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II. — Vol plané et vol à voile

Différence entre le vol plané et le vol a voile.

Le vol plané, ai-je dit, est celui dans lequel l'oiseau rameur, après avoir éteint ses battements d'une façon progressive et complète, se laisse glisser sur Tair, les ailes immobiles et largement étendues. Si la trajectoire est descendante, cette glissade peut être très longue, puisqu'il suffit à Toiseau de tomber sous un angle de 9^ environ pour entretenir sa vitesse. Mais le plus souvent Toiseau cherche à se maintenir à la même altitude, ou même à s'élever en orientant convenablement sa voilure : il en résulte une diminution assez rapide de la vitesse, de sorte que le planeur se trouve bientôt dans la nécessité de reprendre ses battements. G*est ainsi qu'on voit généralement les glissades et les coups d'aile alterner, parfois même d'une façon régulière.

Le vol plané a doue un caractère essentiellement momentané. Le vol à voile, au contraire, est un planement continu que certains oiseaux j Taigle, le gyps fui vus, le busard, etc, soutiennent pendant des heures, donnant le spectacle d'un corps inerte qui se soutient dans Fair en dépit de son poids, et qui s'y propulse,., sans propulseur.

Théories diverses du vol a voile.

Un phénomène aussi singulier a beaucoup passiouné les chercheurs de machines volantes par la double raison qu'il s'observe principalement sur les grandes espèces et qu'il parait, plus que le vol ramé, susceptible d'être copié mécaniquement. Il n'a pas manqué aussi d'attirer la curiosité des savants, en raison du paradoxe mécanique qu'il semble présenter,

Les théories qu'on a données du vol à voile peuvent se rattacher à trois ordres d'idées bien différents ;

1^ Les extrémités des ailes et de la queue seraient animées de vibrations rapides de faible amplitude qui auraient échappé aux observateurs. Cette hypothèse est en contradiction formelle avec les récits d'hommes d'une indiscutable bonne foi, comme DarwiUj Mouillard, Langley, qui ont eu roccasiou de voir manœuvrer des voiliers à très faible distance. D'ailleurs, ces vibrations pourraient-elles entretenir la vitesse de Toiseau?

2" Le voilier utiliserait les mouvements de Tatmosphère : courants ascendants j rafales énergiques et violentes comme celles que nous ressentons à terre; variations incessantes et très rapides qui se produisent à raison de plusieurs par minute, comme celles que Langley a récemment découvertes à l'état permanent. Aiosi l'oiseau, en l'absence de tout travail propre, emprunterait le travail interne du vent;

3° Le voilier aurait la faculté de créer, par certaines manœuvres, des sortes de rafales, que j'ai appelées rafales artificielles ; cette hypothèse est un non sens mécanique.

J'ai discuté ces diverses théories dans mes articles de la Remte scientifique sur « le Vol à voile et l'Aviation ï) , Je ne puis charger le BuUdin de cette discussion un peu longue, et je dois prier ceux de nos Collègues que la question intéresse de vouloir bien s'y reporter : au reste, l'exemple du vol à voile n'a pas pour le navire aérien Timportance qu*on s*était plu à lui attribuer, et il nous suffit dans cette étude de constater que le voilier est un aéroplane animé, d'oii que vienne l'énergie qui lui permet d'entretenir sa vitesse.

Je me contenterai d'ajouter que la théorie de Langley, basée sur ses observations an émomé triques près du sol, semble infirmée par des expériences toutes récentes de M. Angot efi"ectuées au sommet de la Tour Eiffel avec des appareils très précis. Le désaccord entre les observations des deux savants m'a conduit à une théorie nouvelle qui montre que ces observations ne sbnlpa^^ contradictoires, et qui rend bien compte des diverses circonstances dans lesquelles se produit le vol à voile- J'ai rintentioD de faire bientôt quelques expériences pour vérifier, si possible, l'exactitude de mes vues.

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