‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 168 sur 208 · Tarbé ne publie pas cette conclusion · texte numérisé non relu

Tarbé ne publie pas cette conclusion

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236 LE PROCÈS DE GUICHARD ET i/OPINION

« face ni l'effet de ses prétentions, put renoncer à faire pro- « noncer une condamnation politique qui avait cessé de lui « paraître utile. »

Boutiot, après Boissy d'Anglas, a affirmé que le procès de Guichard avait été le contre-coup de sa conduite dans la querelle de Philippe le Bel et de Boniface VIII, que « le roi n'avait pas « pardonné à l'évêque son ultramontanisme déclaré 1 . »

Mais si Guichard fut au nombre des prélats qui se rendirent à Rome sur la convocation de Boniface VIII, si des agents du pape furent arrêtés à Troyes au moment le plus critique du différend, on n'en peut conclure que l'évêque fut « un adversaire avoué de la politique du roi » : on n'en a pas en tout cas de preuve directe, et d'ailleurs rien ne laisse soupçonner qu'il ait été poursuivi de ce chef.

Le véritable et premier motif de son procès est plus intime. Avant l'arrestation des agents du pape à Troyes, avant que l'évêque même n'allât à Rome, — s'il y alla jamais, — contre lui déjà des haines étaient amassées, un procès accablant se trouvait entamé, qui dura quatre ans et fut mal étouffé. Le grand procès de 1308 ne fut qu'une reprise, sur fond nouveau, des premières accusations, et ceux qui soutinrent cette deuxième action avaient été, dans la première, les adversaires les plus acharnés de Guichard. Ce procès n'était que la suite, la complication de l'affaire, d'abord toute personnelle, de Jean de Calais ; les haines n'en devaient être que plus vives, et l'on ne peut s'étonner qu'elles se soient transmises de la mère à la fille et au petit-fils.

Que des griefs politiques se soient greffés sur cette intrigue de cour et soient venus, sourdement, aggraver l'accusation, rien de plus vraisemblable : l'évêque, persécuté par la cour, put être soupçonné d'incliner naturellement du coté adverse. Mais la chose n'est rien moins que certaine. On supposerait plus aisément que Guichard eut contre lui, pour achever sa disgrâce, les rancunes et les jalousies de la cour, tous ceux, clercs ou seigneurs, qu'il

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