Dupuy, Hist. du différend..., p
4. Dupuy, ibid., p. 627 : « proditiones, conspirationes ac factioncs faci- « norosas contra dominum regcm. »
5. Ibid., p. 628 i « multa alia erronea dictus episcopus seminavit contra <( fidem in blasphemiam Dei et surami Pontiûcis et totius ecclesise »,
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ET LES GRANDS PROCÈS DU RÈGNE DE PHILIPPE LE BEL 2i7
« server l'honneur de l'Eglise, pour éviter pareil péril et pareil « scandale.... * »
Ainsi, le roi prend la défense de l'Église, au besoin contre elle-même ; il est dans son rôle : quand un danger est à craindre pour l'Eglise, c'est aux séculiers d'y pourvoir si l'Église fait défaut 2 . C'est en vertu de cet axiome que Philippe a commencé, sans attendre l'assentiment du pape, l'enquête contre les Templiers, et que Pierre Flotte requérait l'archevêque de Narbonne d'emprisonner Saisset, prétextant « le péril en la demeure » et lui signifiant que s'il n'agissait pas, le roi, à son défaut, se pourvoirait en cette affaire de remède opportun 3 . Qu'avait donc à craindre l'Église? il s'agissait de sauver son honneur; « il n'y a point « confusion pour elle à punir de tels prêtres : ce qui serait sa « confusion, ce qui serait son extermination et sa ruine, ce serait « de laisser de pareils crimes impunis et sans amendement 4 ! »
Voilà la théorie, telle qu'on la retrouve dans les procès de l'époque contre les membres deTÉglise. Dans la pratique, il s'agit d'accaparer le procès, d'assurer la condamnation malgré et contre l'Église, qui est véritablement visée. La chose est plus délicate, car ici, la théorie radicale et brute, dans sa logique irréelle, se heurte au droit existant, à la procédure régulière, à des formes toutes faites, suivies dès longtemps, et que le roi lui-même ne saurait outrepasser sans scandale, sans mettre en péril ces droits invétérés de l'Église qu'il prétend défendre. A vrai dire, c'est là, dans la marche insidieuse de l'intervention, qu'est la difficulté pour les gens du roi plus encore que dans l'invention et la composition des griefs : on voit ces légistes qui cherchent à tourner la loi, mêlant la force à leurs movens retors, se conformant à l'ordre judiciaire, mais pour le briser quand il gêne leur action.