‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 172 sur 208 · Ibid., p. 333 (art. X). Cf. pp. 331-332 (art. IX · texte numérisé non relu

Ibid., p. 333 (art. X). Cf. pp. 331-332 (art. IX

Ainsi, la négation du Christ et de la vie éternelle, le culte et l'invocation du diable et des idoles, telles étaient les hérésies que Nogaret avait relevées contre le pape et Tordre du Temple, mélange un peu confus d'erreurs dogmatiques et de diabolisme.

Contre Guichard, il ne semblait pas si aisé de dresser de pareils griefs. Si profanes, si violents d'allures, si débauchés même que fussent ces prélats mondains, de là à l'hérésie, il y avait loin, et, pour porter et soutenir pareille accusation, l'opinion n'était ni assez émue ni assez travaillée.

Nogaret la reprit pourtant, du moins sous une de ses faces, et en la transformant presque complètement pour lui donner nouvelle prise. Guichard fut un démoniaque : c'est la formule propre de son hérésie. Il Tétait, et par sa naissance, et par la nature même de son crime. « Fils de neton », d'un incube, il avait toute sa vie invoqué le démon ; il s'était fait par contrat (( Thomme du diable » ; il avait commis enfin le plus diabolique des crimes, celui qui supposait les accointances les plus directes, qui impliquait le commerce le plus étroit et comme une foi mutuelle et mystérieuse entre Thomme et le diable : Tenvoûtement.

C'est Tidée maîtresse de l'accusation. Toutefois il ne semble pas que Nogaret Tait conçue d'abord d'une façon aussi précise et aussi complète : le processus même de l'accusation montre que la conception ne se forma que peu à peu dans son esprit. D'abord simple, le grief se compliqua dans l'imagination retorse du légiste, il prit une forme nouvelle, insidieuse, il se fit plus acéré et plus pénétrant.

L'envoûtement fut le point de départ. Que l'accusateur eût inventé le crime de toutes pièces, ou, ce qui est plus probable,

« un esprit et démon familier que lui avait donné une femme ; un autre, « plus puissant, qu'il tenait de M c Georges de Simbilico ; et M Boniface le « Lombard lui en avait donné un encore, des plus puissants, enfermé dans « un anneau, et qu'il appelait Boniface. 11 se servait du conseil de ce « démon en tout et partout. On l'entendait très souvent parler avec lui ; « et toujours, quand il l'invoquait pour en avoir un réponse, il faisait une « subfumigation. »

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