II. — LE PASSAGE DE LA LIGNE
oLLBMEJjT bercée par les vents alizés, la frégate l'Jràthuse vogue sous le ciel pommelé des tropiques : escortée par des troupes chasseresses de dorades, de coryphènes argentés, et de noirs dauphins , elle glisse a travers les baudes fugitives des poissons volants, elle s'avance magnifique et gracieuse, comme une jeune reine parée des plus riches atours. Ses nappes de toile blanche , semblables à l'étoffe ouvrée dont se coiffaient les duchesses de Bourgogne , descendent de la tète des mats jusqu'au niveau de l'Océan , et se développent sans faire un pli , bien en dehors de ses hanches arrondies. En termes marins, elle porte basses voiles , huniers , perroquets , catacois , papillons, focs, brigantine et bonnettes haut et bas. La brise caresse amoureusement ces diverses surfaces, carrées, trapéziformes, triangulaires, fixées à des vergues, ou suspendues à des cordages, retenues par des anneaux coulants ou par des nœuds inflexibles. La mer clapoteuse scintille aux rayons empourprés du soleil couchant, la température baisse et tiédit: il est doux de monter sur le pont pour respirer un air plus frais, car l'intérieur de la frégate est encore brûlant ; la cale surtout ressemble à une fournaise; et cependant c'est dans la cale, chez Pluton le contre-maître , que se tiendra ce soir le grand conseil des dieux. Les habitants de l'Olympe abandonnent les régions éthérées pour rendre visite aux puissances infernales; les trois chefs de hune et celui du beaupré , le patron de la chaloupe, Flafla le fifre, Alexis le Parisien , et quelques autres divinités du second ordre descendent au fond du Tartare: il s'agit d'une importante délibération.
Quand tous les membres de l'assemblée sont au complet, que l'on s'est assis en rond au-dessous du grand panneau , à son aise, e'est-à-dire dans ce costume léger qu'affectionnent les personnages de la fable, le roi des enfers ouvre la séance : «Y parait, Parisien, qu'on va passer la ligne ces jours ci? — Le chef de timoiinerie l'a dit ce malin , comme je l'ai répété à Hervé. »
Hervé , chef de graud'hune , déclare aussitôt qu'il n'y a pat de tempe a perdre, et qu'il faut aviser à distribuer les rôles : « Moi, dit-il , je serai le postillon , si ou veut.
— Et moi, le meunier, ajoute Fréjus , chef de la hune de misaine.
— C'est pas ça! murmure Requin , le chef du beaupré : commençons par le commencement, ou bien j'en suis plus!... Qui fait le père la Ligne?
— Toi , c'est connu !
— Et madame la Ligne?
— Faut que ça soit un mignon , répond le président, un peu retroussé , qui sache se gréer en princesse dans le distingué.
— Moi ! dit Alexis, je m'y connais ; j'ai joué le rôle de la Dame blanche au Gymnase des artistes tireurs de savate , faubourg Saint-Marceau , à Paris.
— Toi ! madame la Ligne! tu n'as pas assez bon ton ; à ta dégaine de voyou , on te prendrait pour... suffit! Cale ta gueule , et espère ton tour.
— Mauvais ton , excusez !
- Veux-tu l'être , Friséic? ça te va tout à fait.
— Tiens ! Friséic , c'est vrai ; il a la mine qu'il faut , le nez camard , la bouche bien rendue , pas un fifrelin de barbe , la coupe d'une poupée qui sortirait du couvent ; seulement, tu chiqueras pas pendant le baptême.
— Connu ! répoud le chef d'artimon , flatté du choix dont il est l'objet ; on sait ce qu'on doit avoir de genre. »
Requin continue les questions : «Qui fait le curé ?
— Flafla , pardî!qui veux-tu que ça soit?
— Bon! Et Neptune?
— Moi , si on veut , dit Concarneau, patron de la chaloupe.
