Ibid
3. La table de YInventaire de Montier-la-Celle, aux archives de l'Aube, permet de retrouver facilement tous ces actes. Signalons des accords avec Clairvaux (1297, fol. 201 v°), — Notre-Dame-en-1'lle (1291, fol. 388) au sujet de biens, — un échange avec S. Etienne à Ruvigny (1289, fol. 394), — un don de Guillaume de Join ville, seigneur de Juilly, d'un droit d'usage dans ses bois au fi nage de Villemoyenne, « considérées et regardées les grâces, « services et bienfaiz les quelz religieuses gens li abbes et li convens de « Monstier la Celle deTroves de l'eudrez de Saint Benoist m'ont fait et font
Kl
« ancores chacun jour », 1291, (Arch. dép. Aube, 7 II. 34, Villemoyenne, n° 5; — Inventaire, fol. 608). Nous signalons ailleurs les autres actes concernant plus directement Guichard.
4. Hist. manuscrite de Montier-la-Celle (Arch. de l'Aube), fol. 25 v°.
5. Arch. dép. Aube, 7 II. 33, Verdey, n° 1, copies; — Inv. de Montier-la- Celle , fol. 41 v°. — Verdey, Marne, arr. Épernay, c on Sézanne.
Le domaine de Verdey comprenait : 140 arpents de terre labourable; 8 de bois; 3 de vigne; 25 de prés; 2 moulins; 1 étang de 8 arpents, et l'usage dans les bois « dou Bout. »
6. Ibid.,, 7 H. 33, Verdey, n° 2, copie; — Inv. de Montier-la-Celle, fol. 42. Le consentement des comtes suivait en général l'acquisition de biens par les abbayes. (D'Arbois, ouv. cit., IV, 628). — Le G allia christiana (XII, 546) rapporte par erreur l'acquisition de Verdey à l'année 1290.
10 AVANT l'ÉPISCOPAT
sessions de Montier-la-Celle ; Vautre, du 14 mars 1289, renouvelant les privilèges et indulgences accordés au couvent par les autres papes *. Pour lui-même, Guichard se fit donner à ce moment un privilège d'immunité contre toute excommunication venant d'un autre que du pontife lui-même 2 . Il entretenait vers le même temps avec les .évêques de Meaux les relations les plus courtoises, en particulier avec Adam de Vaudoi 3 : c'était déjà un personnage considérable.
Quel fut au juste son rôle en Champagne pendant la période de son abbatiat? Il semble que l'abbé ait eu un titre officiel et qu'il ait été comme délégué par le roi pour le représenter dans le comté de Champagne, alors dans une situation indécise et transitoire, et, bien qu'en droit rattaché à la couronne, encore à demi indépendant. Guichard est en effet qualifié de « mestres de Champagne 4 » et de « sire en Champagne pour le roi 5 ». En choisissant ainsi pour agir en son nom leur familier, le roi ménageait les deux reines : l'abbé Guichard conciliait les droits nouveaux du roi sur le comté et les vieux titres qui attachaient si étroitement les deux femmes à la Champagne.
Au fond, plus encore que le pouvoir royal, Guichard représentait dans le pays l'autorité de la comtesse douairière et de sa fille : on le considérait comme le conseiller et le premier entre tous ceux du comte 6 : et à ce titre, il était si puissant qu' « il fai-
1. Invent, de Montier-la-Celle, I, n 08 37 et 38. — Lalore, Cartulaire de Montier-la-Celle, XXI, signale ces deux actes.
2. Registre de Nicolas IV, n° 302 (27 août 1288) : « Dilecto filio Guichardo « abbati monasterii S. Pétri de Gella Trecensis... ad instantiam P., S. « Eustacii diaconi cardinalis, indulget ut illi nullus judex sedis apostolicc « delegatus aut subdelegatus ejusdem vel conservator seu etiam executor a « sede deputatus eadem possit in personam ejus excommunicationis, sus- « pensionis aut interdicti senlentias promulgare sine speciali mandato sedis « apostolice. »
3. Arch. départ. Aube, 7 H. 2. (voy. p. justif. n°* I-IV|. — Adam de Vaudoi, évoque de Meaux, 12897-4297, v. st. (Gall. christ., VIII, 1631-32).