‹ Le prix MartinChapitre 18 sur 44 · LOISA, AGÉNOR · texte numérisé non relu

LOISA, AGÉNOR

HERNANDEZ, tirant de sa poche nn bouquet complètement aplati *. Nous sommes seuls... tenez... prenez vite ! LOÏSA, as?ise près de la table.

Qu'est-ce que c'est que ça?

HERNANDEZ

Un bouquet !

LOÏSA, riant.

Il ressemble à un nid d'écureuil. (Prenant le bouquet.) Il n'est pas possible, on s'est assis dessus.

HERNANDEZ

Ce sont les fleurs que vous avez admirées hier en haut de ce rocher inaccessible.

LOÏSA

Oui, je les reconnais; mais comment vous les êtes vous procurées?

HERNANDEZ

Je suis parti cette nuit à trois heures, seul, sans guide, avec une grande échelle.

LOÏSA, posant le bouquet sur la table.

Comment 1 vous avez pu porter une échelle?

HERNANDEZ

Le muscle, c'est l'homme! Elle était trop courte... Alors j'ai grimpé; j'ai déchiré mes mains, mon pantalon, ma peau...

LOÏSA, se levant et descendant.

Oh! je suis désolée.

* Hernandez, Loïsa.

IIKRNANnF.Z.

Ne vous inquiétez pas... ça repousse... Dieu vous garde! Seulement, en dégringolant, je me suis appesanti sur le bouquet... J'aurais dû le mettre sur mon cœur... mais il serait brûlé.

Vraiment, pour un sauvage, on n'est pas plus galant !

HERNANDEZ

Il s'est opéré en moi une révolution.

LO ÏSA.

Où ça?

HERNANDEZ

A la douane... à Guloz... Jusqu'alors, je vous considérais comme une fragile enfant de l'Occident, comme une plante étiolée et maladive... mais vous êtes de-cendue de wagon... votre robe s'est accrochée au marchepied, et j'ai vu votre jambe.

LOÏSA, ramenant sa robe avec un mouvement de pudeur.

Oh ! monsieur !...

HERNANDEZ

Ne cachez pas! j'ai vu! (Se frappant le front.) C'est là, imprimé 1

LOÏSA, à part.

Il me fait peur... il jette du feu par les naseaux!

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