‹ Le Prince de ByzanceChapitre 97 sur 124 · SCÈNE III TONIO et CAVALCANTI · texte numérisé non relu

SCÈNE III TONIO et CAVALCANTI

TONIO (rêvant).

Femme méchante, je vous tuerai avec le coup de Cavalcanti.

CAVALCANTI

Votre sommeil se hante de fantômes, fils du Réel.

Impardonnable, j'ai dormi ; c'est le milieu du jour.

CAVALCANTI Le soleil, comme une hostie de sang décline vers la mer.

TONIO Je pourrai, cette nuit, poser ma tête sur votre épaule !

CAVALCANTI Triste oreiller, l'épaule d'un vaincu!

OTNIO Ou d'un vainqueur et lors, adorable coussin !

CAVALCANTI

La lune éclairera ce soir le dénouement de votre courte aventure, dernier Tarras ! Frédéric marche sur nous, la Giovanna l'accompagne.

TONIO

O l'exécrable, j'irai percer son lâche cœur au milieu

des cuirasses !

CAVALCANTI

Vous êtes le drapeau et le drapeau ne se bat pas ; vous prierez les anges vos frères : leur aide seule vous sauverait.

TONIO Si vous étiez blessé, si vous étiez

CAVALCANTI Blessé, mourant même, je rapporterai le drapeau.

TONIO

Oh ! pour être guerrier, il ne faut pas d'amour au cœur. Dieu me punit d'avoir aimé, sans les connaître, l'aventure et la lutte. Je rêvais un saint George, invulnérable et invincible ! Gavalcanti, seriez- vous aussi prudent qu'Ulysse aussi brave qu'Hector, Agamemnon, Achille, et Judas Macchabée! ma couronne est perdue. Obtenez la" merci Oour votre bande qui fut fidèle ; et disparaissent le prince

102 THÉÂTRE DE LA ROSE f CROIX

poursuivi et le connétable vaincu, pour faire place à Tonio heureux avec son frère George.

CAVALCANTI

Le devoir de son droit, oblige un prince à ne jeter son épée que brisée ; la bataille prochaine c'est un péage a la postérité.

TONIO L'histoire ! l'écrire, c'est la faire; vous l'écrirez..

J» • A r ai rêve....

CAVALCANTI

Parfois le rêve est songe, alors il prophétise !

Page 1