ou cent quarante-six écus, plus une livre tournois ; mais il me paiera, je ne suis pas inquiet... Je compte sur lui, il peut compter moi... je suis Florentin ! (Murmures.)
PERALDI
Ii suffît, nous savons à quoi nous en tenir.
Mais dame !..
PF.RM.ni , bas aux autres.
Quant à nous, il faut que chacun songea la patrie et à notre prince fugitif.
cognocoli , a part.
Est-ce qu 11 leur communique le huitième secret de la plus haute importance ?
PERALDI, continuant.
En battant les chemins des montagnes, peutêtre serons-nous assez heureux pour le découvrir et le sauver.
BATTIOLI.
Ne tardons pas,; le jour est venu...
TOUS
En avant!
PERALDI
Au : Aux bord* bcumii do Oingr.
Ayons bonne espérance.
TOCS.
Ayons bonne espérance.
PERALDI
Prenons , dès ce moment ,
TOCS.
Prenons , dès ce moment ,
PERALDI
Médlcis et Florence TOCS.
Médids et Florence PERALDI.
Pour cri de ralliement !
TOCS.
Pour cri de ralliement !
(Tou* H! retirent* l'nccfllion «1r Cnf mveoli , à qui iIiiküh jcllt un trfini d» mépri» eu fortuit.)