Jeanne, dame de Romilly
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DEUXIÈME SÉRIE .* ARTICLE XVI 145
l'évêque qu'ils lui devaient certaines sommes et qu'ils voulaient faire de nouvelles lettres à ce sujet 1 . Pierre de Saint- Nizier avait vu Bonifacio de Laudo, changeur aux foires, et plusieurs autres Lombards de sa société, venir chez l'évêque sur la fin des foires et rester longtemps seuls avec lui : on disait dans l'hôtel qu'ils comptaient les gains qu'ils avaient faits avec l'argent de l'évêque 2 . Quand ils étaient au service de Guichard, Perrot de la Chambre et Guillaume Pastourel avaient vu également plusieurs clercs des changeurs, aussi bien de la société des Cavassolle que de celle de « l'Épine » 3 , entrer dans la chambre de l'évêque et demeurer avec lui le temps de compter de grandes sommes 4 ; une fois en passant, Guillaume entendit Guichard qui disait aux clercs : — « Combien ont valu les deniers ces foires-ci? « Ont-ils été plus chers qu'aux autres ? », et d'autres fois : — « Puisque les deniers ont été plus chers ces foires-ci qu'aux « autres, ils devraient m'avoir rapporté plus », ce qui faisait soupçonner que l'évêque avait de l'argent courant engagé dans l'usure 5 . D'ailleurs Guichard avait envoyé plusieurs fois Jean de Trainel et Pierre de Saint-Nizier chez les Lombards pour y toucher des sommes d'argent qui étaient le produit des usures 6 ; et, un jour que l'évêque faisait donner par son chambellan plusieurs sacs d'argent à deux Lombards de la société Ranieri Regnaudi, de Sienne, Jean de Hancy , qui se trouvait là, s'adressa, sans le savoir, à quelqu'un de cette société, demandant si Guichard leur devait cet argent ; on lui répondit que non, bien au