‹ Le Problème du Logement Ouvrier en FranceChapitre 38 sur 38 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La rénovation si nécessaire de l’habitat ouvrier français ne peut résulter que d’une série de mesures agissant sur les causes profondes de sa situation défavorable.

: Si lon écarte la solution étatiste, dont les inconvénients sont grands et l'efficacité douteuse, on constate cependant, qu'il est impossible de laisser à la seule initiative privée le soin de remédier à une situation qui est grave. Dès lors, apparaît la nécessité d’une coopération étroite des pouvoirs publics et des particuliers ou organismes professionnels intéressés, existant ou à créer. De cette coopération doit résulter une véritable politique du logement ouvrier, dont il est nécessaire qu’un service d'Etat, actuellement en voie d’organisation à l'Equipement national, assure la direction. L’expérience passée et les circonstances présentes prouvent en effet que l'existence de ce service est indispensable au succès de la politique considérée, qui doit d'ailleurs s’intégrer dans une politique générale du logement. :

La rénovation du logement ouvrier, doit comprendre le développement de l'accession à la propriété qui, bien réalisée, non seulement résoud dans de bonnes conditions le problème du logement, mais encore présente pour la famille, et la. vie du pays; des avantages dont le prix ne saurait échapper actuellement.

Les moyens de réalisation de la politique du logement ouvrier touchent à des domaines variés ; tous doivent être

mis en œuvre. À quoi servirait, en effet, de poser le principe de bon sens du paiement du logement à son prix si les intéressés n’ont pas les ressources exigées par son application. Si anormale que soit cette insuffisance, il faut en tenir compte, et y remédier pour le temps qu’elle peut durer, par une aide financière que l’on peut appeler « allocations logements », étant entendu que la vraie solution est la création de

ressources permettant à leurs bénéficiaires de payer à son

prix un-logement convenable. Mais on rend plus rapide le

retour à l'équilibre, par une diminution du prix du logement .

lui-même, en s'attaquant directement au coût de la construction, tel qu’il résulte en particulier, de la technique architecturale et des conditions de l'opération. £

Il faut éviter encore que la fiscalité soit un obstacle au succès de la politique entreprise, en songeant qu’un sacrifice au départ peut n’être pas inutile, même au point de vue des ressources publiques.

Le financement doit être organisé compte tenu des nécessités propres au logement ouvrier, des avantages de l'accession à la propriété, et de l'obligation d’un recours maximum aux capitaux de caractère privé. Il lui faut utiliser au mieux le système de crédit coopératif à terme différé, qui est parti-

. culièrement bien adapté aux conditions de financement de

l'habitat ouvrier. Enfin toutes ces mesures doivent s’accompagner, au point de vue moral, d’une action d'éducation et de propagande, dont le succès conditionne en partie la pe site du mouvement de rénovation entrepris.

Mais il est certain que cette rénovation dépend pour beaucoup des solutions qui seront apportées aux problèmes plus vastes encore que la France aura à résoudre dans tous les domaines de son activité après guerre. La suffisance des ressources ouvrières, la diminution sensible du coût de la

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