‹ Le Prince de ByzanceChapitre 52 sur 124 · LA PR0MÉTHÉ1DÈ · texte numérisé non relu

LA PR0MÉTHÉ1DÈ

Réfléchis, maladroit, jeune étourdi, médite I

Voici le fils de Zeus et voilà son courrier t

Serais-je donc subtil, si je ne voyais pas

que mon salut est imminent, fatal?

Va dire au Dieu qui ne sait pas se repentir

que Prométhée a retrouvé des forces et peut souffrir encor !

HERMÈS

Insensé, tu refuses la délivrance ?

PROMÉTHÉE

Le juste repousse la clémence.

Prisonnier pour une heure à peine,

je ne donnerai pas ce dernier moment de gibet

pour le trône de Zeus !

HERMÈS

Qu'espères-tu ?

J'attends le repentir de Zeus et la tenaille d'Héphaisto.

HERMÈS

0 folie indicible f

PROMÉTHÉE

Mille ans, j'ai attendu justice ;

je me démentirais pour un dernier moment !

M'a-t-on jamais vu faible, femme, tremblant,

tendre vers l'Empyrée de suppliantes mains ?

Prométhée ne veut pas s'évader du supplice

Celui qui l'édicta, va se délire :

celui qui me lia, viendra me délier*

128 THÉÂTRE DE LA ROSE f CROIX

HERMÈS

Titans, qu'on le délivre par la force, Zeus le veut !

LE CHOEUR

Pour avoir méprisé l'avis de Prométhée

nous sommes tombés dans PHadès :

aujourd'hui, nous respectons sa défense, car il sait l'avenir.

HERMÈS Abandonnez ce fou du moins ; qu'il reste seul, l'opiniâtre !

LE CHOEUR

Donne un conseil plus généreux, si tu veux nous voir obéir et ne réclame pas une infamie; nous haïssons les lâchetés Auprès de lui, très longtemps, nous resterons!

Suis-moi, Héraklès, ton départ le- fera réfléchir;

il sait que si tu quittes le Caucase, son espoir est perdu I

HÉRAKLÈS

Je ne suis qu'un mortel, un héros d'équité,

tueur de monstres ; je protège le faible, le souffrant ;

je détruis le méchant, je poursuis le pervers.

Ainsi sous la haine d'Héra, je marche à l'immortalité.

Je nJentends rien aux arguties que tu prononces.

Prométhée refuse mon bras, mais il accepte la compagnie de ma pitié.

Va dire au Père qu'il ne s'étonne pas,

si l'infamie pullule,

si les mauvais foisonnent,

si on voit l'innocence opprimée et le bon droit partout vaincu.

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