‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 166 sur 208 · Denis de Chamguyon · texte numérisé non relu

Denis de Chamguyon

232 LE PROCÈS DE GUICHARD ET l/OPIMON

Pour ce qu'il est ses congnoissans

Et qu'en Champaigne fu naissans.

Certes moult grant honneur lui vint

Quant [de] moisne evesque devint.

Tousjôurs bonheur y lui courut *

Jusques la royne morul,

J henné de France couronnée

Et qui fu de Champaigne née,

Femme du roy Philipe le Bel.

De sa mort ne fu pas revel

Quant honneur deust Champaigne avoir

Quant elle perdi ung tel hoir.

Champegnoise et Champaigne ama.

Maie semence cil sema

Qui celle dame a la mort mist,

Car pour vray, se elle vesquist,

Bourguignons pour riens ne fesissent.

En Champaigne riens ne tenissent,

Ne point n'y oseroient acquerre

Château, seignourie ne terre 2

Jusqu'à ce jour qu'elle morut Bonheur sur cellui 3 courut :

* Lui morte, ceulx qui le hairent

De lui grande malichon dirent, Sur lui mirent moult d'acoisons, Murdres, bougueries, poisons,

Qu'il n'avoit point esté filz d'home, f° 60

Pluseurs dolleurs que je ne nomme.

Qui plus controuver en pooit Cil plus volentiers en ooit 4 .

i. Tout ce passage est encore supprimé dans Tarbé, jusqu'à :

Sur lui mirent moult (Tacoisons.

2. Ceci montre assez combien l'influence de la reine était restée grande on Champagne même après la réunion à la couronne.

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