‹ Le prince Eugène en 1814Chapitre 26 sur 51 · N° XXXV · texte numérisé non relu

N° XXXV

L'impératrice Joséphine au prince Eugène,

Malmaison, 9 février 1814,

Ne perds pas un instant, mon cher Eugène, quels que soient les obstacles, redouble d'efforts pour remplir Tordre que lEmpereur l'a donné. Il vient de m'écrire à ce sujet. Son intention est que tu te portes sur les Alpes, en laissant dans Mantoue, et les places d'Italie, seulement les troupes du royaume d'Italie; sa lettre finit par ces mots : « La France avant tout, la France a besoin de tous ses enfants ! »

Viens donc, mon cher fils, accours; jamais ton zèle n'aura mieux servi l'Empereur. Je puis t'assurer que chaque instant est précieux.

Je sais que ta femme se disposait à quitter Milan ; dismoi si je peux lui être utile? Adieu, mon cher Eugène, je n'ai que le temps de t'embrasser et de le répéter d'arriver

bien \ite.

Joséphine.

N» XXXVL Le prince Eugène à la princesse Auguste,

Voila, 10 février.

Deux mots seulement : nous avons eu encore aujourd'hui une petite affaire à notre avantage. L'ennemi qui avait pu conserver son pont de Vallegio en débouchait ce malin avec 10 ou 12,000 hommes. Je m'y portais aussi moi-niénip avec quelques bataillons. J ai fait aussitôt ap-

puyer deux divisions et nous avons obligé rennemi à repasser encore une fois le Mincio. Voici donc deux passages man(]ués par lui. Malgré tous ces avantages, je serai forcé sous peu à me porter vers Plaisance, surtout si le roi de Naples en approctie trop près.

Soigne ta santé, reste beaucoup couchée pour éviter une fausse couche.

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