‹ Le Problème De La Lèpre En FranceChapitre 10 sur 18 · OR TENE · texte numérisé non relu

OR TENE

autochtone de lèpre classique et, en 4899, le Docteur Brousse, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Montpellier, en observait un autre chez un habitant des environs de la ville.

Depuis, le Professeur Védel a publié 2 cas de lèpre, l’un chez un habitant de Grau-du-Roy, l’autre à Aiïgues-Mortes (Rapport présenté à la. III° Conférence de la lèpre : La lèpre

dans le Midi de la France. In Rev. d'hyg., 1924). ©. MM. Milian et Fernet ont rapporté, dans les Bulletins de la Société médicale des hôpitaux de Paris (15 oct. 1908), l’observation d’un malade de l'Hôpital Saint-Louis, originaire du Cantal, n'ayant jamais quitté son pays et présentant des lésions caractéristiques de lèpre tuberculeuse, et, en 1909, Milian, dans la même revue, a rapporté un nouveau cas de lèpre autochtone en Auvergne.

En 1924, M. J. Mazeyrie (Thèse de doctorat, Lyon, 1924) a relevé sur le registre des entrées de l'Hôpital de Tulle (Corrèze) 4 cas de lèpre tuberculeuse ou mixte, dont 3 paraissent être d’origine autochtone.

Enfin, le Centre de Toulouse reçoit un certain nombre de lépreux, presque tous de provenance espagnole, et ils arrivent surtout, dit le Professeur Audry, d’Alicante, de Barcelone et de la vallée du Douro (Boinet, Marseille médical, 27 juin 1927). |

La lèpre à Marseille et à Bordeaux.

La lèpre existait à Marseille de temps immémorial, si l’on s’en rapporte au Docteur Valentin, qui étudia cette affection vers 1807, et Zambaco affirme, dans son ouvrage : La lèpre à travers les siècles et les contrées, « avoir rencontré dans les rues de Marseille un nombre considérable de lépreux ».

C'est qu’en effet Marseille a toujours eu le privilège de posséder en tout temps des malades atteints de lèpre : elle le doit à sa situation géographique, à son port qui s'ouvre à

__ tous les navires provenant de tous les pays du monde (lèpre

d'importation), à son voisinage avec les anciens foyers lépreux disséminés sur le littoral ligurien infesté par la lèpre depuis les temps les plus reculés (lèpre autochtone) (Léon Perrin, Marseille médical, 1919).

L. Perrin, qui a beaucoup étudié la lèpre à Marseille, relatait, dans le Marseille médical de 1898, qu'il y avait observé 11 cas de lèpre, dont 6 dans les trois derniers mois.

Dans la séance du 21 avril 1927 de la Société de médecine et d'hygiène coloniales et navales de Marseille, le professeur Boinet déclarait :

« Pendant et depuis la guerre, l’arrivée vers Marseille de . milliers de soldats de couleur et de travailleurs coloniaux a amené dans notre ville un assez grand nombre de lépreux.

» Nous en connaissons au moins 300 que nous avons pu observer, suivre et étudier; à l'Hôpital de la Conception, il est habituel de trouver toujours une quinzaine de lépreux dans le service de dermatologie. » (Marseille médical, 27 juin 1927.)

Depuis lors, à Marseille, le nombre des lépreux n’a cessé de s’accroître, au point qu’en 1929 la municipalité s’en est inquiétée et a envisagé la construction d’un hôpital spécialement destiné à ces malades.

Bordeaux, le grand port de l’Afrique Occidentale et de l'Amérique du Sud, partage avec Marseille le privilège d’avoir toujours présenté des lépreux.

Nous avons vu, en étudiant l’histoire de la lèpre en France, qu'au moyen âge, les lépreux, qui étaient très nombreux à Bordeaux, y étaient relégués dans un quartier, sorte de « ghetto » : le faubourg Saint-Nicolas.

En 1902, le Professeur Pitres déclarait, à la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux, avoir examiné plus de 30 cas de lèpre en moins de vingt ans à Bordeaux et dans

ses environs immédiats, et, ajoutait-il, « il est évident que ce chiffre ne représente pas la totalité des lépreux ayant séjourné dans notre ville depuis vingt an$ ».

BA ce

Le Professeur Sabrazès a eu l’occasion d'observer dans sa clientèle 5 cas de lèpre; le Docteur Castex, 6, depuis 1912. Il ne se passe pas d'année qu'il ne s’en présente plusieurs à la consultation dermatologique de M. le professeur Petges.

Enfin, l'Hôpital militaire de Talence a évacué sur Marseille, depuis 1924, 15 lépreux, la plupart Sénégalais, afin de les rapatrier.

Il est de toute évidence qu'à Bordeaux comme à Marseille, comme dans toute la France, le nombre des lépreux est beaucoup plus considérable que ne l’indiquent ces quelques chiffres; malheureusement, aucune statistique vraiment sérieuse ne saurait être dressée à ce sujet, étant données la discrétion du corps médical et, surtout, la crainte des malades de faire connaître leur maladie.

La lèpre dans les colonies françaîses.

