LE PROCÈS DE GU ET LES GRANDS PROCÈS DU
L'intervention de Nogaret et mime, simultanée dans ces trot Templiers, de Boniface et de Gi la coïncidence des poursuites n qu'à la faveur de l'affaire du T complaisante du pape, on ava assoupis de Boniface et de Guit ensemble de front et d'un mêmi
On ne peut s'étonner qu'ils ] comme la marque d'un même dans les détails et les péripéi l'intérêt de ces grands drames Certes elle est assez eu ri eu si l'histoire de ce petit moine than
tire de son cloître pour l'élever à une haute prélature et le pousser jusqu'au Conseil du Roi; évêque aux allures laïques, aux mœurs relâchées et violentes, que sa cupidité perd en un jour, et qui, par un retour inattendu des choses, quand il a vainement cherché, par la souplesse de l'intrigue, par les maléfices haineux de la magie, à ramener à lui la fortune, se voit après cinq ans d'une dure prison, condamné, pour finir sa vie, à s'exiler à l'autre bout du monde chrétien, dans une pauvre église de Bosnie. Mais l'intérêt n'est pas seulement dans le roman de cette histoire. Aussi bien le procès de Guichard n'est qu'un épisode de cette longue tragédie du commencement du xiv e siècle, et Tévêque de Troyes n'en fut ni la première ni la plus innocente victime. Où va l'esprit curieux de ces causes extraordinaires, ce qu'il cherche, l'histoire achevée, c'est à percer le mystère de toutes ces accusations, à saisir l'inspiration qui anime les poursuites, à voir par quels procédés on les conduit. A ce titre encore, le procès de Guichard de Troyes méritait d'être mis au jour : il offre, pour une telle étude, un nouveau terme de comparaison.
Les accusations.
Les accusations contre Guichard se rapprochent surtout de celles qui furent, au même moment, élevées contre Boniface VIII et contre les Templiers. On peut dire qu'à cette heure, l'esprit de Nogaret, excité et aiguisé par la besogne et par le péril, arrivait à la pleine maturité de ses moyens, à toute sa profondeur astucieuse, en même temps qu'à toute la délicatesse de son raffinement. Par l'habitude de l'action, il s'était composé, dans son génie pervers, des procédés violents et souples, qu'il maniait et variait avec aisance et selon les cas. Mais, toujours et partout, ayant à combattre l'Eglise, avec une ironique habileté il avait préparé, pour l'avoir tout prêt et l'avancer chaque fois, un grief, comme le coin avec lequel il ébranlait l'adversaire : l'hérésie. « Il eut l'idée audacieuse de retourner contre l'Eglise ses propres