‹ Le Prince de ByzanceChapitre 119 sur 124 · REFUS DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE · texte numérisé non relu

REFUS DE LA COMÉDIE-FRANÇAISE

A été refusé, au théâtre national de la Comédie-Française le 27 mai 1891, par M. Jules Claretie.

Cher Monsieur,

Je ne vous conseille point de présenter officiellement le Prince de Byzance aux lecteurs de la Comédie.

Ils vous diraient, après moi, que votre drame romanesque ne serait certainement pas reçu par le Comité.

« C'est mon Bienzi, m'avez-vous dit quand vous me l'avez apporté, mon Bienzi en attendant mon Lohengrin.

Eh bien, dans un drame, toute la musique du monde ne peut remplacer l'action, une action claire, précise, nettement définie.

La forme, quelque précieuse qu'elle soit (précieuse dans le bon sens) ne donne pas la vie aux êtres que le public doit et veut comprendre. Le lyrisme de vos personnages ne remplace pas l'humanité, qui, sur les planches^ est la grande et peut-être la seule vertu.

Je ne méconnais pas l'ceuA're d'art que vous m'avez fait lire, mais je ne crois guère à la possibilité de la représentation du Prince de Byzance sur un autre théâtre que celui que pourrait diriger quelque roi de Bavière.

En France, l'art dramatique ne chevauche pas encore sur un cygne.

Et maintenant, allez-vous encore me trouver le mieux bienveillant des écrivains? Je crains que non. Mais je suis, de vos lecteurs, le plus attentif et le plus curieux, un des plus dévoués aussi, et je reste cordialement à vous.

Jules Claretie.

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