ACTE I, SCENE VIL
FITGAM.
Il assure lui seul le rang et le crédit.
WALFRED.
Soyez vil, mais heureux, et le monde applaudit... Toujours l'homme condamne à l'instant qu'il accuse-,
FITGAM.
Un homme condamné n'a plus rien qui l'excuse : Même absous , rarement on échappe au mépris. Vous êtes riche ? On dit : les témoins sont séduits, On a vendu l'arrêt... Aujourd'hui tout s'achette! Ce bruit envenimé s'augmente , se répète , Et le pins innocent n'est jamais assuré D'être moins avili, ni moins déshonoré : Toujours de la vertu l'opinion décide.
WALFRED.
Voilà bien le vulgaire ! Il est faible et timide*
FITGAM.
L'innocent condamné leverait-il les yeux?
WALFRED.
Le monde l'humilie , il regarde les cïeux. Là , règne la justice , et Dieu tient la balance»
FïTGAM.
Waifred , d'un orateur vous avez l'éloquence,
Je parle ; et , s'il le faut, je fais gloire d'agir.
( Paderbonn rentre et écoute* ) FITGAM.
Puissions-nous le sauver !
WALFRED.
Vous craindrez de rougir En acceptant Jenny ?
FITGAM.
Si Paderbonn succombe ,
i2 LE PRISONNIER DE NEWGATE.
La honte et le mépris , imprimés sur sa tombe, Dune tache éternelle auront souillé son nom.
WALFRED.
Quoi!
FITGAM.
"Walfred , cette crainte a troublé ma raison ; L'honneur est inflexible , il faut que tout lui cède , Et je dois...