‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 15 sur 208 · GUICHARD, ABBÉ DE MONTIER-LA-CKLLE · texte numérisé non relu

GUICHARD, ABBÉ DE MONTIER-LA-CKLLE

était une des plus importantes abbayes champenoises; et, — comme le prieuré de Saint-Ayoul de Provins, — à cause de sa situation aux portes mêmes de Troyes *, l'autre capitale de la Champagne, elle avait joui de la protection spéciale des comtes 2 . Mais, en retour de cette protection, des donations, privilèges et exemptions concédés aux religieux pendant la seconde moitié du xn e siècle 3 , les comtes de Champagne avaient certains droits qui mettaient l'abbaye sous leur influence et dans leur main. Sans parler du droit de garde 4 , le comte avait l'administration des biens conventuels pendant la vacance du siège abbatial jusqu'à ce qu'il en eût fait la remise à l'élu 5 , et les religieux ne pouvaient élire l'abbé sans l'autorisation préalable du comte 6 . On peut donc croire que l'élection de Guichard, faite dans ces conditions, fut l'œuvre de la reine Blanche dont l'abbé apparaît comme le favori : il l'avait d'ailleurs secondée par les « courtoisies » qu'il avait faites aux principaux de l'abbaye quand il était prieur de Saint-Ayoul, et qui faisaient l'étonnement des moines, tant le prieur paraissait riche 7 .

La date exacte de l'élection est incertaine 8 : mais dès 1284, Guichard agit comme abbé de Montier-la-Celle 9 .

vins (D'Arbois, ouv. cit., IV, 440). — La châtellenie de Provins était d'ailleurs à ce moment dans la jouissance directe du roi de France pour l'indemniser de ses frais pour l'administration et la défense de la Navarre.

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