‹ Le Prisme encyclopédie morale du dixneuvième siècleChapitre 45 sur 120 · UN PATRIOTE PROVENÇAL · texte numérisé non relu

UN PATRIOTE PROVENÇAL

Jure , et bat «on cheval , sa femme et ses enfant* , A ses mots de terroir et sa langue indigène ; Il parle le français comme on le parle à Gène , Et vous dit dix écus pour dire trente panes

Mais cet homme est un nomme , et sitôt qu'il a l'âge , Il tient sa place a table et chante son couplet ; Il dérobe à vingt ans la fille qui lui plaît , Et la ramène après devant tout le village.

Quand il ne sait pas lire, on lui lit le journal , Et quand il n'entend pas le nom de LaFayette , Il fait claquer sa langue en remuant la tête , Et dit : Paris , Paris , les affaires vont mal !

Et s'il voyait passer un allié , Dieu garde ! Un officier anglais qui vient de Waterlo , Cn Cosaque stupide à la face camarde , I) ne ferait qu'un bond pour le jeter à l'eau ;

Car tes bras sur sa bêche , au delà de la plaine . Il n'a vu que deux fois passer Napoléon , Quand l'empereur n'eut plus que le non de Toulon . Et deux mers , l'Ile d'Elbe et l'Ile Sainte-Hélène.

Et si vous lui disiez qu'au chemin d'Avignon Cinquante Marseillais, avec des carabines Et des sabres rouillé» pendus a leur poitrine , Vont — on ne sait pas où, pour— on ne sait quel nom :

Avec sa haine russe , avec sa haine anglaise , Il prendrait son fusil , de la poudre et du plomb.. Pour aller ? - pour aller venger Napoléon...

Et , comme un Marseillais , chanter la Marseillaise.

Adolpub Di mas.

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