N* XXXIII
Lettre dit roi de Bavière au prince Eugène.
Munich, le 11 arril 1814.
Mon bien aimé fils,
Jusqu'ici je n’ai pu qu’approuver, mon cher ami , la loyauté de voire conduite ; je dis plus, elle m’a rendu fier d’avoir nn tel fils. Actuellement que tout a changé de face, comme vous le verrez par l’imprimé ci-joint , vous pouvez quitter la partie sans vous déshonorer. Vous le devez a votre femme et à vos enfants.
Un courrier, qui m’est arrivé cette nuit, m'a apporté la nouvellequeMarmonta passé cheznousavecd.OOObommes d'infanterie , 2,000 chevaux , toute vieille troupe, et vingt pièces de canons. Les maréchaux ont forcé l'Empereur, qui esta Fontainebleau, d'abdiquer en lui déclaranlqueson armée ne voulait plus lui obéir. Il s’est décidé à condition que l'impératrice serait régente et le roi de Rome empereur ; Ney, Macdonall et Caulaincourt sont arrivés à Paris avec celle proposition au nom de l’armée. On attendait l’arrivée de l’empereur d’Autriche pour leur donner une réponse; elle sera je crois négative, vu qu’on s'est déjà trop prononcé pour les Bourbons.
Les alliés vous veulent tous du bien , mon cher Eugène, profitez de leur bonne volonté , et songez à votre famille.
Une plus longue retenue serait impardonnable.
Adieu, mon cher fils, je vous embrasse avec Auguste et vos enfants. La reine en fait autant
Votre bon père.
Mu. Joseph.
L'impératrice Joséphine est partie le 29 pour Navarre.