— Et le barbier?
— Le Parisien ! le Parisien ! c'est son affaire.
— Moi, dit le contre-mallre décale, je suis Pluton-, je commande les diables et les gendarmes. Ceux que vous choisirez chacun pour votre morceau seront de la noce , et les autres... on les baptise, voilà ! A cette heure , Parisien , as-tu fait la lettre?
— Oui, maître Pluton, la voici.
— Lis-nous ça !
«Monsieur le commandant,
« Leurs Majestés le père et la mère la Ligne ont l'honneur de vous prévenir que de- « main, à dix heures du matin , sauf votre bon plaisir, elles descendront à votre bord «pour faire baptiser tous les individus de votre frégate qui n'ont jamais passé dans l'autre « hémisphère. »
Pluton et Requin échangent un coup d'oeil ; Alexis continue sa lecture , Flafla sourit d'un air dédaigneux, Hervé rompt le silence le premier : «C'est bêle comme tout , Parisien! tu n'y entends rien de rien !
— Oui , c'est béte! s'écrie l'assemblée d'une commune voix , c'est trop long ! Faut que ça amuse le commandant , ou bien n'en pas faire du tout. Parisien , lais-ta boque ; prends ton papier et ta plume, mets-toi contre le fanal , et écris ce qu'on va le commander. Flafla ! dis-y la chose. »
Flafla se gratte l'oreille, passe sa langue sur ses lèvres, fait la réflexion que la frégate porte soixaute bouchas s feu, et dicte :
«Lt 60 du mois des s haricots de l'année des cancre/as ; de la maison de vam- « pagne du bonhomme la Ligne, dans la grand' hune du paradis.
«Monsieur le capitaine de vaisseau commandant de l Arrèteusc ,
«Comme nous étions à nous curer les yeux , à mon épouse et à moi , avec une bouteille «de tafia , hier soir, dans notre Louvre de perles fines, à cinq cent millions de lieues «plus loin que le soleil levant , notre Satan de vigie , qui n'a pas l'œil embrumé, nous a «signalé, par le sémaphore, que vous vous disposiez à passer dans notre royaume, avec « toute une cargaison de fahis-gas qui n'ont pas reçu le baptême. En ayant eu la connais- «sanec, sur notre ordre on a gréé notre voiture et nos lunettes pour se mettre en route, «voir si vos papiers sont en règle, et votre signalement conforme; en même temps que «nous avons eu la politesse de vous faire l'honneur de vous envoyer un postillon en «avant de nous, qui vous remettra la présente, à seule fin de vous demander l'heure «qui vous plaira le mieux. C'est pourquoi nous débarquerons sur votre bord, comme de «juste et de raison , au moment qui conviendra à nos excellentes Majesté* , sauf votre «respect...
— Mets donc Majestés en grosses lettres, Bédouin!
«sauf votre respect, et avec votre permission, à 10 heures du matin, accompagnés de «toute notre société.
Sighk : le Bonhomme u Lj<;hr, roi des Trois - Piques, et madame u Lickk, avec sa famille.
« Enregistré au bureau des armements de l'enfer. Sus* :
Carottier trompe-la mort, commissaire filou qui pose zéro et retient tout. »
« C'est y ça, les anciens?
— (lui, oui , Flafla. Allons, Parisien , mets l'adresse par-dessur. Ah ça! il n'a pas l'air content ; il marronne , m'est avis ? Tu n'en seras pas , si tu Fais ta tête ; choisis, et défie-loi que je f amure.
— Attention ! La paix dans la cale ! dit Pluton, revenu à son caractère officiel de contremaître.
— C'était bien la peine de me faire recommencer, répète le Parisien; ma lettre, à moi , c'était en français , au moins!»
Requin et Concarneau lancent des regards si terribles à l'infortuné Alexis , qu'il u'ose poursuivre ses doléances, et s'estime heureux encore de conserver son emploi de perruquier.
