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CLAVELÉE

Dans la clavelée, l’évolution de la pustule est plus lente, la fonte cellulaire moins précoce ; on trouve des inclusions du même type, soit dans les cellules de l’ectoderme, soit dans les cellules endothéliales du type mésodermique et, fait remarquable, la présence du virus dans le tissu pulmonaire se manifeste par la production de véritables adénomes ; j’ai décrit ailleurs ces singulières formations. Elles ont été retrouvées par Bosc.

MOLLUSCUM CONTAGIOSUM

Dans le molluscum contagiosum , ou dans l’épi thélioma contagieux des Oiseaux, la réaction de l’organisme se traduit par une formation épithéliale pure, plus persistante, et qui peut déjà être considérée comme une tumeur véritable du type épithélial.

Chez l’homme, la tumeur se développe assez lentement, elle prend naissance dans les glandes du poil, très symétriquement disposée (en forme de gousse d’ail). Au centre de la tumeur complètement développée, existe une sorte d'ombilic central par où la pression fait sortir un bourbillon blanchâtre formé de cellules épithéliales dégénérées et comme kératinisées. La tumeur fait saillie à la surface de la peau recouverte par la couche malpighienne très distendue. Les coupes montrent qu’elle est entièrement constituée de tissu épithélial et entourée d’une sorte de capsule : elle s’énuclée facilement (fig. IX).

A la périphérie de la tumeur, les cellules de la couche basale paraissent normales, mais, en se développant vers le centre, les cellul es deviennent hydropiques, vésiculeuses ; le noyau est refoulé à la périphérie et les loges du protoplasma paraissent

bourrées d’amas granuleux confluents qui donnent à la cellule

Fig. IX. - — Tumeur du molluscum contagiosum. Coupe totale.

un aspect tout à fait caractéristique (fig. X).

Les frottis de la tumeur colorés par la méthode de Lœffler

Fig. x. — Une partie de la coupe précédente à un fort grossissement. Hypertrophie des cellules de la tumeur et formation de blocs kératinisés.

montrent que ces cellules sont remplies d’un nombre inr

mensede granulations très fines, invisibles par les procédés ordinaires de coloration. Ces granulations, une fois colorées par la fuchsine de Ziehl, après mordançage par le lannate de fer, ressemblent à s’y méprendre à des éléments microbiens (du type de la péripneumonie) ; ce sont des microcoques réguliers, isolés ou en diplocoques ou en chaînettes, entourés d’une sorte de capsule muqueuse (fig. XI). J’avais décrit ces corpuscules (en décembre rqo4, Soc. de Biologie ) ; Lipscluïtz vient de les signaler dans le molluscam contagiosum ( Wiener klin. Wochenschrift, mars 1907).

Burnet ( Annales Instit. Pasteur , sept. 1906) les avait étudiés

en détail et avait donné une photographie provenant d’une tumeur humaine.

Dans l’épi thélioma contagieux des Oiseaux, on retrouve les mêmes granulations sur les frottis Sur les coupes, on voit qu elles se présentent dans les cellules, à côté du noyau, comme des formations granuleuses individualisées, souvent colorées en brun par l'acide osmique ; elles donnent l'impression de colonies microbiennes : cette inclusion tout entière avait jadis été décrite comme coccidie.

Par analogie, on doit se demander si les corps de Negri dans la rage ne seraient pas aussi constitués par l'agglomération d’éléments granuleux de même ordre.

En dehors de 1 hypothèse microbienne, les corpuscules en question ne pourraient être que des granulations cellulaires non encore décrites de prééléidine ou de kératohyaline ; les réactions colorantes ne sont pas en faveur de cette interprétation.

Dans la vaccine ou la variole, sur les coupes fixées et colorées par Magen ta-picro-indigo-carmin , il est possible de voir, dans la vacuole péi inucléaire qui contient la cliromidie (corpuscule de

Hg\ XI. — Frottis de la tumeur coloré par la méthode de coloration des cils de Lôffler. Granulations de type microbien.

