‹ Le printempsChapitre 6 sur 14 · RONDEAU · texte numérisé non relu

RONDEAU

Quand on a dix-sept ans, de son aile rapide Le temps ne cherche point à voilermos beaux jours. La jeunesse attrayante est une onde limpide Où viennent se mirer les candides amours Dont le léger essaim de tendresse est avide.

On ne sait pas encor ce que c'est qu'une ride, Comme un lis chaste et fier où la rosée humide Garde les feux du ciel, on brille sans atours, Quand on a dix-sept ans.

On pense, en possédant la croyance pour guide, Que les rêves du cœur doivent durer toujours; Sans craindre de l'oubli le fantôme livide, Du fleuve de la vie on suit alors le cours, N'ayant devant les yeux qu'un horizon splendide. Quand on a dix-sept ans !

Epars et cherchant leur pâture, Sans un chien pour les protéger.

Les doux moutons errent à l'aventure.

Où donc est allé le berger?

Le calme et riant paysage Offre aux regards un frais tableau Dont le poète aime le calme ombrage, Et que peignait si bien Watteau.

Œuvres poétiques

Une bergère fraîche et blonde,

Tout en exhalant ses douleurs,

Tente de voir dans le cristal de Tonde

Son visage emperlé de pleurs.

— C'est dans ces lieux à ma tendresse Qu'hier, dit-elle, il s'est lié ; Hélas! déjà, près d'une autre maîtresse, L'aurait-il si vite oublié ?

C'est là, dans ce pré qui verdoie Et que borde un discret bosquet, D'un air touchant qu'il me combla de joie, En m* offrant ce joli bouquet.

Dès l'aube, ici, j'ai su me rendre,

Répète-t-elle en délirant, Et vainement il m'y laisse l'attendre

Lorsque le jour est expirant.

Petit dieu qui portes des ailes, Vole me chercher mon vainqueur ; Fais qu'il revienne à mes amours fidèles, Pour que j'expire sur son cœurl

du Mis Eugène de Lonlay 19

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