Il nous a paru intéressant à plus d’un titre, avant de terminer l’étude de la lèpre en France, de jeter un coup d'œil rapide sur la lèpre dans nos colonies, celles-ci étant appelées à avoir chaque jour avec la métropole des relations plus rapides et plus nombreuses.

Or, on peut dire qu'aucune contrée de notre immense empire colonial n’est exempte de lèpre.

On la rencontre dans toute l'Afrique du Nord : En Algérie, en Tunisie, au Maroc: Gemy, d'Alger, en 1894, et le Docteur Brault, en 1908, ont attiré l'attention sur la lèpre en Kabylie, et Raynaud, dans son rapport sur la lèpre en Algérie, déclarait avoir vu 109 cas de lèpre (Lepra, Leipzig, 1910).

Le Professeur Nicolle, directeur de l’Institut Pasteur de Tunis, pense qu'il existe encore de nos jours une centaine de lépreux en Tunisie.

Au Maroc, il en est de même, bien qu'aucune statistique n'ait jamais été publiée à cet effet (Colombani, Bull. officiel intern. d'hyg., 1925):

Te

française (Grall, I° Conférence de la lèpre : La lèpre colonies françaises); on la trouve assez fréquemment e au Sénégal, au Soudan, en Guinée (D° Joyeux, Bull. Pete d? hyg. trop., Paris, 1912). Au Dahomey, Sauton ontrée dans 5 p. 100 des habitants (Dom Sauton,

ed le la III Conférence internationale de la lèpre à Stras-

par le Service de santé. des Colonies, le recensement imatif des ‘lépreux était le suivant :

Afrique occidentale’ française, 15.000; Afrique équatoriale, 2.400; Cameroun, 24007 er ;

rt, La Lèpre FE fes ia françaises, Bull. de ice internat. d'hyg. publique, 1926).

Ms dagascar, il existe 11 léproseries, qui abritent plus 00 lépreux; ce qui ne veut pas dire que ce chiffre repréla totalité des lépreux de l’île ER Académie decine, 21 janvier 1907).

effet, Sauton, qui a très bien étudié la ne dans notre e ile de l'océan Indien, évalue à 7.000 le nombre des ” x Lo Madagascar. à

‘ss nombre de 414 lépreux. > 2 uyane, la lèpre est Es Re et ANGn en que

légués ne sont pas rares et l'administration péniten- | e les isole dans l’île Saint-Louis, un des îlots des îles du ut (Léger, La lèpre dans l'élément pénal de la Guyane). Lux Antilles, la ne est presque aussi répandue qu'en

Guyane et le Gouvernement de la Guadeloupe a créé une léproserie à la Désirade, petite île située à 2 lieues de la Guadeloupe, en plein océan Atlantique.

En 1900, à la suite d’une enquête qu'il fit sur place, Jeanselme estimait à 25.000 le nombre des lépreux existant dans l’Indochine française; le recensement de 1923 a porté ce nombre à 30.000.

Enfin, toutes nos colonies du Pacifique sont atteintes par la lèpre, qui semble y faire des progrès considérables; en 1904, Jeanselme, au Congrès de Berlin, estimait’à 4.000 le nombre des lépreux en Nouvelle-Calédonie; en 1923, on n’en a trouvé que 1.200 cas. Kermorgant affirme qu’elle n’est pas moins répandue à Tahiti et dans l’archipel des Marquises.

Conclusion.

De l’examen rapide que nous venons de faire de la situation de la lèpre en France, il nous semble possible de conclure qu'il existe encore de nos jours, dans notre pays, quelques petits foyers de lèpre médiévale en Bretagne et dans les Alpes: Maritimes.

Ces foyers, vieux vestiges de la lèpre qui sévissait au moyen âge en France, sont certainement plus nombreux qu'on ne le croit communément. En elfet, la plupart du temps, une discrétion compréhensible évite d’ébruiter cette fâcheuse condition, d'où la possibilité d’erreur dans les statistiques (Léger, Marseille médical, 43 oct. 1927). |

Mais nous avons vu que les cas de lèpre importée en France sont en nombre beaucoup plus considérable et en voie d'accroissement constant : ce sont des lépreux originaires de nos colonies pour la plupart et quelques étrangers attirés par l'espoir de trouver la guérison de leur ièpre en France.

A quoi devons-nous cet afflux de lépreux sur notre sol?

À plusieurs causes : Ÿ

Tout d’abord aux communications, internationales et colo-

“ont établi entre la France et les pays où la lèpre ique des relations qui chaque jour AnEnnent à la

plus apides et plus nombreuses.

second lieu, à la grande guerre mondiale de 1914- 1918,

] r le formidable mouvement d'hommes qu'elle a occa-

a permis l'entrée en France de centaines de. lépreux

: en effet, dès 1916, Jeanselme avait été frappé de

nce de la lèpre chez les recrutés coloniaux (Bull. de

ji un figurent certainement des lépreux (Thèse 01997). Le allons maintenant nous efforcer de féaniter le

RS ER ANT HAN NU 9) a 27 à PARC f he AP LE , UA ‘

Page 1