Fig. XII. — Coupe de la peau du pigeon avec tumeur caractéristique.

Fig. XIII. — Portion de la coupe précédente à un fort grossissement. Cellules hydropiques avec amas de granulations sous forme de colonies intra-cellulaires. - — Par la méthode de Lœffler, ces amasse résolvent en une infinité de granulations de type microbien.

Guarnieri), des amas granuleux qui correspondent probablement aux formations granuleuses du molluscum (voir ci-dessus, figure V) ; sur les frottis colorés par le Lœffler, il a été jusqu’ici impossible de les mieux caractériser.

Tout récemment, Halberstædter et Prowazek ont décrit dans les cellules épithéliales de la conjonctive, chez des orangsoutangs inoculés avec le trachome, des éléments granuleux de i/4 de g de dimension, colorés par le procédé de Giemsa, et logés dans l’inclusion elle-même, sous forme de grains très petits, distincts, colorés en rouge, qui se multiplient rapidement. Ces grains de i/4p représentent, selon les auteurs, un microbe intra-cellulaire qui se multiplie par division et à la présence duquel la cellule réagit par une hyperplasie de la plastine et des substances nucléolaires (ces dernières se colorant en bleu dans l'inclusion).

Dans la vaccine, les auteurs comparent aux petits grains du trachome les « corps initiaux » décrits par Prowazek (corps vus sur coupes, colorés par l’hématoxyline).

Il est possible que les « chlamydozoaires » du trachome représentent, dans cette affection, les grains d’apparence microbienne signalés dans le molluscum ou les amas granuleux, dans les cellules de la pustule vaccinale.

Si l’hypothèse d’un agent virulent, d’un microcoque entouré d’une gaine muqueuse était plus tard confirmée par la culture, les lésions épithéliales de nos épithélioses se trouveraient expliquées par la présence dans la cellule spécifique d’éléments microbiens, capables de provoquer les proliférations cellulaires qui caractérisent ces affections ; et même au point de vue du cancer, il nous a paru intéressant de signaler les faits ci- dessus comme orientation de recherches.

Les expériences de filtration démontrent qu'il s’agit de microbes « petits », mais bien que la vaccine, la variole, la clavelée soient parmi les maladies virulentes les plus sûrement et les plus anciennement connues, bien que les expériences de dilution permettent d’affirmer que les éléments virulents sont en grand nombre dans les lésions spécifiques, la démonstration définitive reste encore à faire.

EPITHELIOSES ET CELLULES RECEPTRICES

Un autre point est à signaler au sujet des Epithélioses. Ces affections sont caractérisées par des spécificités cellulaires strictes comme les maladies cancéreuses. Le virus vaccinal ou variolique ne se développe qu’au contact des cellules ectodermiques ; inoculé sous la peau ou dans le péritoine, il passerait inaperçu, tandis qu’il donne les lésions caractéristiques lorsqu’on le porte au contact des cellules réceptrices. Pour le molluscum contagiosum, les cellules réceptrices sont les ce 1 1 u 1 es épithéliales des glandes pilaires. La clavelée est une exception intéressante : de même qu’il y a des tumeurs cancéreuses mixtes, la clavelée peut être considérée comme une épithéliose mixte, puisque les cellules réceptrices peuvent être ou des cellules du type ectodermique ou des cellules endothéliales du type mésodermique : les grandes cellules claveleuses, à novau vacuolisé.

Cette notion de cellules réceptrices peut être d’une certaine importance dans l’étude du cancer, nous y reviendrons.

Lésions édificatives, inclusions spéciales, spécificités cellulaires,, sont des particularités qui caractérisent les réactions épithéliosiques et les distinguent des réactions développées au cours des infections ordinaires (processus phagocytaires ou granuleux) ; elles les rapprochent déjà des réactions cancéreuses proprement dites, mais elles ne suffisent certainement pas pour qu’il puisse être question de réunir dans un même groupe nosologique Epithélioses et Cancers. S’il y a entre les deux des analogies certaines, il existe aussi des différences profondes.

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