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Le prince impérial [microforme]

Ce siècle merveilleux est fertile en: courage, Il abonde en;purs dévonements, Et l'humanité sainte accoinplit son ouvrage + À. travers:les cinq continents.

Hier-encore on vit sur un lointain rivage Le jeune héritier des Césars,

Pressé de son grand nom, d’une guerre sauvagé .Gourir-les-terribles hezards.

Loin des rives de France, aux confins de l’Afrique, Honteux de son oisiveté,

Le dernier héritier d’une race homérique Va chercher l’immortalité.

Le prince impérial sur uné rive obscure Succombe en soldat valenreux ;

Ainsi, dans sa pitié, l’Etre Eternel mesure La gloire aux princes malheureux !

Oh ! que ce, sang versé pour l'avenir féconde Le vaste désert africain !

Que ce noble trépas serve d'exemple au monde Monarchique ou républicain !

Que la grande leçon d’un courage héroïque Enflamme tous lies fils de rois !

Que les princes rêvant le retour monarthique Se rendent dignes de leurs droits !

Ce fils de l’empereur-est ton nette Ô France, Il te rappelle de grands jours.

L’ Europe dineiinent frémissante, en silence, An roulement de tes tambours,

Fils des Napoléons, la superbe auréole Qui plane sur leurs larges fronts,

{l la voulait sans tache, et pour tenir parole Au dernier des Napoléons,

Il allait loin du sol qui nourrit son enfance Combattre pour l'humanité

Et faisant à lui seul ce que faisait la France, Aux jours de sa virilité !

Tu laisses, noble enfant, pour déplorer ta perte,

La patrie et ta mère en deuil ;

Et le parti puissant que ta mort déconcerte Tombe avec toi dans le cercueil.

Tu n'as pas remué d'une main souveraine Un pouple indocile ou soumis,

Ni rencontré, vainqueur, au milieu de l’arène, Les plus superbes ennemis,

Tu n’as pas eu le temps de démontrer au monde, Attentif au bruit de ton nom,

Tout ce que peut encor, pour une œuvre féconde, Le glaive d’un Napoléon !

0 prince, tu n’as fait que passer dans la vie ; À peine sorti du repos

Tu meurs en combattant, et ton nère t'envie | Cette fin digne d’un héros ! à

O noble mort ! Ainsi la rêvait glorieuse Le premier des Napoléons !

Ainsi la cherchait-il dans sa course orgueilleuse A travers mille nations !

Oui, l'oncle et le neveu, fatale destinée !

O néant des calculs humains !

L’ont invoquée en vain cette mort obstinée, Eux qui la tenaient dans leurs mains !

Leurs enfants malheureux nés dans des jours de gloire Dorment sous un sol étranger,

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Exemples inouis des leçons de l’histoire,

Dupes d’un rêve mensonger.

Tous deux, fils de l’empire, héritiers d’un grand ‘ ône Fondé sur vingt peuples Civers,

Meurent sans avoir ceint la pesante couronne

Qui faisait ployer l’univers.

Quand le duc de Reischtadt par l’astuce autrichienne Meurt lentement empoisonné,

Le jeune prince au moins sur la rive africaine Tombe de gloire couronné.

Salut Ô noble enfant d’une race immortelle, Digne des héros d'autrefois,

La France sans pitié te refusera t-elle La sépulture de ses rois ?

Ta dépouille est à tous ; elle appartient au monde Heureux de s'en glorifier.

C'est pour l'humanité que ton sang pur féconde Un rivage inhospitalier.

Salut, flère Albion ! Comment pourrions-nous taire Notre gratitude aux anglais Quand on voit recueillis par la vieille Angleterre : Les débris d’un trône français !

Merci, peuple géant, ennemi redoutable Du premier des Napoléons,

Qui protéges ses fils dont la mort lamentable A fait gémir tes vieux canons !

Il est beau, quand la France en ses luttes acerbes | Jette l'oubli sur leurs tombeaux, |

De voir sur leurs cercueils tes légions superbes Incliner leurs nobles drapeaux !

Il est beau de te voir protéger l’infortune, Abriter sous ton ciel brumeux

Tous ces nobles proscrits qu’une gloire importune Rend aujourd’hui si malheureux !

En protégeant si bien une gloire éclipsée, Terre de l’hospitalité,

Une tache à ton front est soudain effacée, Et Ste, Hélène est racheté !

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Etrange retour de l’histoire !

Le jeune prince va périr

Près de l’île où, chargé de gloire, Son grand oncls est venu mourir, Où, prisonnier de l’Angleterre, Sur une plage solitaire

Perdue au sein de l’océan, 2

‘D'un fils du nouveau Prométhée

On mettrait le fils et le père

… Fait courber le lion radouci.

. Regarde avec. indifférence

Il pleurait l'empire du monde, Pansant la blessure profonde Faite à son orgueil de géant.

Es Li dans ses nuits d’insomnie, Lassé do se ressouvenir,

Il plongeait, radieux génie,

Son grand regard dans l'avenir, Eut-il pu prévoir, le grand homme, Que le jeune prince qu’on nomme L’héritier de son. vaste nom Mettrait, à l’étrange mystère !

Au service de l’ Angleterre

Le glaive d’un Napoléon !

Que le fier drapeau britannique, Avant soixante ans accomplis, Retour de fortune ironique !

Ferait flotter ses larges plis

Sur la dépouille ensañglantée

Et qu’au bruit d’un salut royal Sous le gazon de l’ Angleterre

Privés du sceptre impérial !

L’Angleicrre plus généreuse Qu’au temps des combats sans merci Devant la femme malheureuse

Le grand peuple anglais se découvre Devant un prince. enfant du Louvre, Héritier de Napoléon,

Tandis que la France, sa mère, Oubliant les jours de Brumaire,

Lu: refuse le Panthéon.

La France, hélas:! la grande France, La France des jours immortels

D'un héros les restes. mortels !

Elle refuse un coin de terre Pour y loger catte poussière Dont l'Anglais se montre jaloux Et l'univers dans la balance Pesant cet oubli de la France Absout le crime des Zoulous !

Reine gigantesque du monde, |

Fisuvé roulant à flot pressé,

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merci

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Toujours la liberté se fonde

Sur qheare débris du passé.

Lorsque l'audace britannique Jusqu’aux profondeurs de l’Afrique Fait reluire l’humanité

Hélas pour sceller la victoire, Nouvelle leçon de l’histoire, L'espoir d’un trône est emporté !

Devant cette noble poussière

Fais courber tes fiers fantassins.

C’est par toi, superbe Angleterre, Que le ciel poursuit ses desseins.

Sous tes coups le À dr empire S’est vu crouler, Ô chûte pire Que la déroute des Titans !

C'est toi qui viens de mettre en terre

L'espoir d’une couronne altière Avec un prince de vingt ans |

Poursuis ton œuvre magnanime, Mais pleure les princes tombés ; Entoure d’un reflet sublime

Les fronts par le malheur courbés, Dans ta force sois genéreuse,

Et lorsque le tombeau se creuse Pour l'héritier d’un noble nom,

: Devançant l'arrêt de l’histoire,

Tu peux, sans craindre pour ta gloire,

Saluer un Napoléon !

Ainsi de sa main souveraine

Dieu dirige tout ici-bas.

S'il est Dieu de la paix sereine, : .

Il est aussi Dieu des combats.

Pour que ses desseins s’accomplissent Il faut que des peuples surgissent

A côté d’un trône emporté,

Ce n’est qu'à travers des décombres De rois et de peuples sans nombres Qu'il fait marcher l'humanité !

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