Les rôles principaux se trouvant ainsi répartis, les notables du gaillard d'avant choisiront à leur gré , parmi le reste de l'équipage , les utilités . les figurauts et les comparses.
Dans les longues traversées , comme celles de l'Océan , la farce traditionnelle de l'équa- Icur ou du tropique produit un bon effet sur la multitude devenue maîtresse du navire pendant cinq ou six heures de beau temps: c'est une distraction dont le souvenir sera agréa blc aux matelots jusqu'à la fin de la campagne, un épisode burlesque à inscrire sur les pages sérieuses du journal de bord , un moment de plaisir pour mille de fatigues et d'ennuis. Aussi le capitaine abdique toujours ses pouvoirs eu faveur du père la Ligne cl de son étrange cortège; l'on ne tente jamais d'empêcher des jeux grossiers consacrés par un long usage, et dont le classique dénoùment est , comme on sait, quelques bouteilles de vin pour le présent, et pour l'avenir, quelques pièces de cent sous , de quoi faire un repas soigné lors de l'arrivée au mouillage. La première fête célébrée en mer est donc l'origine d'une seconde fête qui aura lieu en rade : le commandant et la cambuse du navire font les frais de l'une , ceux de l'autre sont prélevés sur les passagers, les officiers et les bourgeois du bord qui n'ont pas antérieurement pénétré daus la zone torride.
Tous les initiés aux mystères de la cale travaillent sans relâche à se procurer les costumes et les attributs nécessaires : on fait des perruques , des barbes et des appas dY- (oupe; on emprunte à la timonerie ses pavillons de signaux ; au canon nage, un affût qui sera transformé en char pour le bonhomme la Ligne et sa famille ; au maître de manœuvre, des harpons et des fouines qui deviendront les sceptres et les tridents des divinités ; aux élèves, leurs aiguillettes et leurs chapeaux montés , destinés aux gendarmes, car le gendarme occupe une place respectable dans la mythologie de ce carnaval marin.
Enfin tout est prêt : on doit couper l'équateur la nuit prochaine ; il est temps d'afficher la pièce, par permission des autorités constituées. Après le dîner de l'état-major , à l'heure où le commandant monte habituellement sur le pont, un bruit sourd se fait entendre dans la mâture , une grêle de fèves et de haricots secs tombe de la grand'hune , une voix formidable , partie d'en haut , hèle la frégate , et l'officier de service répond catégoriquement à ses nombreuses questions. Bientôt , au milieu d'éclairs et de tonnerre , de coups de pistolets et de roulements de tambour, le postillon , le meuuier, son écuyer, et leurs montures , descendent périlleuscment par les étais, poussant des cris aigus, et débitant des charges provençales ou bretonnes qui excitent l'hilarité générale. A la suite d'une parade assez longue , pour laquelle l'esprit du postillon lutte avec ses coups de fouet, et celui du meunier avec ses aspersions de farine , la lettre rédigée par F la fia est pompeusement remise au capitaine, qui fait aussitôt distribuer des rafraîchissements aux messagers du père la Ligue. Tel est le prélude obligé de la grande représentation remise au lendemain , et que l'équipage attend avec la plus vive impatience.
Les heures de veille se passent à faire des contes menaçants aux novices et aux passagers du pont; le baptême de la ligne leur est dépeint sous les plus affreuses couleurs : aussi les apprentis navigateurs frémissent d'effroi lorsque l'heure fatale tinte à la cloche du bord, et que les premières fioritures du tambour retentissent dans la hune de misaine , car c'est dans la hune de misaine que les dieux se sont réunis; ils sont cachés encore aux regards des profanes par d'épais rideaux , et vont descendre majestueusement pour se former en ordre de bataille. En bas , les attendent des hommes déguisés en ours au moyen de paillets lardés 1 , et qui sont les coursiers du bonhomme la Ligne. La troupe paraît enfin , défile dans les échelles de haubans , se laisse glisser de cordage en cordage, s'empare du gaillard d'avant; les gendarmes font faire place aux souverains des cieux , de l'Océan et des eafers , et le cortège s'ébranle. Des tambours et des Turcs , sous les ordres
' Pailtet lardé , sorte de natte roiifrclionnée avrr de* mron* de corde» irewés ensemble.
