INTRODUCTION
Parmi les dérivés du pétrole, l’essence a pris incontestablement la première place, en devenant le carburant presque exclusif des moteurs à explosion.
Il serait superflu d’insister sur l'importance acquise par les transports automobiles dans la vie et l’économie des peuples modernes. Si l’on ajoute, qu’en ces dernières années de motorisation à outrance, la puissance mécanique d’un pays était devenue l'indice de sa force, il n’est pas étonnant que les nations aient cherché par tous les moyens à se procurer des fournitures de carburants.
Sans vouloir retracer la lütte pour le pétrole, qui opposa les groupements américains, anglais et autres, ni examiner en détail le problème du pétrole, en France et à l’étranger, il nous à paru intéressant de confronter la politique des carburants suivie par les quatre grandes nations euro-
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péennes, dont la caractéristique commune était de manquer d'huiles minérales.
Avec des fortunes diverses, l'Allemagne et l'Italie ont exploité leurs ressources nationales et tenté de s’affranchir du pétrole étranger; l'Angleterre et la France, au contraire, ont demandé à l'importation de suppléer à leur pénurie de pétrole. Il nous apparaîtra que la France n'avait les moyens d’imiter ni l'Angleterre dans sa politique d'importation, ni l'Allemagne dans ses visées d’autarcie. L’Angleterre jouissait d’une grande puissance financière, contrôlait de nombreux gisements et disposait d’une flotte pétrolière considérable. L'Allemagne trouvait dans ses mines de charbon bitumeux et dans ses schistes une matière première inépuisable pour la fabrication de l’essence synthétique. Moins bien placée que l'Angleterre pour importer, et que l'Allemagne pour se suffire, la France aurait dû opter pour une solution intermédiaire. Une formule éclectique lui eût permis de faire participer, en proportions égales, les carburants de remplacement d’origine nationale et le pétrole d'importation. Elle aurait ainsi soulagé le déficit de sa balance commerciale, valorisé certains produits nationaux et assuré la sécurité de son ravitaillement.
Par suite de la guerre, nos importations d'huiles minérales sont interrompues. Cette interruption est-elle momentanée et cessera-t-elle après les hostilités ? Telle est la question que nous nous sommes posée dans cette thèse.
Nous n'avons pas eu le dessein de faire œuvre scientifique. Intentionnellement nous avons banni toute documentation qui n'entrait pas nécessairement dans le cadre de cette étude. Nos développements se sont bornés aux seuls éléments qui nous ont paru indispensables pour examiner ce problème en connaissance de cause. Le pétrole
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et les carburants de remplacement ont fait l’objet d’une littérature très compétente et suffisamment abondante pour qu'il soit opportun d'y revenir longuement. Nous prions donc le lecteur désireux de parfaire sa documentation technique de se référer aux ouvrages cités dans la Bibliographie.
S'il nous est permis d'espérer le retour prochain du pétrole, il convient de ne demander à notre production nationale que l'effort suffisant pour dépanner les véhicules utilitaires absolument indispensables.
Si, au contraire, il nous apparaît, dès maintenant, que nous sommes contraints de renoncer définitivement aux carburants étrangers, il importe d'envisager sans délai un plan de mobilisation de toutes nos forces motrices d’origine nationale pour ravitailler les 2.200.000 véhicules automobiles qui circulaient en 1939 sur notre territoire.
L'Allemagne a mis plusieurs années pour réaliser son programme d’autarcie. Nous ne parviendrons nous-même à ce résultat qu'après de longs efforts, impliquant non seulement l’exploitation sévère de nos forêts et la mise en Culture de vastes étendues de plantes alcoolifères, mais la construction d'usines d’hydrogénation, pour le traitement de nos lignites et des huiles de nos schistes.
Pour diverses raisons, nous ne pensons pas que la France revienne à son ancienne politique des carburants, et le pétrole qui pénétrera sur notre territoire ne représentera guère qu'un pourcentage très réduit par rapport aux importations que nous avons connues. Le temps n’est plus où les pays producteurs cherchaïent des débouchés. Les fournitures sont appelées à se raréfier de plus en plus et à atteindre des prix prohibitiis.
Mais nous ne pensons pas davantage que les carburants de remplacement soient une solution définitive. Le gaz des forêts, l'alcool, l’essence synthétique, le benzol, le gaz d'éclairage, etc., nous permettront, par leur emploi simul-