SCÈNE V
JUANITTA, MASTRILLO.
MASTRILLO, Il part.
La voilà ! il n’y a personne! (H s’approche de «<3>. Juanitta et l’embrasse.)
LE PRINCE D’UN JOUR
juamtta, effrayée.
Eh! mon Dieu! qu'est-ce encore?
MASTRILLO.
C'esi moi... Mastrillo!
JUAMTTA.
Comment , mauvais sujet , vous avez l'audare de revenir ici après la lettre que je vous ai écrite?
Justement.
JUAMTTA,
Mais ces coups de feu (pie je viens d'entendre?
MASTRILI.O.
Comme la lettre, c était pour moi aussi.
JUAMTTA.
Ciel ! n'ëtes-vous pas blessé !
MASTRILLO.
Non, mon adversaire visait à hauteur «l'homme, ça m'a passé pardessus la tête.
JUAMTTA.
Vous exposer ainsi? Ou’aviez-vous donc fait?
Encore quelque mauvais coup ?
m vs nui. i.o.
Au contraire. 11 faut d'abord que je te dise qu'hier soir j’ai reçu du monde... oui, j’ai donné à coucher : tu sais bien la grotte du rocher de Saint-Joseph , où maintenant je dors si bien la nuit, afin de Ire plutôt près de toi quand vient le jour; eh bien! quand j’y suis rentré hier, il y avait quelqu'un qui m’attendait... ou plutôt qui ne m'attendait pas ; car nous nous sommes fait une peur tous les deux ! C'était un étranger qui cherchait un gîte.
JCAMTTA.
Un étranger, bien stlr?
XI ASTRII.I.O.
Oh ! vrai ! c'était un homme ! un homme de mon sexe. Je lui ai cédé une place sur mon lit de feuilles sèches; il m'a prêté la moitié de son manteau pour me couvrir, donnant donnant, et nous avons dormi comme deux compères.
Jl A N ITT A.
Jusqu'à présent il n'y a pas de mal.
MASTRll.1.0.
Je crois bien. Enfin, ce matin, je lui faisais poliment la conduite , lorsque, non loin du passage de la chaîne , tu sais, la gorge de montagnes qui est là-bas... des patrouilles de Napolitains se montrent tout-à-coup ; heureusement , il y avait un torrent entre elles et nous, car, mon jeune homme, à ce qu’il parait, n’aime guère les Napolitains... ni moi non plus... il me dit : Je suis perdu ! Alors , sauvez-vous ! que je lui réponds. Aussitôt je lui fais prendre un sentier entre les bruyères, moi, pour mieux assurer sa retraite, je prends une autre route , et je reviens par ici en attirant sur moi seul l'attention de ces vilains Napolitains; enfin, comme je me rapprochais de cette maison , un autre Ostrogotb , qui se trouvait là en sentinelle, nie crie : Oui vive? Je pensais trop à toi pour songer à lui répondre...
JUAMTTA.
Imprudent!
MASTRILLO.
U m'ajuste... pif! paf! je lui réponds : pan! pan! Nous nous manquons tous les deux, et la conversation finit là.
s®» JUAMTTA.
Mais il pouvait vous tuer!
Bah ! qu’est-ce ça fait !
Ara Ki • fin. j’trri**- il»me ceilr dam *ill* imwiiM, .Pie aui C.lrrf».
1 Je sais grimper, courir, enfant de rcs montagnes. Que craindrais je, en ce jour ? Il est pour moi si beau ! Espérance et galté, mes fidèles compagnes ,
Ont protégé ton Mastrillo 1 Ma gentille amie.
Ali! pour le revoir.
Exposer ma vie,
C’était mon devoir!
Bravant leur poursuite.
C’était une loi,
!>e prendre la fuite ;
Moi j'ai fui vers toi.
Ma gentille amie.
Ah I pour le revoir ,
Exposer ma vie,
C’était mon devoir!
JUAMTTA.
Mais, monsieur, deviez-vous songer à me revoir, après ce que je vous avais écrit !
MASTRILLO.
Comment! que m’aviez vous donc écrit, ma- , demoiselle?
JUAMTTA.
Il n'a pas même lu ma lettre !
MASTRILLO.
Dam !.. quand on ne sait pas lire,
JUAMTTA.
Vous ne savez pas lire ?.. alors rendez-moi : cette lettre , clic peut inc compromettre...
MASTRILLO. .
Te compromettre?
JUAMTTA.
Oui, monsieur, et puisqu’elle vous est inutile...
MASTRILLO.
Non pas ! je la lirai plus tard , tu me donneras des leçons... Tiens pour te prouver que j’ai des dispositions, je vais te dire ce que j'ai cru voir sur cette lettre. (Feignant de lire.) « Mon cher petit Maslrillo...
JUAMTTA.
Il y a M. Mastrillo.
MASTRILLO.
i II y a ça ?.. J'aime mieux mon style. ( Feignant de lire.) «Viens bien vite.»
JUAMTTA, lisant.
I « 11 faut cesser de nous voir ; mon père a disj posé de ma main, et je crains, pour nous deux, sa colère ; si vous m'aimez, vous me fuirez pour toujours. »
MASTLILI.0.
Ta, ta, ta! il me fait pas peur, votre père! et si vous lui aviez dit qui je suis !
JUAMTTA.
Est-ce que je le sais, moi.
MASTRILLO.
Je suis un honnête garçon, entendez-vous, un peu entêté, un peu gourmand , un peu mau- ’ vaisc tête, c’est vrai...
JUAMTTA.
» Mais il ne s’agit pas de tout ça ; mais de votre fortune, de votre fomillc...