du tambour-major Neptune, ouvrent la marche ; un prêtre, l'étole au cou , des cahots de chœur, la sonnette en main , les suivent de près, puis le postillon et
Ses ours attelés, d'un pas tranquille et lent, Promènent sur le pont le monarque indolent 5
c'est-à-dire Requin , qu'on ne peut reconnaître sous son épaisse perruque et sa barbe gigantesque. A cote de lui se carre madame sou épouse, allaitant un poupon de toile à voile, et aux pieds de ce couple imposant 00 admire mademoiselle Tropique, leur fille, dont le plus jeune mousse fait le personnage. Pluton cl sa division de diables et de diablotins deminus, barbouillés de noir et de goudron , hérissés de plumes de poulets cl tralnanldes fers, feignent d'attaquer le char sacré; mais les gendarmes repoussent victorieusement les assaillants. Derrière les combattants, le meunier, semant toujours la farine à pleines mains, et le perruquier, armé d'un pinceau à savon, d'un plat à barbe, et d'un immense rasoir de bois semblable à la palette d'Arlequin , égayenl les spectateurs par un déluge de lazzis, de singeries et de poses empruntées au cancan. La procession fait plusieurs fois le tour du navire , et finit par s'arrêter dans une chapelle réservée , ou l'on a dressé un autel et des trônes pour les principales déités. La paix se conclut alors entre les démons et la maréchaussée. Neptune va demander le porte-voix à l'officier de quart , et commande des manœuvres impossibles et grotesques, au grand ébaudissement des marins. La célébration du sacrifice commence dans le temple. Flafla bénit l'assemblée ; Pluton et le père la Ligne, les Turcs et les gendarmes, assistent dévotement à ces mystères bouffons que suit immédiatement le baptême. On procède avec ordre et retenue : d'abord les passagères sont traitées galamment , on se contente de leur passer le pinceau à barbe sur le menton , et de les arroser d'eau de Cologne ; les passagers de l'arriére , les officiers et les élèves sont un peu moins ménagés, surtout si l'on a quelques griefs contre eux; mais l'appât de l'offrande et la générosité des néophytes tempèrent toujours les élans facétieux des officiants. Le grand-prêtre et ses clercs, le barbier et le meunier, n'aspergeut, ne savonnent, ne goudronnent et n'enfarinent qu'avec poids et mesures les autorites réelles du bord. Toutefois, un serment immuable est exigé de tous; il fait partie essentielle de la cérémonie : l'honneur des matelots mariés devra être respecté par tous ceux qui reçoivent le Mercinent. On pourrait déduire de graves réflexions de cette autre précaution inutile: à nos yeux, c'est le grain de sagesse toujours enfoui sous le tas des folies populaires. Au milieu d'un bizarre salmigondis du sacré et du profane , quel est l'Esope navigateur qui a imaginé de rappeler aussi tristement aux marins leurs affections délaissées au delà de l'Océan? Aux paroles mystiques de Flafla, le farouche Pluton a tressailli peut être en songeant à sa pauvre femme, qui l'attendra deux ans et plus !
Le tour du capitaine d'armes , du maître commis et des cambusiers est arrivé; voici le beau moment : la vengeance est le plaisir des dieux. Comme le rigide censeur est bafoué! on le trempe à dix reprises dans une baille pleine d'eau de mer \ on fait pleuvoir des cataractes sur sa léle; il ne sort de la sainte chapelle qu'enduit de suie , de goudron et de farine , badigeonné et galipoté comme une giliote hollandaise. Quant aux rogneurs de rations, ces traîtres, ces brigands, qui mettent le pouce dans la mesure de vin , comme on leur sert ampl: portion de rafraîchissements! quel bain on leur fait prendre pour les punir de leurs larcins quotidiens !
