SCENE VIIÏ THIBAUT, JEANNE ALIX
JEANNE ALIX
Ah! c'est vous que je cherchais, Thibaut, ou plutôt monsieur le Gouverneur. Pourriez-vous me dire c'cnie vous comptez faire d'ma nièce , sous tous ces bi inborions d'princesse dont on vient de l'atfubler? Si c'est pour amuser son altesse et toute sa compagnie, j'vous déclarons qu'ma Lise n'est pas faite pour ça... (/e toisant avec un sourire ironique.) Monseigneur a ben assez d'vous dans c' costurae-lk pour divartir son monde. «
THIBAUT
Vous trouvez ?
JEANNE ALIX
Certainement, pisqu'i m' fait rire moi-même, {reprenant tout-à-coup son sérieux) , quoiqu' j'n'en ayons guères envie,
THIBAUT
Je vois bien que vous ne vous ferez jamais à ma nouvelle grandeur ?
JEANNE ALIX
Çà va si mal à ceux qui n'y sont pas accoutumés .' te Prince en goguette. F
THIBAUT
Mais qu'ost-ce donc, bonne Alix, qui vous déplaît tant dans mes nouveaux habits? seraient-ce ces plumes qui flottent sur ma tète ? ( il aie sa loque. )
JEAINNE ALIX.
Eh bon ! t'nez , vous v'ih déjà mieux comm' çà.
THIB >UT.
Serait-ce ce collier dr pierreries ?(i7 l'ote également.^)
JF.ANISE ALIX.
Ail ! Thibaut, comme vous y i^aguez !
THIBAUT
Est-ce ce manteau? cette riche ceinture? {^il les ôle de même.)
JEANNE ALIX, sautanl de joie.
A la bonne heure! v'ià qu'i'vous r'connaissons du moins?
MUIBAUr.
Je suis donc maintenant à vos yeux...
JEANNK AI.IX.
Comme j'vous voulions j Thibaut , l' bon ménestrel Thibaut...
THIBAUT
Qui le redevient pour vous, et ne veut plus cesser de l'èlie.
JEANNE ALIX
Comment! vous m'feriez l'sacrifîce d'tout' ces grandeurs,
d'tout(;s ces richesses ! . . .
THIBAUT
Elles me quitteraient bientôt peut-être j il vaut mieux que ce soit moi qui les quitte.
JEANNE ALIX, avec joie et émotion.
Ah ! Thibaut, Thibaut ! j'n'avais pour vous que d'I'amouij mais c'que vous laites-là m'pénètre d'une estime, j 'dirais quasiment d'un respect....
THIBAUT, riant.
Qui diminueront un peu quand vous saurez...
JEANINE ALIX.
Qiioi donc?
THIBAUT, apri'S s cire assjirc que personne ne peut t entendre. Qui tout ceci n'était qu'un aéji,nisein{>nt.
JEANNE ALIX, c'icvunl lit VOix.
tn déguisement 1
THiBAiT, lui mettant la main sur la bouche. Chut ! (à dcnii-voix.) J'aïuais dii \ous le taire, mais j*
n'y liens plus. Sachez donc que j'oLéissais à des orJrcô supérieurs , et que dans tout ce que vous avez vu et enten— dvi , il n'y a de vrai que laniour de Thibaut pour la bonne Jeanne Alix.
JEANNE AUX
Cest-il ben sûr ?
THIBAUT
Eh! oui, vous dis-je, et notre mariage qui vOU5 sereblait impossible j est plus certain que jamais.
JKANNE ALIX.
Ah ! jarni , qu'çài fait d' bien !
THirAUT, lui présentant la Tuahi.
Toucliez-là, meunière !
JEANNE ALIX
Oui, Thibaut, et d'grand cœur...J' devrais pouitaut Lcn vousgr&nder, pour «n'avoir tourmentée d'ia sorte.
Vous en aurez tout le tems , quand nous serons raariOs.
JEAN%K ALIX
Laissez donc, j'aurons ben autre chose 9 faire.
THIBAUT
On vient: allons chercher votre nièce, eî!e m'est ri'ressaire pour achever les liantes fonctions cpii m'étaient confiées. JEANNE ALIX, runuissant In loque , le collier ^ le tnr, nie a il t ta
ceinture.
Mais en attendant j'emporte c'maudit attirail d'gouvoiT.cur,. de peur qu'il ne vous prenne euAie d'ie r'metUe encore.
(//s sortent bras-dessus , hi as- dessous , par le côte à fa (^>ruche du spectateur. )