«Bon poids, monsieur le curé; double pesée à celui-là qui retranche si souvent les autres!» dit père la Ligne d'un ton solennel, quand arrive le distributeur.
Et l'Olympe d'éclater d'un rire homérique.
Le» infortunes des parias du bord ont attiré l'équipage entier jusqu'alors eu garde contre les ruses du cortège sacré : la foule ne peut résister au désir de voir immoler les boucs d'iniquité sur l'autel de l'équateur ; le cercle se resserre , devient compacte , est tout yeux et tout oreilles. Si quelque canibusier se fâche , on applaudit , on hue , ou crie , on est au cinquième ciel: tout à couples fonds baptismaux s'écroulent , la pompe à incendie se démasque, un déluge tombe de la hune sur les curieux, un jet continu les poursuit , et ne fait grâce à personne, aux torchons ni aux épaulettes; le commandant lui mè ne n'est pas épargné. Au même instant une cFfroyablc lutte s'engage ; les divinités et les simples mortels y prennent la même part: on s'empare de tous les seaux , de toutes les gamelles du bord , on court, on s'évite , on s'arrose , on s'inonde à l'envi. La mer fournit les armes, le combat devient terrible ; mais il n'y a ni vainqueurs ni vaincus : les deux camps sont également trempés.
Midi sonne, le bapténe général est achevé : l'équipage a double ration , cl la gaieté se prolonge jusqu'au soir. L'arrière prend alors une physionomie nouvelle. Le jour du passage de la ligne est un jour de l'âge d'or : les rangs sont nivelés, on veut du plaisir pour tous. L'n bal est décrété d'une commune voix par les dignitaires de l'avant et par les chefs du bord. Un orchestre improvisé s'installe au pied du grand mât, et les danses les plus effrénées tourbillonnent sur le pont. La variété des costumes et des nudités de toutes les couleurs eit plus grande encore que le matin: on voit des hommes verts, ocre muge , blanc de plomb ; tous les novice* , tous le* mousses , se sont fait des robes de femme ; quelques vieux de la cale , malgré leurs épais favoris , sont déguisés en danseuses ; et hourra ! la valse ! hourra ! le galop ! hourra !
Le père la Ligne , â la faveur de la nuit , se glisse dans la hune; sa terrible voix , grossie par le braillard > de combat, interrompt le ballet: oo écoute. Il ordonne une ronde colossale. La musique lassait; il fallait quelque chose de plus dévergondé , de plus bruyant : Hourra pour la ronde! hourra !
Flatta , maintenant en Vénus bottentote , se jette sur U claire-voie , et entonne d'une voix rauque la plus gaie et la plus cynique des chansons du répertoire marin. Le vin et le punch portent la frénésie à son comble: officiers, passagers, matelots, tous se prennent par la main , chacun hurle et bondit a qui mieux mieux ; l'orgie est complète , elle déborde. Si un paisible bâtiment de commerce passait le long de l'Jréthuse, il forcerait de voile, et s'éloignerait avec terreur, craignant d'avoir rencontré le pirate du Bleu k captai n ou te Voltigeur hollantais , le juif errant de la mer. Cependant la brise fraîchit, le navire s'incline et fuit rapidement , la mer frémit le long du bord..., et la ronde, la ronde mugit encore.
Au point du jour, l'officier de service était seul sur le banc de quirt: son ton de voix était rude et impérieux , la frégate fendait les flots avec la mé ne vitesse , et les matelots bâtaient sur les cordages , au son aigu du sifflet du maître.
1 Braillard , firand porte-voix
fi. Dg LA LlHblLLI.
LE PRISMK,